‹ La Normandie inconnueChapitre 6 sur 111 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

n est cneore aujourd'hui possédé par les Lemprière, qui reioplireut Tbistoire de Tile de Jeur rivalité avec les Carteret.

Le troisième lot, situé presque au milieu de Tlle, fut le tief de la Trinité. 1^ Normand qui Tobtint dut payer trois écus de relief. De la famille de Saint-Martin, qui la tenait de Rollon, eette seigneurie passa entre les mains de la famille de Carteret par un don du roi Henri YIII au bailli Hélier. Après la mort du bailli, elle fut acquise par les Lemprière, et, par un mariage contracté en 1585 revint de nouveau à la famille de Carteret, dont une branche cadette Ta possédée jusqu'à nos jours.

Le quatrième lot fut le lief noble de Samarez, au sudest de nie. Ce fut un Normand appelé du Marais (en jersiais du Maresq) à qui il échut. Le seigneur de Samarez eut droit de garenne sur une montagne appelée aujourd'hui Mont-de-la-VUle *, qui fut achetée plus tard par la couronne pour servir à la construction du fort R^ent. Le seigneur de Samarez fut astreint à payer au duc suzerain dix écus de relief.

1 Le Monl^e-la-Ville dépend da Hef de la Fosse y Aeqviéi relève Ini-mème da fief de Samarejg, Le goavernement anglais ayant, au siècle dernier, acheté le Mont-de-la- Ville, il se trouva que, par eet achat, le roi d'Angleterre devint vassal du seigneur de la Fosse. Or, c'est la coutume jersiaise que lorsque le propriétaire d'un fîef meurt sans héritier direct, le suzerain a le droit de s'emparer du Hef et de jouir des revenue pendant un an. En 1837, Guillaume IV étant mort sans héritier direct, le seigneur de la Fosse déclara qu'en vertu de la coutume il saisissait le Mont-de-la' Villef comme fief de son vassal, le roi. Le conseil privé consacra cette prétention en accordant une indemnité énorme à ce seigneur pour qu'il renonçât à exercer son droit.

Ces quatre fiefs, Saint-Ouen, Rose), la Trinité, Sama; rez, étaient les plus vastes de Tlle. Chacun d'eux rapportait bon an mal an plus de deux cents quartiers de froment de rente, et aucun des autres fiefs ne donnait la moitié de ce revenu. Les quatre seigneurs, étant tous chevaliers hauberts, relevaient directement des ducs de Normandie. Quand Tun d'eux était mineur, le duc régnant l'avait en garde-noble, c'est-à-dire lui servait de tuteur. Ils prirent le pas sur tous les autres gentilshommes de rile.

Il serait trop long d'énumérer toutes les parts que le premier duc de Normandie fit à Jersey. Il suffira de dire que le territoire sur lequel devait être bâtie, dès le quatorzième siècle, la bonne ville de Sainl-Hélier, fut partagé en onze fiefs dont voici les noms :

!• Le fief des Mélèchcs, qui fut donné originairement à Fabbaye do Saint-llélier, puis confisqué par Edouard III et donné h Renaud de Carteret, dans la famille duquel il resta. Il fut dès lors élevé au rang de fief royal, et releva directement de la couronne.

2* Le fief du Prieur, également donné h Tabbaye de Saint-Uélier, puis confisqué par la couronne.

3' Le fief de la Fosse.

a* Le fief es Payns.

h"" Le fief des Augrès.

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