‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 23 sur 91 · La cause finale du monde · texte numérisé non relu

La cause finale du monde

Dieu est la cause finale du monde. D'abord, posons deux vérités: -— 1° Tout être intelligent agit délibérément, c’est-à-dire on vue d’une fin précise à obtenir, sans quoi cet être ne produirait que fortuitement un effet plutôt qu’un autre. Il est incontestable que Dieu agit délibérément: voilà une vérité. — 2° La fin suprême d’un être intelligent qui agit avec délibération, est un bien dans lequel

cet être cherche sa perfection et, avec sa perfection,

avec 81 plénitude d’être, son bonheur et son repos. En effet, choz les êtres sagement ordonnés, l'être

. supérieur ne peut mettre sa fin suprême dans l'être

inférieur. Autrement, ce serait absurdement soutenir — ou que l’être plus parfait trouve sa perfection et son heureux repos dans un être d’une existence moins complète que la sienne, — ou que l'être excellent peut mettre sa fin dernière dans une déchéance de soi-même: voilà une autre vérité.

Prouvons la thèse, les deux vérités, énoncées plus haut, étant admises. Hors de Dieu, il n’est aucun être qui lui soit supérieur, aucun mêm" « ii lui soit égal: car Dieu seul est l'être absolument parfait, tandis que le monde n’a qu’une perfection relative ; — Dieu seul est l'être infiniment parfait tandis que le monde n’a qu’une perfection limitée.

Donc Dieu, en créant le monde, n’eut d’autre fin suprême Que lui-même: Dieu est la cause finale du monde.

Et cette fin suprême, quelie cst-elle précisément ? En créant le monde, Dieu ne pouvait se proposer d'augmenter ses propres perfections qui sont absolues et infinies; ce qu'il se proposait, c'était donc de communiquer, par ressemblance, ses perfections aux êtres tirés du néant et de tair: , &inei, une incnarrable effusion de sa bonté dans la création. Et comme cette libéralité de Dieu remplissait le m.. de de munificences et que ce spectacle des bontés et des excellences de la création allait provoquer chez les êtres intelligents, l'ange et l'âme humaine, un concert d’admiration et d'amour à la gloire du divin auteur, dire que Dieu est la cause finale du monde, cela veut dire, en dernière analyse, que la fin suprême de Dieu, quand il tirait le monde du néant, c'était, par le resplendissement de sa bonté que les esprits chanteraient, éperdus d'adoration et d'amour, c'était se faire une gloire extérieure : raconter la gloire de Dieu, voilà la cause finale de la création.

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