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La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]

Ce manuel de Philosophie, l’auteur a voulu le faire bref, à caractère pédagogique et d'esprit thomiste. La raison? — C'est qu’il vous le destinait, Normaliennes du cours académique. — Or, pour vous, le temps consacré à la philosophie est bien limité: à peine, au cours de l’année, le professeur vous donnera-t-il cinquante leçons ; — or, pour vous, Normaliennes, professionnelles de l’enseignement primaire, votre curiosité s'intéresse peu à l'aspect métaphysique de ces études, mais beaucoup à leurs révélations pédagogiques. En effet, puisque la philosophie donne les raisons profondes en tout genre de savoir, le pédagogue est justement curieux d'y apercevoir les sources de l’art d'enseigner; — or, pour vous, Normaliennes qui serez demain institutrices, femmes ayant charge d’âmes pour Dieu, il importe que, dans cette étude ainsi qu’en toute autre, votre soin premier soit d’accroître la flamme pieuse de votre cœur plus que l’illumination froide de votre entendement.

C'est pourquoi, afin d’être bref, l’auteur élague de son manuel, de fort belles spéculations. Il se confine dans l'essentiel de la philosophie. Cet essentiel n’est pas néanmoins un cours, restreint à des définitions de mots : alors, autant vaudrait vous renvoyer à quelque ‘‘Larousse’”’; cet essentiel n’est pas, non plus, un résumé des ‘‘Sommes’’ philosophiques, insipide à force d’être succinct; cet essentiel, ce sont les pensées principales du savoir des philosophes, exposées avec une suffisante ampleur pour nourrir votre esprit et le délecter.

Pour être suffismm mnt pedagogique, le manuel fait apercevoir dans les données de la philosophie,

- origines et de la méthodologie, et des cultures, et des disciplines scolaires. — Il est judicieux de faire rayonrier la pédagogie dans la clarté de ses raisons profondes : elles sont les exigences mêmes de la nature humaine. Un art d’enseigner, non fondé en philosophie, ne serait qu’un recueil de recettes, formé par des empiriques ; et ces procédés, pratiqués par imitation, aboutiraient à une insipide routine et aux serviles facons de conduire les classes. Par contre, aperçues dans leur source métaphysique, les directions de la pédagogie apparaitront comme les lois mêmes de l’esprit humain en. seigné. Et dans ces principes, le jeune pédagogue, jamais dérouté par les contingences des milieux scolaires, se remuera avec le sens traditionnel à la fois et l’esprit d'initiative.

Enfin pour garder l'âme de la Normalienne contre le matérialisme corrupteur du sens chrétien, contre le positivisme déprimant dont sont généralement imprégnées les philosophies et notamment les psyehologies, venues de l'étranger, étalées sur les rayons des librairies contemporaines, l’auteur fait abonder dans son manuel l'enseignement de saint Thomas. Aussi bien est-ce À cette école que nos grands papes ont avec instance convié le philosophe catholique. Ceux-là qui sont familiers avec les ‘“‘Sommes’’ de l’Ange de l'Ecole, rendront sans doute ce témoignage à l’auteur: ‘‘Avec droit, il se fait gloire de ne rien goûter en philosophie <i ce n'est la pensée thomiste.’’

Quelle sera maintenant la fortune de ce manuel ? — Celle de l’autre, peut-être, En tout cas, ces études seront bien utiles à la Normalienne qui prendra le temps de les méditer.

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