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turelles, qui a toute sa cause, sa raison suffisante d - l’ordre de la nature. — Le miracle est un fait su aturel, c'est un fait sensible (qui tombe sous #8 sens) mais advenu en dérogation aux lois © .1 nature, au point que, aucun agent naturel, r l’ange, ou bon, ou mauvais, ne le pourrait prou . de par les énergies propres à sa nature créée. Ainsi, Dieu seul est l’auteur du miracle qu’il opère en dehors des causes secondes, en dehors des lois de la nature; et au cas où l’homme y paraît concourir, l'homme n'intervient là qu'à titre de cause instrumentale; il est un agent à qui Dieu a prêté sa puis sance surnaturelle.
N. B. — Les miracles sont donc des faits absolument divins et, par conséquent, d’une autre catégorie que les merveilleux phénomènes du magnètisme, de l’hypnotisme, du spiritisme, lesquels ont pour causes, des facteurs créés, naturels ou sataniques.
90.—Les espèces de miracles. Il y a trois sortes de miracles; car, quant à sa cause suffisante, le miracle est opéré hors de la nature à trois degrés différents. — (a) Il est contre la nature, (contra naturam) : c’est le fait qui s’accomplit dans la sphère où la nature opère, mais il en contrarie les lois: par exemple, le miracle de Jésus marchant sur les eaux (ce miracle contrarie la loi de la pesanteur). — (b) Il est au-dessus de la nature (supra naturam) : c’est le fait qui s’accomplit dns une sphère où aueune loi de la nature n'opére: par exemple, le miracle de la résurrection. — (c, Il est en dehors de la nature (præter naturam) : c’est le fait qui s’accomplit dans une sphère où la nature aussi opère, mais Dieu n'use pas de ces ressources naturelles, ni du délai de temps que la nature requiert: la gué rison instantanée de la lèpre est un miracle de cette catégorie.
91.—Le bon sens du miracle. Dieu veut faire des miracles pour de bonnes raisons. Pour établir cette thèse, il faut d’abord remarquer trois choses :
(a) Il y a deux ordres où l’homme doit vivre. Par ordre naturel, on entend, chez l’homme, une vie et, par conséquent, une destinée dont le principe suffisant est la nature elle-même, opérant dans la mesure de ses énergies propres et des exigences fondées sur ces énergies. — Par ordre surnaturel, on entend chez l’homme une vie et, par conséquent, une destinée dont le principe suffisant est un don, un don qui est absolument hors de la portée des énergies et des exigences, propres à la nature humaine, un don gratuit, absolument gratuit, vis-à-vis duquel la nature humaine n’a, par ses propres opérations naturelles, aucun mérite, don gratuit qu'on nomme la grâce sanctifinte, une grâce qui est une sorte de déification par la participation de la nature humaine à la vie de Dieu, à sa pensée, à son affection, à son opération.
(b) En vertu du principe que ce qui est inférieur, est subordonné à ce qui lui est supérieur, est au service de ce qui lui est supérieur, nous disons que l'ordre naturel qui est l’inférieur, peut et doit être suspendu, troublé, contrarié pour l'avantage de l'ordre surnaturel qui est l’ordre supérieur, et cela advient dans les occasions où il y va de la gloire de Dieu et du salut de l'homme. — Et, annotons-le en passant, cette vérité est une réponse à ceux qui nient la possibilité du m‘- .°: pour cette raison « ue le divin auteur des lois é : dre naturel, en faisant des miracles, marquerait ‘ez lui de l’inconstance de volonté, ou de l’imprévoyance d'esprit. — Dès l'éternité, l'esprit divin avait prévu, et la volonté divine avait décrété que ces iterventioné de Dieu éclatantes par le miracle, se feraient au bénéfice des âmes à sauver et de la gloire de Dieu à accrot-
tre. ‘Vous changez vos ouvrages, Ô mon Dieu; mais votre conseil ne change pas.”’ (S. AUGUSTIN.)
(c) Pour entrer et demeurer Îans l'ordre surnuturel, il faut à l'homme des doctrines de Dieu et des hommes de Dieu, puisque cet ordre est inaccessible à la raison et à l’homme, abandonnés à leurs seules forces naturelles.
FROUVONS LA THESE :
le bon sens du miracle.