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Autre exemple, Lire la scène I de l'acte V de l'Andromaque de Racine : Hermione est perplexe,
Autre exemple: Scène I de l'acte III, Sabine, lemme d'Horace et sœur de Curiace, dit ses irréso- Jutions.
N. B. — Ju présence d'un confident qui coupe ici et là, par de brèves observations, la parole du personnage, ne détruit nas le caractère du passage, qui est d'être un monologue psychologique.
Exemple: dans le drame de Schiller, à la scène I de l’acte III, Marie Stuart, enfin hors du noir cachot et conduite dans le parc de Fotheringay, contemple et répand son âme :
Marie, marche d’un pas rapide à travers les arbres. Kennedy la suit plus lentement.
Kennedy. — On dirait que vous avez des ailes ; vous marchez d'un pas si rapide que je ne puis vous suivre. Attendez-moi.
Marie. — Ah! laisse-moi goûter le plaisir nouveau d'être libre! Laisse-m’en jouir comme un enfant, imite-moi ; laisse-moi, sur le vert gazon de la prairie, courir, voler d’un pas précipité. Suis-je en effet sortie de ma sombre prison? Ce triste tombeau ne me tient-il plus captive? Laisse. moi m'abreuver à longs traits de la libre atmosphère des cieux.
Kennedy. — O ma chère maîtresse! votre prison est seulement un peu moins étroits. — Vous ne voyez pas les murs qui nous entourent Parce que l'épais feuillage des arbres les cache à vos regards.
Maria, — Eh bien! grâces soient rendues à Ja verdure de ces arbres bienfaisants qui cachent les murs de ma prison! je veux rêver que je suis libre et heureuse. Pourquoi me tirer de ma douce illusion ? Ne suis-je pas sous la vaste voûte des cieux? Les regards libres s'étendent sans obstàtle sur un espace immense. Là, où s'élèvent ces antiques montagnes nuageuses, commence la frontière de mon royaume: et ces nuées qui fuient vers le midi, elles vont chercher l'Océan et la France.
Nuages rapides dont je vent semble gonfler les voiles. ah! qui pourrait voyager, voguer avec vous! Saluez pour moi la terre de ma jeunesse, Je suis prisonnière, je suis
dans les fers, hélas! je n'ai point d’autres ambassadeurs : ous traversez librement le ciel; vous n'ètes point soumis à Ja tyrannie de cette reine !....
Kennedy. — Hélas! ma chère maitresse, vous êtes hors de vous; ca retour apparent à là liberté, qui vous fut si longtemps ravie, vous égare.
Marie. — Là un pécheur mène sa barque. Ce misérable +squif pourrait servir à ma délivrance et me porter rapidement dans quelque viils amie. Il sert à procurer une maire nourriture à ce malheureux. Ah! s'il me prenait dans son canot, je le chargerais de trésors! Jamais il n'aura fait une aussi bonne journée ; il devrait à ses filets le bon- Leur de sa vie tout entière !
Kennedy. — Vœux inntiles! Et ne voyez-vous pas que des espions surveillent de loin tous nos pas? De sinistres
ordres écartent de nous toute créature capable de compassion,
Marie. — Non. chère Anna, crois-moi, ce n’est pis en vain que la porte de ma prison s'est ouverte, Cette faveur legere présige un bonheur plus grand. Je ne me trompe mas. Je reconnais ici la puissante protection de lord Leicestiri ma captivité deviendra de moins en moins rigoureuse.
Par un peu de liberté, on m'accoutumera à une liberté plus srande, jusqu'à ce qu'enfin je puisse rompre mes fers à Jamais.
Kennedy. — Hélas! je ne puis comprendre cette contradiction. Hier encore on vous annonça la mort, et aujourd'hui, tout à coup, une telle liberté! J'ai entendu dire qu'on Otait les fers à ceux qui attendent la délivrance éternelle.
Marie. — Entends-tu les sons du cor? Entends-tu retentr ces cris à travers les forèts et les campagnes? Que ne puis-je m'élancer sur un cheval rapide parmi cette bande joyeuse! Ah! ces sons me rappellent des souvenirs à la foi cruels et doux; souvent ils frappèrent mon oreille, quand la chasse tumultueuse retentissiit sur les bruyères des hautes montagnes !
230.—Les couplets pittoresques. C: sont des passiges dont le thème est un paysage. La description en est poétique ; quelquefois, deux personnages concourent à composer ce tableau d’un vif relief; c’est
«lors un duo qui enchante autant que le duo lyrique :
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Exemples: La description du matin dans “Roméo et Jutiette””, de Shakespeare.
Juliette.
Juliette. — ‘“Veux-tu déjà partir. Le jour ne paraît pas encore. C'était le rossignol et non l’alouette dont la voix a frappé ton oreille alarmée. Il chante toute la nuit sur cet oranger lointain. Crois-moi, mon jeune époux, ‘était le rossignol.
Ioméo. — C'était l'alouette qui annonce l'aurore ce n’était À ET pas le rossignol. Regarde, ma jeune épouse, regarde les FE traits de la lumière qui pénètrent les nuages dans l'Orient. Les flambeaux de la nuit s’éteignent et le jour se lève sur le sommet vaporeux des moutagnes. Il me faut ou partir et vivre ou rester et mourir.
Julette. — La lumière que tu vois là-bas n’est pas celie HN: du jour. C’est quelque météore qui te servira de flam- * beau, qui l’éclairera sur la route de Mantoue. Reste encore. Non il n’est pas encore nécessaire que tu me quittes.
Roméo. — Hé bien! Quoique la mort me menace je demeure et je dirai, puisque tu le veux ainsi: ‘Cette blancheur lointaine n'est pas celle du matin; ce n’est que le pâle reflet de la lune; non ce n’est pas l’alouette dont les chants retentissaient si haut au-dessus de nos têtes dans la : voûte du ciel.” Ah! je crains moins de rester que de partir: ES j'ai peur de l’adieu éternel; Ce jour, cette heure viendra assez vite — mais que regardestu, ma jeune épouse, pâlisa: sante, — parlons, parlons encore — non il n’est pas encore
ER jour.
Juliette. — Il est jour! Il est déjà jour — Roméo fuis, pars, éloigne-toi en toute hâte. C'est l’alouette qui chante: + j'ai reconnu sa voix. Oh! dérobe-toi à la mort qui est sur dei tes pas; la lumière! c’est la lumière du jour qui luit sur le sommet vaporeux des montagnes !....
La description d'un coin rural familier par les personnages, la Marquise et Humbert, dans ‘Le Lion amoureux’, de Ponsard.