I.A NOllM AMKNM
(Chapman.)
T.Ks i>RiN( nv\r\ mots machqt'ks.
56.— (a) LcH bcUr^ mrinphorci^. — Excni])lc : sur des enfants morts au berceau :
Boutons à peine éclos à l'arbre de la vie,
Ils s'en allaient fleurir, Quand les anges de Dieu, pour orner la Patrie, Sont venus les cueillir.
(Sir A.-B. RouTHTEB.;
(b) Les belles mctonymies. Exemples :— la partie pour le tout. En parlant de son foyer A Désdets écrit :
Nous en ferons le joyeux nid
Où chantera l'essaim béni
Des yeux bleus autour de ma table.
Le contenant pour le contenu :
Mais la ferme est dans la détresse Si l'érable ne pleure pas.
L'abstrait pour le concret :
Et le feu des vrais héroïsmes
Pâlit devant les égoïsmes ^ rr„^,,„T av \
D'un peuple au courage émousse. (Jules Ibemblai.)
(c) Des comparaisons fraîches. Chapman écrit de Crémazie, notre poète national:
Comme en jets débordants, la sève dans l'érable, L'amour de ton pays coulait dans tes chansons. 57.(d) De belles ('i)ithèfes. Il n'avait pas tort celui* qui donnait ce conseil aux écrivains : Aimez la phrase qui se tient debout par la seule force du subs-
tantif. . T xx 4- lû
En vérité, l'épithète qui n'accroît pas 1 ettet de la pensée, du sentiment ou de l'image, est encombrante. Evitons cette verbosité msipide.
Mais Vépiihcte est belle et magique quand elle ynasque un substantif ou moins noble, ou mal sonore, ou bien encore quand elle allume sur le nom quelle accompagne un éclat pittoresque ou psijclio-
logique, qui clniruic justement. Exemple: de ncirbreuses épithètes ont assurément mis un surcroît (le beauté clans ce moi'ceau de l'abbé L. Groulx, sur les. Déracinés, ces nialbeui'eux cbez qui l'âme (lu noble ancêtre ne vit plus :
"Les Déracinés seront toujours, quoi qu'on fasse, d'une espèce inférieure. Et quoi donc me ramène en ce moment le souvenir attendri de deux érables exilés, érables de chez nous dont, là-bas, en Bretagne, au manoir du Comte de Cuverville, j'ai retrouvé un jour, l'ombre fraternelle et nostalgique. Ils ont crû, les plants déracinés de la Nouvelle- France à côté du chêne celtique. Ils ont peut-être gardé du pays d'origine l'élancement fier et le panache hautain: mais (juand, un jour, dans la fermentation printanière, on s'avisa de les entailler, les vaisseaux appauvris des éribles déracinés furent trouvés vides de la sève du pays natal".
58. — (e) De H fi'ditfi pittorenquen (on ])eut leur donner l'appellation tecbni(jue générale d'bypotypose ou plus particulière de prosopograpbie, de topographie ou de cbronograpbie) . Ces traits pittores- (|ues sont comme une vision intense chiiis Véchit brusque de Véeliir. Exemples:
Debout et tout chargé de fleurs les plus divines, Debout et sous le sol plongeant loin ses racines, L'arbre national fleurit près de l'autel !
.(Ap. GiNCJRAs, Ptre.)
"Soudain, (il s'agit, ici, da l'élan de nos soldats contre l'ennemi aux Plaines d'Abraham), soudain, écrit M. T. Chapais, des acclamations éclatèrent sur le front de nos ti'oupes. Montcalm le parcourait sur son cheval noir, tenant son épée haute dans un geste entraînant, exhortant ses soldats à faire leur devoir. Toute l'armée s'ébranla, les bataillons au centre, les canadiens et les sauvages sur 1rs ailes ; elle s'élança vers l'ennemi avec une grande impétuosité."
(f) Des traits psijcJioJogiques. Ils sont comme (tes trouées lu)}ii)ieuses soud lifienient ouvertes sur les replis de l'unie (pii parle, de l'âme dont on parle. Exemple :
"Dites à votre maître (]ue je vais lui i-é])ondre ])ar la bouche de mes canons," répliqua l>rusque-
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mont Frontenac au pailenrientaire dv l*liippH, en MWÀ). Autre exemple : l'âme invincible de nos Pères est peinte dans ces beaux vers de J. Tremblay:
Ils défrichaient, ces vaillants du terroir! Bravant le vol des flèches homicides Qui dans leurs rangs multipliaient les vides, Ils avançaient droit au but, au devoir.
L'ironie; quelle qu'elle soit, fine raillerie, amère moquerie, ou sarcasme acerbe, est une des formes fréquemment rencontrées du trait psychologique : Exemple : — C'est le cœur ému d'une vision où l'homme humilie sa grandeur de chrétien, qui fait jaillir de la plume du Père Louis Lalande cette ironie vengeresse contre l'apostasie maçonnique.
"^lon ami, ne soumets jamais ta dignité de baptisé et de confirmé au cérémonial d'une réception dans quelque loge que ce soit. Laisse passer docilement par ces momeries grotesques la fierté des incrédules. Quand on est trop grand pour adorer Dieu et trop intelligent pour admirer les cérémonies du culte catholique, on peut se permettre de mont-er jusqu'à la hauteur des postures requises pour être sacré franc-maçon."
(g) Des traits antithétiques, j^hrases oii Von oppose entre elles des situations, oii se produit un choc de mots, un choc de pensées. L'antithèse met en relief plus vif, rend avec une vivacité plus intense, la pensée, le sentiment de l'écrivain. Exemple : le Père L. Lalande, s. j., corrige l'opinion de son ami trop favorable au journalisme anglais par la définition du journalisme et par l'antithèse suivantes :
"Le journal sert d'habitude à un double rôle: il est l'organe de l'opinion, ou l'instrument de la publicité ; il apporte des idées, ou il fournit des informations : il fait de la pro- ]>agande, ou bien de la réclame. — Comme réckme et comme publicité, tu as raison le journal anglais l'emporta sur l'autre. Cette supériorité n'est pas pour nous faire sécher d'envie. — Le journal français est plus doctrinaire.... Le Français, vois-tu, pense, l'anglais s'informe ; celui-là veut
des idées, celui-ci des faits ; l'un a besoin du calme de son bureau de travail, l'autre cherche le bruit du grand public. Le premier aboutit souvent à l'utopie, le second à la marchandise. ..."
59. — (b) Ors mots fins, mots naïfs, mots ingémis. Ce mot est l'expression vive d'un détail subtil et juste que, toutefois, les esprits communs n'apereoivent pas, — ou encore une manière ingénieuse et inattendue de présenter une idée.
(i) Des mots délicats, ou ces bonheurs de dire des sentiments fort convenables que, toutefois, trop généralement, les cœurs ne trouvent pas; ou encore ces façons l'oilées mais suffisamment transparentes d'exprimer Jin sentiment qu'il serait impertinent de dire crûment. Exemple : Quelques dix ans après la chute du drapeau français, en Canada, ]\I. de Léry, admis à la Cour d'Angleterre, présentait sa femme, Madeleine Hertel de Brouage, au roi George III; ce prince lui dit tout galamment: "Si les dames de votre pays vous ressemblent, j'ai fait, en vérité, ^Madame, une bien belle conquête."
(j) Des mots énergiques. C'est le bonheur de l'écrivain qui renferme beaucoup de sens en de brèves paroles. Exemple : l'abbé L. Groulx, affirmant que le progrès de la race doit se faire par l'assimilation intelligente du vieux fonds canadien, par l'épanouissement en perfection de la vie du vieil ancêtre dans son descendant, écrit ces vers vigoureux :
Ils gardent l'avenir ceu.x qui gardent l'histoire ; Ceux dont la souvemnce est sans mauvais remords ; Et qui, près des tombeaux où sommeille la gloire, A l'âme des vivants mêlent l'âme des morts.
Autre exemple :
Le génie français ' Dieu, il semble, en a voulu faire, dans l'ordre intellectuel, la continuation du génie grec, et dans l'ordre moral le foyer principal de la pensée chrétienne et de tous les apostolats religieux. (H. Bourass.\. )
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60. — (k) Des HcntcnccH. F^a sentence est une vrritr (jviu'rdlc, une belle et .solide réflexion, raman- Hce dann une plirune d'éehit druniutique ou d'éclat pittorenque. Avec un éclat dramatique, Zidler écrit :
"Qui renonce à sa langue, agonise en trcinsfuge ; Qui la défend, ne peut périr."
Avec un éclat pittoresque, Vauvenargues écrit :
"Les feux de l'aurore ne sont pas si doux que les premiers regards de la gloire."
61. — (1) Des personnifications. Ces naissantes prosopopées sont des façons de dire où Vimagination attribue le sentiynent et le geste d'une personne réelle à des êtres abstraits ou inanimés Exemple:
, notre vieux drapeau, trempé de pleurs amers,
Ferma son aile blanche et repassa les mers.
62. — (m) Des cris lyriques. Ce sont de fortes et brèves vibrations de Vâme qui parle, ou qui écrit. En terminant le récit de notre ruine militaire en 1760, l'historien français, H. Martin, écrivait cette réflexion émue :
"Ainsi tomba cette race d'hommes que l'habitude de vivre iui sein de la nature sévère du Nord avait rendue forte et simple comme les Anciens. Dans l'Inde on avait pu admirer quelques grands hommes ; ici, ce fût tout un peuple qui fut grand."
A^ B. — Le pléonasme et la répétition, l'exclamation et l'apostrophe, sont les formes fréquentes du cri lyrique.
63. — Le nombre, l'harmonie. L'harmonie est une qualité de la phrase d'art que la sensibilité de l'âme et de l'oreille requiert. En effet, sensible à la beauté harmonique des mots, le lecteur cherche et goûte l'enchantement des phrases nombreuses. Boileau écrivait :
"Il est un heureux choix de mots harmonieux;
P'uyez des mauvais sons le concours odieux ;
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée
Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée.
Le nombre, l'iiarmonie est ht qualité du style qui, dans le développement d'une période, ou dans la suite de plusieurs pJi rases brèves, ménage, pour le plaisir de V oreille et la facilité de la diction, une exquise variété de formes nithmiques et de formes sonores.
64. — Les formes rythmiques ? Dans la suite des ])Jirases découpées en membres par des pauses que le bon sens, ou lu passion requiert, le rythme est une succession agréable de 7nembres d'inégale mesure.
N-. h. — T Tour constater la variété des mesures, on pourrait chiffrer les syllables, puis en faire le relevé.
JjCS formes sonores? Dans la suite des phrases découpées en membres par des pauses grammaticales ou oratoires, la forme sonore est cet élément mélodique que co}istituc li variété des sonorités finales, — finales? celles (jui résonnent à la fin des membres.
N.B. — Pour constater la variété des sonorités finales, on pourrait souligner le dernier mot des membres, puis en faire le relevé. Exemple.
"Puissent l'Eglise et l'Etat — vivre toujours, chez, nous, — dans l'harmonie la plus parfaite — et dans le respect sympathique de l'un de l'autre. — Puisse l'Eglise — illuminer sans relâche — la route — des destinées de notre chère patrie, — et les fils du Saint-Laurent, — incessamment fidèles — aux traditions ancestrales — maintenir toujours — au sommet — de leurs croyances, — de leurs affections — et de leurs espérances — la Croix de Celui qui est — la vie du monde — et la source de tous les biens."
(Sir Lomer Gouin au C. Euch. de Montréal.)
1.11 ciPvi facile à la normalienne de conrte;ïCmonieux concours ^^ ^s^"^ et aes formes rythm.qv.es dans cette large i-nr d'art de l'abbé 0. Koy. , .
..Kt ,ua„d Québec, eut ouvert ses porte, à ^'--^^-^ triomphiit par le nombre plu^^f °F« '^^^ "^'^i .paient si quand Québec eut été deçouronne des Ij» 1 ^ ,ié le longtemps fleuronne son diadème quana ^,^^^
blanc drapeau dont '1 »7! ,\ VdT,3re dans une dervirginale parure; quand .1 eut ^u clispara ^^^
,Uè?e victoire sa dermère «^P^^^^^^^/^j^^^Tnes^accumulées à .ola de.tantde tnsesse et de n^^de^ ^^ ^^,,
la. pensée qu il '"'. '"f°"',. devoir de défendre sur cette
reîrfnv^hieTt ^^'>^^<^f. - -">-' '^ ""^''^^ et la permanence du nom français.
.=- V R — Hiatus, assonances. La norma-
;i":rnant:rS:accumulat.on de sonorités sem-
blables. , ,
«fi Ta variété? C'est mie qualité que rec a- ;TtPslerf, cultes du lecteur que la monotoment toutes les îacu.ies i n l'avertisse-
nie ne tarderait pas à degoutei. C est 1 <.^eu
ment de Boileau :
"Sans cesse en écrivant, variez vos discours ;" ..Ît t, litron éo-al et toujours uniforme '•En :a\i brUle à "il yeux/il faut quU nous er.dorme. 67(a) Varie, les sujets et le temps des ver- ,,"■- Evitez donc ces suites fâcheuses de iK... il il..., il. ...on..., on..., on..., on...,
>'••.••"••:' .'p je et la sucession mono-
ton^ d;s' ptWenti ou des imparfaits des verbes.
fis (b) Variez les ions au style. Les tons du .iT'c'st ce cLarme d'ornements Utt^ane s ^v.
' """T, r^o , . - - convenance du style vression de nos pinfnto.
VOUS assurera ce mérite d'une langue littéraire tour à tour ei> à propos, simple, fleurie, élevée ou sublime.
Cependant, ce n'est pas par calcul, la plume à la main, que la normalienne attrapera avec la convenance du style ce charme des tons variés. Ainsi faisant, elle donnerait dans l'emphase, xlans le phébus, dans les fausses fleurs de la rhétorique.
Où est donc pour elle le secret des tons admirablement variés? Dans la vision vive et nette de ses pensées. Il faut voir ! "Bossuet, écrivait Nisard, ne se montre nulle part avec la même physionomie : il prend pour ainsi dire, celle de chaque sujet. A mesure que le voile, en se levant, lui découvre quelque partie cachée de son sujet, il entre dans ces mouvements d'air si varié et si naturel". La normalienne se criera à elle-même : Que vois-je ? finalement, le voile se déchirera et la phrase prendra les teintes de ses visions ou simples ou fleuries ou sublimes.
69. — (c) Variez vos tours de phrase. Ces tours de phrase, ce sont les figures dont nous parlent surabondamment les manuels et dont il ne faut pas mépriser l'étude. Les figures ou de grammaire, ou de pensée constituent des façons piquantes de dire avec lesquelles il faut se familiariser, puisqu\'lles sont comme les diverses pJiysionomies de l'âme émue de ses visions intérieures. Ce n'est pas par calcul, par vanité d'auteur que la normalienne créera ces phrases d'art configurées sur ses pensées, grâce à des tours divers. Pour y arriver, il faut qu'elle voie sa pensée. — Que vois-je? Que voisje ? se crie à elle-même la normalienne sans se lasser jamais. Puis, quand sa pensée est devenue vision, sur cette vision qui éclaire et exalte son âme, la normalienne moule sincèrement sa phrase ; et alors l'inversion, le pléonasme et l'ellipse, la prêté-
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rition, la (communication et la dubitation; la suspension et la réticence, riiripré(;ation et la supposition, l'apostrophe, l'exclamation et la prosopopée ne sont plus des artifices de rhétorique, mais de véridiques interprétations de l'âme éprise de sa pensée. C'est bien l'enseignement que donne Nisard, quand il fait encore ce compliment à Bossuet dans le travail créateur de ses visions.
"Au lieu de donner sa forme d'esprit aux choses (dont il parle éloquemment), ce sont les choses qui, tour à tour, lui donnent la leur."
C'est assurément une vision splendide, qui au congrès du P. F., fit éclater sur les lèvres de l'abbé de Poncheville cette apostrophe à la langue française :
"Réveillez- vous, ô langue de France, fille de la foi chrétienne, mère des peuples civilisés ! Purifie-toi des mensonges qui ont parfois faussé ton génie ! et, de nouveau, sur les deux rives de l'Océan, dans la France d'Europe et dans 1» France d'Amérique, lève-toi et marche pour porter à la face des peuples et des rois, dans tes vocables immortels, le nom béni du Christ !"
Autre exemple: C'est encore ime vision vive qui inspira à Chapman, dans son poème : T^a charrue, le tour heureux de l'obsécration :
Oh 1 je demande à Dieu que jamais ne s'efface Dans les cœnrs canadiens, le saint amovir des champs ; Que l'instrument viril qui parle dans mes chants Fasse toujours grandir et prospérer ma race.
70. — Exercice littéraire sur les figures. Pour se familiariser avec les figures, ces tours de phrase nécessaires à l'écrivain, la normalienne s'imposera de temps à autre cet exercice littéraire, celui de rendre une belle pensée dans les tours divers qui prennent le nom de figures. Exemple : Charlevoix, ce jésuite qui vécut au Canada au commencement du XVII P siècle, écrivit dans son histoire de la Nouvelle-France cet éloge de nos aïeux: "Tout est ici
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de belle taille et le plus beau sang du monde". Sur cette pensée qui nous honore singulièrement, donnons les figures suivantes.
(a) Une conminnicaiion. En usant de cette figure, Vi'crivain semble s'en remettre au jugement (le ses (tuditeurs, mais il insinue dans sa pJirase le motif qui lui assure uïi jugement favorable. Exemple :
"Hé bien! je veux m'en remettre à votre avis, mes compatriotes. Dites, ai-je tort de vous exhorter avec instances à n'aller pas perdre dans des foyers de sang étranger, cette part de sang que vous avez reçue de vos grands ancêtres? Répondez, n'est-ce pas votre devoir de conserver pour la race tout ce sang que Charlevoix proclamait le plus beau sang du monde '?
(b) Vue prêté ritio}i. En usant de cette figure, rrcriniin feint de se taire sur ce qu'il dit bien express,é)}ie)ii , quoiqu^il le f((sse sans insister. Exemple :
Comj)atriotes, je ne m'arrête })as à vous faire observer que c'est à la foi apostolique de Rome et aux ))ensées très chrétiennes de France, que c'est à ces ))i"ineipes de vie purifiants et héroïques que vous êtes l'edevables de ce sang canadien, le plus beau sang du monde, au témoignage de Charlevoix.
(e) Tz/r upostroplie. Par cette figure, l'ccriruiu htissc là soudainement son lecteur ou son auditeur pour s'adresser pendant un co^irt moment à (luehjiie être particulier, ou présoit ou absent ou )nême inanimé. Exem))le :
() sang canadien, le ])lus beau du monde, comme le ])i(K'lamait Charlevoix ! tu possèdes une fécondité vraiment merveilleuse ! la vie nationale que tu alimentes a fait rayonner dans nos annales tous les (''datants héroïsmes, celui de la charrue aussi bien <}ue ceux de i'épée et de la Croix!
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(d) Une exclamation. C'eut à vn moment pithétique du discours, comme une suite d'émouvantes interjections. Exemple :
O sang canadien ! O sang dont vécurent nos habitants, ces patients défricheurs de nos champs de blé ! O sang dont nos soldats firent éclater la belle furie à la Monongahéla, à Carillon, à Sainte Foye 1 O sang dont nos prêtres ont fait le feu si pur et si apostolique ! O sang canadien ,que Charlevoix proclamait avec tant de vérité, le plus beau sang du monde !
(e) Une im.-précatioîi. L'écrivain qui recourt à cette figure, appelle sur l'être abhorré un nialheur qui sera une malédiction de Dieu, ou des hommes. Exemple :
Grand Dieu! s'il se lève au milieu de nous des compatriotes, à ce point funestes qu'ils s'appliquent avec impénitence à éteindre dans notre sang, le plus beau du monde, et sa ferveur de foi catholique et son amour pour le lis de la France très chrétienne, grand Dieu, exterixiinez du milieu de leurs frères ces fils déchus de la race.
(f) Une ohsécration. C'est une prière que l'écrivain adresse à Dieu ou à l'homme, en y insinuant le motif d'être exaucé; si cette prière a la forme spéciale du vœu, la figure littéraire prend le nom d'optation. Exemple d 'ohsécration :
O ! Dieu, qui avez créé tous les sangs généreux dont ont vécu les peuples civilisateurs, ne permettez pas que le sang canadien s'altère en nos temps périlleux ; conservez-le plutôt dans toutes ses ardeurs chrétiennement françaises afin qu'il soit, comme au temps de nos ancêtres, ces vaillants de la charrue, de l'épée et de la Croix, le plus beau sang du monde !
Tel est le genre d'exercices sur les figures, assurément efficace, pour familiariser les normaliennes avec toutes les figures.
71. — N. B. — Le fond et la forme. Il faut entendre ces vocables dont usent souvent les critiques littéraires. Le vrai varié et un, la variété et la bonne ordonnance des idées, constituent le fond de la belle page; et la forme d'une belle page compte pour (Uéments ceux mêmes de la splendeur littéraire : les visions esthétiques et les phrases d'art.
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