‹ La normalienne en philosophie et aux sources de la pédagogie [microforme]Chapitre 62 sur 91 · L'amour est le principe du mariage · texte numérisé non relu

L'amour est le principe du mariage

No 213.—La mésalliance.

Nos 214, 215.—Le divorce, l'Eglise et le divorce. | ” 216.—L'autorité domestique.

No 217.—La famille, la postérité.

N° 218.—Elever l'enfant et le droit paternel. 219.—Le célibat, ce qu’il en faut penser.

APPENDICE

En sorte d’appendice à cette éthique brève (voir N° 206) il nous semble opportun d'insister, ici, un peu, sur trois sujets, intéressant très particulièrement la conscience.

Il serait dommageable à la Normalienne d'’ignorer ces vérités, même comme vérités à proclamer dans son milieu; à plus forte raison le penseronsnous si l’on songe qu’elles sont pour beaucoup des vérités à vivre, des devoirs d'état. Voici ces trois sujets :

(a) les devoirs de l'Etat vis-à-vis de la Religion Catholique ;

la tolérance religieuse ;

(b) la société domestique.

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207.—N. B. Les devoirs de l’Etat vis-à-vis de la religion catholique.

(a) le devoir de subordination : la religion catholique a charge des âmes et de leurs destinées éternelles ; l'Etat a charge des corps et de leur fortune temporelle. Or, les âmes l’emportent sur les corps; les intérêts de l’Eternité doivent être assurés avant ceux du temps. — Il suit de là que l'Etat est subordonné à l'Eglise et qu’en cas de conflit, les droits . de l’Eglise doivent prévaloir.

(b) le devoir de protection. Ta religion catholique est la force qui peut enrayer le glissement des hommes vers les états de barbarie; elle est la poussée qui porte les hommes, grâce aux conceptions idéales de la vie chrétienne aimées jusqu’à l’enthousiasme, vers les sommets de la civilisation. Il suit de là que l'Etat procurerait mal à ses pcunles les bonheurs temporels dont il a charge. s’il ne leur assurait les bienfaits de l'Eglise. Il suit de là que, pour l’Etat, aussi grand est son devoir de conduire ses peuples aux bonheurs du temps, aussi grand est son devoir de mettre l’Eglise à couvert des insultes des méchants et de la seconder dans ses œuvres divines. ‘‘Sachez, Ô grand empereur, écrivait le pape Saint-Grégoire le Grand à l’empereur de Constantinople, le pieux Maurice, sachez que la souveraine puissance vous est accordée d’en-haut, afin aue la vertu soit aidée, que les voies du Ciel soient élargies et qu’ainsi faisant, l’empire de la terre serve l'empire du Ciel”’.

208.—La tolérance religieuse. Voici une absurdité : la doctrine de la liberté de pensée et de parole, c’est-à-dire, de la licence, de l’émancipation abso- Ine et pour penser et pour dire, ou écrire au gré d’un esprit égaré, est une absurdité. L'erreur n’a

pas droit d'être. Est-il permis d'être immoral? — il est encore moins permis de penser faux : car les fausses doctrines enfantent les mauvaises mœurs; ai l'on doit mettre un frein aux actions déréglées, à plus forte raison, le faut-il faire pour les doctrines qui en sont le principe.

Cependant, la paix sociale est un bien absolument nécessaire à l’homme vertueux qui vit en société. Il faut donc à tout prix, que l'Etat assure aux gens de bien, ce bien de la paix sociale. Donc, dans le cas où la paix sociale périrait, si l'Etat entreprenait de réprimer les maîtres et les sectateurs des doctrines fausses, obstinés qu'ils sont dans leurs idées dépravées et prêts aux violences publiques, dans ce cas, l'Etat pratiquera envers eux la tolérance; la raison de la tolérance religieuse est, pour l'Etat, le devoir d'assurer la paix sociale et non pas le droit de l'erreur à se vulgariser; l'erreur n’a pas de droit.

209.—La vraie nature de la tolérance que les gens de bien pratiquent vis-à-vis des puissants partisans de doctrines fausses et de pratiques condamnables. La tolérance n'est pas, chez l'homme de bien, l'abandon du, meilleur état mais un atermoiement pour le réaliser, un délai du mieux qui se prolongera aussi longtemps que l’état moins bon est le seul possible pour conserver la paix sociale. — Dans l'idée de cette tolérance est impliqué le devoir d'user prudemment de tous les moyens pratiques pour ramener le meilleur état.

Done, l'homme, judicieusement tolérant, n'est pis l'homme qui accepte définitivement l'état pire, qui s’arrête comme étant arrivé, mais l'homme qui patiente, comme empêché d’aller plus outre, et qui fait l'apostolat des discours et des œuvres auprès des égarés, en vue, d'amener, par l'amendement des esprits, la paix sociale dans le droit et la justice au lieu et place de la paix sociale dans la tolérance

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