‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 47 sur 91 · SR OUT · texte numérisé non relu

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bien grave est pour l'âme raisonnable (qui, auprès de Dieu, a charge du composé humain), le devoir de la culture des sens externes.

139.—Les sens externes et la vérité. Les. sens externes sont des critères de la vérité : pour le service de la raison allant à la recherche de la vérité, ils sont des messagers qui la renseignent sur l’objet de ses études dans la mesure de leur compétence.

La compétence spéciale de chaque sens. L'’œil fera connaître à la raison les couleurs des objets, et leurs lignes, et leurs formes, et leurs mouvements. — L'ouie lui en révélera les sons et la direction des sons et leur distence, et leur timbre, et leur rythme, et leur intensité, et leur caractère harmonique ou discordant, — L'odorat a pour objet spécial les senteurs, douces ou fortes, délicieuses ou désagréables, éveillant l'appétit ou le rebutant, — Le goût apprécie les saveurs qui sont amères ou douces, caustiques ou fades, ete. — Enfin, Le toucher perçoit le dur et le mou, le lisse et le rugueux, le chaud et le froid, etc.

140.—Les buts de cette culture. La culture des sens, requise pour en faire, au bénéfice de la raison, de parfaits critères, devra leur donner quatre excellences.

(a) Afin que les sens opèrent avec sûreté, c'est les cultiver que de veiller à les conserver, ou à les restaurer dans leur état normal d'intégrité et d'acuité, et de veiller à les appliquer dans les conditions matérielles que leur activité réclame ; par exemple, si là mesure d'intensité n’est pas gardée dans le contact du sens avec son objet, la sensation ne sera pas juste; l'œil ne verra pas, il sera ébloui, offusqué ; l'oreille n’entendra pas, elle sera abasourdie, etc,

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(b) A:.n que les sens opèrent avec une parfaite précision, c'est les cultiver que de les appliquer jusqu’au soin d'observer.

Ainsi l'œil fera mieux que voir, il regardera ; l'oreille entendra plutôt que d'écouter seulement; le goût déguste, l’odorat flaire; c’est plus que goüter et sentir; le tact fait plus que toucher, il palpe, il tâte. Ce soin de l'application des sens assure une sensation plus fidèle, plus juste. Et cela est bien utile à l'imagination, laquelle, par cette activité des sens, pénètre dans les sources de la poésie, la nature; et cela est bien utile à l'intelligence qui abstrait ses idées générales de ces images concrètes que les sens projettent sur l'imagination.

(c) Afin que les sens opèrent avec une moins fuillible justesse, c'est cultiver les sens que de faire pénétrer dans leur activité le jugement de l'esprit. Le message des sens, C’est de révéler la présence des objets sensibles et de les raconter tels qu’ils en sont impressionnés. Leur renseignement ne va pas plus loin. Par exemple, ce n’est pas à l'œil de discerner si l'impression qu'il a reçue, vient d'un objet réel ou purement apparent; ce n'est pas à l'oreille de discerner si la voix dont elle saisit l’écho, est la voix de Pierre ou de Jean. C'est à l'esprit de réfléchir et de bien interpréter le témoignage des sens.

(d) Afin que les sens opèrent avec un goût d'art, c'est les cultiver que de leur donner une délicatesse esthétique qui se plait dans le juste milieu; cet affinement d'impression qui fait que la rencontre du sens et de son objet n'est plus harmonique si l'objet frappe trop ou trop peu. Il faut avoir des sens blasés ou e :aspérés, pour rechercher des objets qui secouent avec violence ; et c’est là un état morbide des sens. Encore un coup, donnons aux sens

un affinement esthétique en ne leur donnant carrière que pour les sensations que le bon goût approuve.

Deuxième question.

La nature de l'âme: — Elle est spirituelle et immortelle.

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