Réflexions
(A) Le reflet divin et l’essence de l’être créé. Ce reflet divin, cette parcelle de ressemblance avec la substance divine, considérée chez l’être qui la possède, constitue l'essence de son être, sa nature; — par conséquent, tout être qui s'applique à réaliser
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sa nature propre, jusqu'au degré parfait, accentue en soi-même une ressemblance divine, dans la mesure de son essentielle capacité, et c’est sa loi d’existence que, à mesure qu'il entre dans la vie, il entre par un persistant effort, dans son idéal, dans la réalisat'on de son idée exemplaire. Et dans cet épanouissement de sa nature, cet être trouve son bonheur.
(B) Les deux éléments de cette divine ressemblance. Annotons les deux plus notables éléments de cette ressemblance de l'être créé avec sa cause exemplaire. — (a) Dieu est bon par s1 plénitude de perfection. Donc, tout étre, en s’élevant à la possession de son état partait sera une excellence, une dignité qui prend place dans l1 hiérarchie des êtres. —(b) Dieu est bon par son activité bienfaisinte. Donc, l'être créé, expansif du bien qu'il contient, répandant autour de lui de la bonté, accomplira une
utile fonction ; et, sous ce rapport, tout être prendra place dans la hiérarchie des causes.
Ainsi, la Main Créatrice fait de tous les êtres un rayonnement, plus ou moins accentué, de la divine bonté.
(C) Les deux degrés du reflet divin sur les êtres créés, image ou vestige. Si le reflet créé du divin exemplaire se trouve dans l'être, accentué au point que l’être créé non seulement révèle sa cause divine, mais nous offre encore une ressemblance de forme avec l’attribut divin, — à cause de cette pirticipation à l'existence et à la forme divines, l'être créé sera dit une image de Dieu : c’est le cas de l’ange et de l’âme humaine, à raison de leur substance spirituelle et de leurs facultés d'intelligence et de volonté libre.
Si l’être n’est qu’un reflet si pâle, si atténué de l’exemplaire divin, qu'il n’est que l'indice de la causalité divine et des attributs de Dieu, puissance,
sagessé et bonté, — en ce cas, l'être créé est dit un vestige de Dieu: par exempie, le firmament constellé est un vestige de. Dieu, n'étant que l'indice de sa puissance, de sa sagesse, de sa bonté. Ainsi, tout être créé est une image, ou un vestige de Dieu, selon qu'il est un plus ou moins vif reflet créé de l’incréé attribut.