Les trois sortes de couplets
quel qu'en soit le thème, fait, Paysage, ou idée générale, est, écrit dans le ton rigoureusement littéraire, dans le ton badin, ou sur le ton lyrique.
Le couplet
133.—Le couplet est rigoure l'écrivain entend parler, sér du fait, du paysage, il SON avis,
usement littéraire où ieusement et avec art, ou de l'idée générale, lesquels, Sont Vraiment intéressants. Ces amplilications écourtées sont toutefois suffisam ment étendues pour réaliser les lois du beau Contenues dans les formules. Exemples.
GO Couplet narratif, (un fait).
Luxembourg à Ja Bastille.
réchal de France qui fut surnommé le tapissier de Notre-Dame de Paris, tant il y fit porter de drapeaux enlevés aux ennemis. Mme de Sévigné, à Mme de Grignan, en janvier 1680.
— Le duc de Il s’agit du célèbre ma-
"M. de Luxembourg était mercredi à S que le roi lui fît
taire, il lui avait Qu'il Jui avait Pris. On l’avertit qu’il un décret de prise de corps.
Sa Majesté lui dit que
Saller mettre en pri
aint-Germain sans ordinaire ; au conée pour un cheval Y avait contre Jui
‘il leur en laissait toute la conduite, M. de Luxembourg Pria qu’on ne l'y Menât point et, en effet, sse et s’en vint -. Après avoir été une heure aux
il entra dans une
assez belle chambre, c'est celle où était Tallard. Mme de Meckelbourg (sa sœur) vint, qui pensa fondre en larmes ; elle s’en alla et, une heure après qu’elle fût sortie, il arriva un ordre de le mettre dans une des horribles chambres grillées qui sont dans les tours, où l'on voit à peine le ciel, et défense de voir qui que ce fût. Voilà, ma fille, un grand sujet de réflexion. Songez à la fortune brillante d'un tel homme où il ne manquait plus rien, à l'honneur qu'il avait eu de commander les armées du roi et voilà! Songez ce que fut pour lui d'entendre fermer ces gros verroux ; et s’il a
dormi par excès d'abattement, songez au réveil.’
(b) Couplet descriptif, — (un paysage) — Mme de Sévigné en promenade, à Grignan, en Provence, chez sa fille, écrit en février 1695, à M. de Coulanges :
‘“\f[me de Chaulnes me mande que je suis trop heureuse d'être ici avec un beau soleil. Elle croit que tous no8 jours sont filés d'or et de soie. Hélas! mon cousin, nous avons cent fois plus de froid, ici, qu’à Paris: nous sommes €xposés à tous les vents, c'est le vent du midi, c’est la bise, c’est ce diable de mistral ; c'est à qui nous insultera : ils se battent entre eux pour avoir l'honneur de nous renfermer dans nos chambres. Toutes les rivières sont prises; le Rhône, ce Rhône si furieux n’y résiste pas! Nos écritoires sont gelées, nos plumes ne sont pas conduites par nos doigts qui sont transis; nous ne respirons que de la neige. Nos montignes sont charmantes dans leur excès d'horreur. — Contez un peu cela à notre duchesse de Chaulnes, qui nous croit dans les prairies avec des parosols, nous promenant à l'ombre des orangers. — J'arrèête là: le froid me glace et me fuit
tomber la plume des mains.”
çe) Couplet oratoire où didactique, (une idée générale), — Mme de La Fayette avait écrit à Mme de Sévigné: Il ne faut pas que VOUS passiez l'hiver en Bretagne; car aux Rochers, humides à cause de l'abondance des bois, vous souffrirez de catarrhes et de fluxions à votre grand préjudice, vu que vous étes vieille. — Ce motif des alarmes de la grande amie inspire à la marquise d'écrire à sa fille ce qui suit, sur la vieillesse.