PREMIERE DIFFERENCE
La tranche de vie, la crise d'âme.
217. — La tranche de vie. La tJiéorie du drame romantique est celle de la tranche de vie à découper de la vie des héros. C'est pourquoi le dramaturge romantique retracera le milieu même, l'ensemble des circonstances historiipies oii le héros rencon-
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tiM la lutte, tlièirie du ])CH*ine. l)aiis ce, milieu dont les décors et les fi^njrations encombrent la scène, l'action diamaticiue ([\ù inspira le poème, n'appal'aît que comme un é):)isode princi[)al et le liéros n'est plus qu'un personnage, mis en plus vif relief; et facilement l'intérêt du spectateur glisse vers d'autres épisodes et d'autres personnages. Le critique anglais, W. Archer, écrivait de ce drame: "C'était une tragédie sans logique". Pour exemple, lisons le ''Guillaume TelV de Schiller et le "Ce-s-tr" de Shakespeare; et dans le poème allemand, c'est la Suisse entière, son peuple et ses grandioses panol'amas, c'est, dis-je, la Suisse entière plutôt que Tell (jui crée l'essentiel intérêt du chef-d'œuvre; et de même, dans le poème anglais, plus que César, c'est Rome pittoresque et psychologique, qui retient l'attention passionnée des spectateurs. Lisez dans Guillaume Tell: Scène I et scène III, du premier acte, scène II du deuxième acte; scène I du quatrième acte; scène III du troisième acte.
Lisez dans César: scènes I et II et III et VI du premier acte ; scène I et II et III du deuxième acte ; scène I du troisième acte.
218. — La crise d'âme. La théorie de la tragédie classique est celle de la crise d'âme. C'est pourquoi grâce à une abstraction vraiment esthétique, cette âme que le conflit intérieur tiraille pathétiquement, apparaît isolée de toute circonstance incohérente, disparate, étrangère à la crise. Le vrai théâtre de cette action dramatique, on le sent, c'est le cœur; et l'objet de l'attention émue des spectateurs, c'est l'âme même : Pour jouer cette action, on n'a que faire du milieu dont le romantique fait si grand cas ; un salon qu'un lustre éclaire, suffit. — Pour exemples, lire les chefs-d'œuvres de Corneille et de Racine.
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N. B. — De cette première difféi-enee entre la tragédie et le drame, il suit qu'il faut })Jus de sens historique à Vautciir ronuintique , et à Vduteiir cJas- ,si(]uf, plus (le sois psiicJiologique .