‹ La Normandie inconnueChapitre 108 sur 111 · BU · texte numérisé non relu

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La ConstitutioB de 1S56, à Jersey.

La vieille constitution de Jersey, telle qu'elle était établie depuis près de trois siècles par l'ordonnance de la reine Elisabeth, a subi dans Tannée 1856 une modification importante. En vertu d'une loi votée par les Etats

et ratifiée par la couronne britannique» — l'assemblée législative, jusqu'ici composée de 36 membres, doit être désormais portée à 50 membres, par l'adjonction de 14 députés, élus de la même manière et pour le même temps que les connétables, mais sans être obligés comme ceux-ci de remplir les fonctions municipales. Le peuple de Jersey aura désormais dans l'assemblée vingt-six mandataires révocables, au lieu de douze; il disposera donc de la majorité dans le choix des législateurs. Cette mesure équivaut à la mesure qui doubla la représentation du tiers état aux Etats généraux de 1789. C'est un triomphe pour le parti réformiste dont le journal The Jersey Independent est l'éloquent organe. Mais il y a dans ce triomphe un péril que nous signalons à tons les citoyens de Jersey qui tout en voulant assurer la liberté de leur patrie veulent aussi en conserver la nationalité. La nouvelle loi déclare les Anglais eux-mêmes (sens qu'ils aient besoin d'être naturalisés Jersiais) éligibles aux fonctions de député. Certes, nous ne sommes pas partisans des divisions de peuple à peuple, et nous admirons fort la Convention de 92 d'avoir admis parmi ses membres l'Anglais Thomas Payne et le Prussien Anacharsis Clootz. Mais ce qui nous parait suspect ici, c'est ce privilège du droit de cité accordé uniquement aux Anglais. Pourquoi ne pas l'avoir accordé également aux Français résidant dans l'Ile, en abrogeant du même coup ces lois honteuses qiii placent les étrangers sous le régime de l'état de siège? Qui ne voit que, les Anglais étant admis aux États de

3i8 LA NORMANDIE INCONNUE.

Jersey à reiclusion des nationaux des autres pays, la langue anglaise va être employée désormais dans les débats parlementaires, d'abord conciirremtnent avec la langue française et bientôt à l'exclusion de celle-ci? Et que la langue française, une fois bannie des discussions, le sera bientôt des actes officiels,? Ainsi la politique britannique, qui veut absorber la nationalité normande des tles de la Manche pour assurer ses avant-postes en face des côtes françaises, aura Bni par l'emporter sous le masque même du libéralisme. C'est cette arrière-pensée ancienne qui explique pourquoi le gouvernement anglais, si avare de réformes chez lui, a accepté et soutenu avec tant d'empressement le projet de loi élaboré par le parti réformiste que les États de Jersey ont présenté à sa sanction. — Voici le texte de cette loi organique qui raodiQe si profondément l'antique charte de Jersey :

LOI SUR L'AUGMENTATION DU NOMBRE DES MEMBRES DES ÉTATS AUX ÉTATS DE L'ILE DE JERSEY.

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