REFLEXIONS PRELIMINAIRES O
à l'école normale, a-t-on le loisir d'initier les élèvesmaîtresses aux manifestations du beau, du beau éclatant dans tous les arts? Cependant, la culture de son âme par l'étude des classiques ès-lettres ouvrira amplement son esprit à l'intelligence des choses artistiques et rendra son cœur facilement sensible aux émotions du beau. Ainsi, l'institutrice zélée possédera une suffisante initiation esthétique pour accomplir sa tâche auprès des enfants. Féneîon rendait ce témoignage à son royal élève le duc de Bourgogne : "Il est plein de goût pour les belles choses." On parlera à peu près de même de la normalienne littérairement cultivée et de ses élèves à qui, comme naaîtresse d'école, elle communiquera son excellence d'âme.
3. — La nature de l'esthétique à l'école. L'csthéiiqiie c'est la conn'ussance et le goût pur du beau, qui échitc dans les arts et notanimcnt, pour la normalienne, dans les Belles-Lettres françaises ; car cette langue de France, qui est celle de nos foyers et de nos petites écoles, est la langue de notre race.
"La langue française fut ici apportée par des pionniers et des colons qui professaient d'un cœur généreux la foi romaine ; et leurs lèvres s'ouvrirent ici pour annoncer tout ensemble le règne de la France et le règne du Christ. C'est au berceau même de notre vie historique que la langue française et la foi chrétienne ont contracté, à Québec, une indissoluble alliance et toutes deux se sont ici prêté, au CDurs des trois derniers siècles, un mutuel et nécessaire secours : en effet, c'est par le ministère de la langue franc lise que la foi a partout rayonné sur les âmes ; et, d'autre part, c'est par toutes les générosités de cette foi que notre langue lui doit de chanter encore et de se perpétuer aux pays d'Amérique." (Paroles de ^Tgr Bégin.)
Et, pour cette langue, nous avons un culte et des hommages solennels :
"Les descendants des vigoureux paysans français, perdus pendant cent cinquante ans dans un pays grand comme un monde parlent encore cette langue,.... qui tient à l'âme
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a-un i)eur>le fier (,ui a eu ces gloires; d'un peuple riui a pu vor^^s' faiblesses, mais dont l'h.st^n. d.ra : ^l^ :;^;^^^\ souffert pour la cause des idées Cette ^-"f \^VI ; ^ine lan-nie de pitié et langue de colère ! ouverte a la du ne ndresse e à la véhémence ardente, miroir ou se reflètent dans leur diversité plaintive, 1- 1>';— '^^^^^ ,"^ j sères de tous les pauvres hommes nos ^^«^^« V ri;he nu el le limpide qu'elle est un filtre pour la pensée ; »^/'c/^^' i""^;^ \Jt tout dire; si souple, qu'elle sait faire ^^^d- tou ce m'elle ne dit pas ; si ferme et en même temps si douce nue e est une caresse pour l'oreille autant qu'une joie pour ?"sprit Saluons-la: elle est reine parmi ses sœurs, les autre langues reines, Sa Majesté la langue française. (Par.Ls de Sir Lomer Gouin. )
Donc, dans cette langue du canadien français ou vibre avec une vertu magique toute l'âme nationale, il faut que la normalienne sache créer et goûter .avec ses élèves les " belles piges" de littérature ou de poésie.
4 —Les pages de littérature ou de poésie. A 1 ecole* primaire, la composition française, la rédaction française avec laquelle il faut familiariser les élevés ne peut avoir d'autres thèmes que 1 un des trois suivants- — nn fait à narrer, — un paysage a décrire, — une idée générale à exposer. Il y a donc trois sortes de piges poétiques ou simplement litterûrrs que l'institutrice doit savoir créer et apprécier Si la normalienne acquiert ce savoir, elle est habile à guider dans son travail de rédaction, de composition, l'élève de l'école primaire. Sous sa direction, les élèves ne produiront pas des bavardages qui manquent d'ordre et d'originalité; ils arriveront à créer la "belle page".
5— La nature de ces belles pages. 1° La belle vaqe c'est une splendeur de vrai, si le thème de la page est un fait à narrer. - 2« La belle page est ' une copie expressive et idéalisée de la nature si le thème de la page est un passage à décrire. — 3° La belle page est une page oratoire, si le thème de la page est une idée générale à exposer.
REFLEXIONS P-KELIMINAIRES /
D'autres offriront d'autres formules et personne n'en contestera la valeur: il y a chez les écrivains (le génie tant de manières ! ^Nlais les définitions que l'on propose ici sont bonnes puisqu'elles marquent des nidnicres que (riUiistrcs auteurs ont pratiquées dans le développement de leurs inatières; puis ces formules, après expérience, se trouvent être les excellentes pour les normaliennes et les institutrices : la normalienne (pii les a connues, est facilement arrivée à créer les belles pages selon le sujet à traiter et à en causer pertinemment. Cette compétence littéraire, ce nous semble, lui sera suffisante pour l'avantage des élèves de la petite école.
Il y a donc une étude littéraire et une connaissance de beau avec lesquelles la maîtresse des petites écoles doit être familière. C'est pour s'assurer cet avantage, cette compétence, que la normalienne étudiera ce Manuel.
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