‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 27 sur 91 · Argument à donner · texte numérisé non relu

Argument à donner

Pour que l’homme soit introduit et conservé dans l’ordre surnaturel, il lui faut, entre autres choses nécessaires, des doctrines de Dieu et des messagers de Dieu.

Or, pour authentifier comme tels, les doctrines et les messagers, il faut que ceux-ci et celles-là soient manifestement marqués du sceau de Dieu et d'un sceau populaire.

Or, le fait divin du miracle aussi bien que de la prophétie, est le signe de Dieu, son sceau authentique et éclatant, éclatant, c’est-à-dire approprié aux esprits les plus humbles du peuple.

Donc, le bon sens réclame le miracle.

(A) Nous disons donc que le miracle est nécessaire aux hommes pour authentifier comme parole de Dieu, la doctrine ‘que l’on nous prêche comme telle. Preuve: les vérités de la Révélation surnaturelle sont au-dessus de la raison. Si elles surpassent la raison, l’homme ne peut donc pas les établir par le raisonnement humain; c’est donc par l’argument de la puissance de Dieu qu'on les peut faire accepter dans l’acte de foi. — Or, c’est le miracle, cet ouvrage que Dieu seul peut accomplir, c’est le miracle qui révèle Dieu comme l’auteur de la doc-

trine enseignée en son nom, tout comme c’est le sceau royal qui fait accepter comme une missive du roi la lettre présentée par son ambassadeur.

Donc, à ce titre, le bon sens réclame le miracle.

(B) Le miracle, avons-nous dit encore, est nécessaire aux hommes pour authentifier comme messager de Dieu, l’homme qui vient les évangéliser au nom de Dicu. Preuve : comment pourrons-nous distinguer l’apôtre de l’imposteur? L’apôtre est l’homme de Dieu, c’est-à-dire l’homme en qui Dieu habite pour rendre ses oracles. La preuve que Dieu habite dans l’âme de ce messager, c’est l’état de grâce ; mais cela ne se voit pas. La preuve, toutefois, que la grâce y est, ce sont les œuvres de vertu; mais, grâce à l'hypocrisie, l’imposteur les peut simuler. Il est vrai que l’hypocrisie soutient mal son voile aux yeux de ceux qui vivent dans l'intimité de l’imposteur; mais le peuple n’est pas admis dans ce commerce familier. — Il faut donc que Dieu se déclare en faveur du bon apôtre de façon que l’humble peuple le puisse reconnaître. C'est le miracle qui est ce sceau de Dieu, authentique et populaire. Donc, le bon sens réclame le miracle.

93.—Les prestiges diaboliques. D’après la doctrine donnée plus haut, Dieu seul est l’auteur du miracle, lui seul ayant le pouvoir de changer l’ordre de la nature, et d’en suspendre les lois.

Les phénomènes surprenants qui ont le démon pour auteur, ne sont donc pas des miracles : ce sont des prestiges diaboliques. — Les prestiges étonnent l'homme pour deux raisons principales: le démon est une cause occulte, et le démon possède une puissince qui surpasse extraordinairement le pouvoir de l’hornme. Donc, en face de ces phénomènes, l'homme demeure ébahi. — Il est évident que le démon peut décevoir l’homme, en lui faisant croiré que certains prestiges diaboliques sont des miracles

de Dieu; il le peut, puisque l’homme n. peut dans cet au-delà de son pouvoir et de son savoir, dire où la puissance de satan s'arrête, où celle de Dieu seul commence. C’est pourquoi il est encore évident que satan peut abuser l’homme sur ses doctrines et sur ses suppôts humains.

94.— Comment l’homme échappe à la duperie satanique. Dieu veille à ce que l’homme de bonne volonté ne soit pas trompé. — 1° Il lie la puissance de satan; — 2 Quand il le laisse agir, il l'entoure de circonstances qui le trahissent.—8° Enfin, l'homme de bonne volonté, étant averti que la raison du miracle est d’attester que le thaumaturge est messager de Dieu et messager d’une doctrine sanctifiante en vue de la gloire de Dieu et du salut des âmes, l'homme de bonne volonté n'a qu'à se poser i-ois questions en face du phénomène qui l’étonne et il saura s’il a Dieu ou le démon, pour auteur. — L'homme de bonne volonté se posera les trois questions suivantes : Quel est l'agent visible du miracle ? est-il vicieux ou vertueux ? — Quelle est sa manière d'agir? blesse-t-elle ou non la vérité et l’honnéteté? — Quelle est la fin? Quel est le résultat que l’on atteint? Est-ce la gloire de Dieu? Est-ce le salut des âmes? Est-ce un résultat contraire? — La réponse à ces questions éclaire jusqu'à l'évidence l'homme de bonne volonté.

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