L'âme, substance spirituelle
Principes sur lesquels se fonde la preuve à donner:
(a) Ce qu'il y a de perfection dins l'effet doit se trouver dans sa cause, si non éminemment, à tout le moins à un degré égal: er une cause ne peut donner à son effet, à elle, ce qu'elle ne possède pas.
(b) Un être agit en autant qu'il est, car l'action sort de son existence et non pas de son néant: le néant n’a pas d'activité. I'étre d’une chose révèle sa nature par son action.
LA PREUVE. — Telle est l'opération, telle est la faculté qui opère; telle est In faculté, telle est la substance d’où elle procède. — Or, nous remarquons, chez l’homme, des opérations de nature immatérielle, absolument spirituelles comme les actes de l'intelligence qui se forme les idées abstraites du vrai, du bien, du beau, de Dieu, ete., — comme les actes de la volonté raisonnable, qui s’éprend d’affection pour ces idéalités du vrai, du bien, du beau, de Dieu, ete., opérations purement intelligibles sur lesquelles nos sens n’ont aucune prise ni pour concevoir, ni pour aimer.
Donc, chez l’homme, il y a des facultés de nature absolument spirituelle mais ces facultés spirituelles procèdent de l’âme; donc, l’âme est un esprit.
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142.—La dépendance de l’âme vis-à-vis des sens. La dépendance le l'âme raisonnable vis-à-vis des sens corporels, dans son activité même d'intelligence, a fait penser qu’elle n'était ‘pas une substance spirituelle. — 11 est incontestable qu'il ya dépendance; mais cette dépendance, étant objective et non pas subjective, n’infirme pas la preuve de la spiritualité de notre âme. Expliquons cela.
Démocrite, le philosophe grec, poussait si loin la dépendance entre l'esprit humain et ses sens que, pour lui, nos idées n'étaient que des sensations perfectionnées. D'autre part, Platon, philosophe idéaliste de la Grèce, niait absolument cette dépendance, en enseignant que les idées sont par elles-mêmes subsistantes et que nous nous les approprions en autant que, avec le concours de notre esprit, elles projettent leurs form : dans les objets matériels et les modifient à la façon d’un cadre placé sur un carton.
Interprète fidèle de la philosophie catholique qui est la vérité, saint Thomas admit entre notre raison et nos sens l’évidente dépendance, en disant qu'il n’est rien dans l’intellect humain qui d’abord n'ait été dans les sens; il voulait dire que, dans aucune sorte de science, l'intelligence ne forme aucune idée générale, intelligible avant que l'imagination présente à son travail d’abstraction, les images concrètes, sensibles, des objets de ces sciences. — Mais saint Thomas ajoute aussitôt cette solide distinction : Cette dépendance est objective et non pas subjective. Comprenons bien cela. Pour penser, l’âme raisonnakle de l’homme ne dépend pas du corps et de ses sens subjectivement, c'est-à-dire pour constituer avec eux le sujet pensant, la faculté qui pense, pas plus que l’écran où resplendit soudain la projection lumineuse, ne constitue, avec l’œil
du spectateur, le sens de la vue; mais notre âme, pour opérer intellectivement, dépend de son corps objectivement, c'est-à-dire, de ses sens et de son imagination, pour être mise en présence de l'ebjet à connaître; car c’est ji’imagination, cette fenètre de la chambre noire à ouvrir sur le monde à connaître, c’est elle qui offre à notre intelligence l’image sensible des objets. — Cependant, cette image sensible n’est pas l'idée générale, la pensée intelligible que l’âme va concevoir; elle n’est que l'élément matériel dont l'intelligence va «bstraire son idée générale : elle va l’abstraire, en dégageant de cette image concrète et de toutes les conditions de temps, de lieu, de mesure, etc., qui la particularisent, une notion immatérielle, universelle, absolue, bref (en multipliant les cas d’abstraction), toutes ces idées générales qui constituent les connaissances de l’esprit humain.
C’est donc l'intelligence qui fait sa pensée intelligible en face de l’objet matériel que lui offre l’imagination. Et avec cette explication du Docteur angélique, on aperçoit fort nettement cette vérité : la dépendance de la faculté de penser, chez l’âme humaine, vis-à-vis de l'imagination et des sens, est purement objective: la faculté &st subjectivement indépendante et puisqu'elle procède de l’âme dont elle est une faculté, la substance le l’âme est donc spirituelle.
143.—L’âme est immortelle. L'âme est immortelle de par sa nature: Prouvons : la mort est la corruption (rupture de l’ensemble des éléments constituants), ou la dissolution (l’ensemble se dénoue) de l'être mortel.
Donc, un être n’est mortel qu’en autant qu'il est un composé qui se rompt, un faisceau qui se délie. — Or, l'âme est une substance spirituelle,
c’est dire une substance qui ne compte pas de parties composantes. — Donc, l’âme est incorruptible, immortelle.
L'AME EST IMMORTELLE de par la volonté de Dieu. Prouvons: l’œuvre révèle à qui la voit, non seulement l’art mais encore l'intention de son
auteur, au moins son intention prochaine. — Or Dieu a fait l'âme d'une substance incorruptible, indissoluble, immortelle. — Donc, sa volonté est
manifeste : il veut qu’elle demeure à jamais.
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Troisième question.
Les facultés de l'âme, les facultés inorganiques: /> raison et la volonté; et les facultés organiques auxiliaires : l'imagination et l'appétit animal.
No 144.—Excellence de la raison et de la volonté.
$ 1.—LA FACULTE COGNITIVE DE LA RAISON La raison et la faculté auxiliaire de l'imagination. “A7 LA RAISON ‘No 145.—La raison, ce qu'est cette faculté.
No 146.—Les principes premiers: axiomes qui fondent le
pouvoir de raisonner.
No 147.—Ils sont une splendeur de Dieu sur
la raison.
No 148.—Principes premiers spécula ‘fs, (les sciences).
No 149.—Princiyes premiers pratiques, (la morale).
N° 150.—L'’idéal humain esquissé.
No 151.—ZLa curiosité, branle divin donné à la raison pour la recherche du vrai.
No 152.—L'interrogation.
No 153.—La conduite de l'interrogation.
N° 154.—Les questions suggestives.
L'imagination, faculté auxiliaire de la raison. No 155.—L'imagination et son concours avec la raison. No 156.—Le vrai à apprendre, le procédé intuitif. Ù N° 157.—Le tableau noir.
No 158.—L’abus du procédé intuitif.
No 159.—Ze beau à créer, l'imagination es-
thétique.
No 160.—L'imagination d’idéal, celle de fiction.
No 161.—Culture de l'imagination esthét que.
No 162.—L nitiation esthétique à l'école.
Troisième question.