‹ La normalienne en belles-lettres [microforme]Chapitre 26 sur 78 · LE · texte numérisé non relu

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lienne posera à maintes reprises la question : Quelles sont les idées, particulières ou de nature, ou de cause, ou d'effet, ou d’analogie, ou de citation, qui expliquent l'idée générale, qui la font mieux comprendre? (pour ces questions, la normalienne se guide sur le procédé d'invention). Quand i’analyse des idées est finie, la normalienne sollicite le jugement des élèves par des questions sur le bon sens de l'idée générale et des idées particulières : Telle ou telle idée a-t-elle du bon sens ? puis, la normalienne fait avec les élèves, au tableau noir, un sommaire des pensées. — Ensuite, la normalienne interrogera les élèves sur la valeur morale de la page oratoire. Elle posera des questions comme celles-ci. Est-ce que les pensées de l’auteur sont de bonnes pensées ? Est-ce que votre conscience approuve ce qu'il approuve, condamne ce qu'il condamne ? — puis : quelles bonnes résolutions devons-nous prendre selon l'enseignement contenu dans cette page ? etc.

122.—N. B. — Ces causeries de li normalienne sur les pages à lire sont bien éducatives. Par cet exercice si vivant, les élèves contractent l'habitude de pénétrer dans leurs lectures personnelles et d'en butiner la richesse d'esprit et de cœur qu'elles contiennent. Ja normalienne va admirablement at delà du conseil de bonne pédagogie, donné par Schiller. “Dès son enfance, entourez l'homme des plus belles formes intellectuelles ; enfermez-le dans Île< images de beauté parfaite”.

123.— Troisième utilité de cet art. Les comptes rendus des discours, et des conférences que la normualienne entend, lui deviendront un ouvrage facile. La normalienne, familière avec le procédé d’inven: tion que l’on observe dans la création de la past oratoire où didactique, possédera une remarquable facilité pour analyser le discours ou la conférence: c'est dire pour en dégager l'idée maîtresse et pou!

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124.-——N. B. — Les adjectifs qualificatifs. Les écrivains d'idées pour marquer aux lecteurs les parties de la page oratoire, les aspects variés que présentera l'idée générale dans la suite du discours, usent de qualificatifs, par exemple: juste, noble, utile, nécessaire, etc. Bossuet dira : La vie de feu l1 reine de France, Marie-Thérèse, n'offre rien que de pur et rien que d’auguste.

De Salaberry haranguant ses soldats de Châteauguay aurait pu dire: Voltigeur, le combat que vous aurez à livrer est nécessaire, et il est glorieux, et «ainsi de suite. Ces qualificatifs’ aideront la normalienne à analyser la page oratoire d'après les cinq questions du procédé d'invention, car ces qualificatifs ne sont pas des idées secondaires, mais constifuent un tour élégant d'énoncer les deux ou trois ilées secondaires qui exposent ou expliquent l’idée senérale. Par exemple, l'adjectif ‘‘noble’”” peut écnoncer l'idée des éléments essentiels de l’idée générale ; l'adjectif ‘‘utile’” marque peut-être les effets de l'idée générale: l'adjectif ‘nécessaire’ marque peut-être l'idée de cause. Ainsi la normalienne doit se demander diligemment lesquelles des cinq idées secondaires, suggérées dans le procédé d'invention, se trouvent énoncées par ces deux ou trois adjectifs, qui marquent les parties du discours.

125.— Quatrième utilité de cet art. Cet art servira à la normalienne, dans les plus diverses occasions, à composer l'adresse qu'on lui demande.

Une adresse parfaitement troussée contient deux éléments: Un fait et une idée générale. En effet, l'adresse n'est qu'une flagornerie, si elle ne marque pas pour quel fait on complimente le personnage de la fète : — et cette harangue académique n’est qu’un bavardage pour les auditeurs moins intimes avec le personnage, si elle ne leur marque pas l’idée générale, c'est-à-dire la raison supérieure qui met en relief l'importance du fait; ce qui est la leçon, l’instruction à dégager du fait. La normalienne, priée de composer l'adresse, doit ètre soucieuse d’y marquer avec mérite littéraire, et ce fait, et cette idée générale.

126.— Procédé à suivre pour composer une adresse parfaitement belle. La normalienne se pose deux questions: — 1. Pour quel fait va-t-on complimenter le personnage de la fête ?

2. Quelle est l'idée générale à laquelle ce fait nous conduit à penser. Expliquons.

Comment trouvera-t-elle le fait de l'adresse? Si l'occision marque le fait avec précision, exemple. Adresse à Montcalm revenant de Carillon, par les citoyens de Villemarie:; le fait de l'adresse est tout indiqué: C'est la bataille de Carillon, Si l’occasion he marque pus nettement le fait de l'adresse. Exemple. Acresse à M. l'Inspecteur, à l'occasion de sa visite, exemple. Adresse à Sa Grandeur Mur X°*%, que nous avons le bonheur de recevoir. Alors que fera là normalienne pour trouver le fait ou les faits de l'adresse? Elle évoquera les souvenirs de ia vis du personnage. Quels souvenirs ? Ceux de sa naissance, de sa famil':, de son pays? ceux de son éducation, de sa vocaticr de sa carrière ? ceux

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Et quand cette évocation sera épuisée, la normalienne choisira un fait ou quelques faits à raison de leur intérêt présent et pour composer la page de l'adresse où ce fait est narré, en se guidant sur la l'° formule du beau, elle fera une splendeur de Va.

127.—Comment la normalienne trouvera-t-elle l’idée générale, ce second élément de l'adresse ?

À propos du fait de l’adresse, elle se posera quatre questions.

(a) Quelle vertu ou quel talent possédait le personnage pour pouvoir accomplir ce fait dont l’adresse nous entretient? Par exemple, pour pouvoir gagner la bataille de Carillon, il fallait à Montcalm lt vertu de patriotisme, le talent de stratégiste : Le patriotisme, c'est donc ici l’idée générale de l’adresse.

(b) A quelle vérité d'art ou de philosophie ou de religion ce fait de l'adresse amène-t-il à penser ? Exemple. La bataille de Carillon fait penser à la Providence qui veille sur les peuples et leur existence et leur prospère avenir. La Providence, gardienne des peuples, serait donc iei l'idée générale de l'adresse.

(te) Quel a été l'effet, le bon résultat, la suite leurcuse du fait de l'adresse ? Exemple. L'effet de Et victoire de Carillon fut une allégresse grande,

- un éclat de pieux Te Deum sur les bords du Saintliturent.

td) Quel est Le milieu géographique où historique, le cadre enfin où parut le personnage et où il tccomplit le fait de l'adresse? Exemple, Tableau de li Nouvelle-France: un peuple en détresse sur ls rives d'un grand fleuve, attendant le Sauveur de lt patrie. C’est dans ce cadre que parut Montcalm.

Et quand là normalienne aura fait le tour de ces questions, quand, pour parler avec de Maistre, elle y aura versé toute sa tète, elle choisira l’idée générale qui la touche davantage et pour composer cette partie de l'adresse, elle se guidera sur la 8° formule du beau : elle fera une page oratoire.

128.—N. B. — Ainsi l'adresse de parfaite beauté comprend deux amplifications: une splendeur de vrai: c’est le fait, et une page oratoire, c'est l'idée générale de l'adresse.

Te CHAPITRE I.

ee ; LA LETTRE cette

rmule 2 N° 129.—La lettre, la correspondance, ce que c'est. N° 130.—La littérature épistolaire est une des formes esthétiques des Belles-Lettres. Et la eauté normalienne y peut prétendre dans sa corresur de pondance. — La matière de la littérature épisl'idé tolaire: les couplets et les billets ; —- les qua- 1aee lités de la littérature épistolaire: une natu-

relle élégance et l'urbanité.

$ I—Couplets et billets.

N° 151.—Les couplets et les billets, ce que c’est. N° 132.—Les couplets: trois sortes, le littéraire, le badin, le lyrique.

153.—Le couplet littéraire : (a) le narratif (b) le descriptif, (c) l’oratoire, didactique. 134.—Le couplet badin, le caquet.

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