‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 17 sur 91 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

NOTIONS DE COSMOLOGIE

65.—La cosmologie, est l’étude du monde, de l’ensemble des choses, corporelles et ordonnées, qui s’étalent sous nos yeux; elle est la connaissance de l'univers, matériel et plein de vies, par ses causes suprêmes, sa cause matérielle, sa cause efficiente, sa cause exemplaire, sa cause finale; elle est, pour le savant mystique, comme une participation au coup d'œil de Dieu sur le monde dont saint Thomas, aux questions 44, 45, 47, 103, de la 1"° partie de sa Somme théologique, marque les sublimes aperçus.

66.—Les avantages de cette étude. La contemplation cosmologique est admirablement utile au philosophe qui va sincèrement à la vérité: elle le mène à Dieu.

(a). — Elle le mène à la connaissance de l’existence de Dieu, puisque Dieu est l’auteur de ce monde et que l'effet révèle sa cause. (Voir N° 57.)

(b). — Elle la mène au respect de Dieu, puisqu'’eile lui fait apercevoir la puissance et la majesté du divin auteur et que ces inénarrables attributs font fléchir le genou.

(c). — Elle le mène à l'amour de Dieu, puisqu’elle montre Dieu attentif à répandre, dans cet univers, des beautés et des bontés : les perfections visibles du monde nous racontent les excellences invisibles du Créateur.

(d). — Elle le mène à la ressemblance da Dieu, puisque l’âme studieuse y saisit quelques rayons de l'idéal, du divin exemplaire d’après lequel Dieu créa l’univers et que l’âme, mise sous ces rayonnements, retrace cet idéal dans sa faculté intellectuelle qui s’assimile ce qu'elle en aperçoit.

67.—La science et la piété. En voyant tant de savants qui s’éloignent de la religion, on pourrait penser que la science est impie. Ce mal du savant impie s'explique: (a) Si l'esprit humain descendait de Dieu connu, aux choses à connaître qui sont l’ouvrage de ses mains, ce second regard serait pour le savant sans danger; mais comme notre esprit doit passer par les créatures pour s’élever à la connaissance du divin Créateur, il lui arrive de s’abimer dans le limon. Alors le regard mystique lui manque, ce regard qui va au-delà de l'horizon de la matière jusqu'à l'horizon de lumière divine où se laisse apercevoir Dieu, le créateur des esprits. — (b) Et si le regard riystique a péri chez ce malheureux savant, c’est qu'il s’enfle d’orgueil dans son savoir; ce savant, il est orgueilleux d’avoir découvert quelque lueur de vérité flottante sur ce limon. Or Dieu, le Père des sciences, résiste aux superbes et se plaît à les abandonner à leurs chimères.

68.—La science n’est pas impie de sa nature, c’est le contraire qui est vrai. ‘‘Dieu est le Carrefour où se rencontrent toutes les avenues de la pensée humaine”’; écrivait Jules Simon. — Toutes les voies de la science vraie mènent à Dieu. — “T'Eglise n’ignore, ni ne méprise les avantages qu’apportent aux hommes les sciences et les arts. Bien plus, elle professe que, de même que ces grandes choses viennent de Dieu, le Seigneur des sciences, de méme, (si elles sont traitées comme il convient), avec la grâce de Dieu, elles nous porteront à Dieu:”’ ainsi parlent les Pères du Concile du Vatican. Aux savants aussi humbles ct sincères que profonds, Dieu se plaît à faire apercevoir l'art de la divine sagesse et l’ordre de la divine bonté qui guident sa main qui crée et gouverne l'univers.

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