LA PAGE ORATOIRE ET LA PAGE DIDACTIQUE
(LE THÈME: UNE IDÉE GÉNÉRALE À EXPOSER.) Troisième formule de la belle page.
101 N. B. — Ja page oratoire et la didactique sont identiques pour le fond. C’est par la forme qu'elles se différencient ; celle-là abonde en éclats d'imagination et celle-ci ne parle qu’à l'esprit.
102.—Une observation sur la page oratoire qu'on nommerait également bien la page idéale.
Pourquoi appelons-nous pages oratoires les pages dont le sujet à exposer est une idée générale? Elle est la vraie page de l'orateur.
Les idées générales, (ce que la rhétorique appelle les lieux communs) constituent essentiellement la matière de l'éloquence. Certes on goûte ce parleur charmant, qui raconte où décrit avec un art fin ces actuelles réalités, — faits où paysages, dont se compose pour lui l'occasion de parler. Toutefois la postérité prendra rarement garde de s'en souvenir. C'est l'idée générale qui assureru aux discours l'élévation et l'intérêt éternel. “Je veux dans une seule mort, (celle de la duchesse d'Orléans), faire voir le néant de toutes les grandeurs humaines”. Cr soin de Bossuet de dégager l'idée générale, le lier commun qui enfermait dans son extension le sujet particulier de l'oraison funèbre à faire, c’est le souc de tout grand orateur. Cicéron, qui s’entendait en pages oratoires, à soutenu que l’éloquence ro maine n'aveit pris d'ampleur qu'au jour où l'écoi de la Rhétorique y avait fait pénétrer les idées ge nérales de la philosophie.
Un exemple. — Dans sa préface, écrite pour le