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la ville saillie, la cité tie Dieu, la nouvelle .lénisaleiii, et (|iiaiul le eoiinétable de IMontnioreiiey eut repris le Havre aux Aui^lais, il n'y (Mil plus piière d'espoir pour la lilierlé religieuse. Les proleslauls de Dieppe lurent soumis aux plus injustes perséculions; plus de prêche, plus de prière en commun. Quiconque n'était pas né dans la ville fut obligé d'en sortir; ordre à tout homme (pii avait charge d'aller à la messe ou de renoncer à sa charge ; les enfants des protestants sont enlevés à leur famille, et baptisés par le prêtre catholique ; l'impôt, la confiscation, la prison, la llagellation publique, la torture, la potence, se mirent de cette sanglante et sévère partie. Cela dura ainsi jiisipi'au dernier jour, jns(ju'à l'horrible journée de la Saint-Harthélemy. Alors il se trouva t|ue l'impiloyalde gouverneur qui avait pressuré et torturé cette cité malheureuse, M. de Sigogne, refusa d'exécuter les ordres de la cour; ainsi il mérita d'être placé dans l'estime publi(pie, à côté des Matignon et des d'Orthez. — Le reste de cette histoire rentre dans l'histoire générale. A peine Henri III eut-il succombé sous le poignard, que le Béarnais quittait Saint-Cloud et se portait sur la Normandie avec sou armée. A Darnetal, sous les murs de Rouen, Henri IV attendait les secours que lui avait promis l'Angleterre. Cependant le duc de Mayenne arrivait en toute bâte; il menait avec lui vingt-cinq mille fantassins et huit mille chevaux, et cette armée formidable, Henri IV va l'attendre dans les plaines d'Arcpies. Dans cette plaine vint se briser, contre une compagnie de soldats, toute l'armée du duc de Mayenne. — Mais la ravissante vallée, cette vallée d'Arqués ! L'Eaulne promène dans ce frais vallon ses eaux limpides. Saluez le château d'Arqués, il a décidé delà victoire en faveur de Henri IV. Tours croulantes, murailles que recouvre le lierre, ami des ruines, jeunes arbustes grandis au sommet des tourelles, herbe vigoureuse dans les cours; au pied delà colline, cette immense forêt qui l'entoure, et, tout au loin, ce paysage éclatant sous ce beau ciel! — L'église d'Ar(jues est un monument d'une élégante et riche variété : rosaces, feuillages, figurines, dentelles, rien n'y manque. C'est l'une des plus jolies églises delà renaissance. — Du château (le Lonijuev'tUe, plus rien ne reste que le souvenir du connétable Duguesclin et du comte de Dunois. Vaudreri/Zc, Ovorille, Anneville, Manchour/7/f, sont autant de jolis villages. Ville, dans le pays de Caux, veut dire villa. — Le hameau de Sainte-Marguerite, à cent pas dv. l'embouchure de la Seine, attire l'antiquaire par sa mosaïque merveilleuse, débris précieux d'une maison gallo-roiuaine retrouvée après tant «le siècles.— Le phare d'Ailly prolonge, sur le.s ('•cueils voisins, sa clait(''
LA NUUMANDIIv
li()S|tilalière. — Parmi les plus I)eaiix villai^es de la Normandie, il laiil ciler Vareiigevillc. Ce n'esl pas un villatie , c'est un grand parc; les maisons se cachent sous les plus beaux arlues du [lays di; Caux, la vei"dure vivifiante se prolonge jusqu'au hord de la mer. — A Varengeville, s'élève l'ancien manoir d'Ango le marchand, le Médicis du pays de
Dieppe, Augo (jui gagnait des batailles. (]e riche manoir de V' arengeville, un des chefs-d'œuvre de la renaissance, peut se comparer, pour la grâce, la délicatesse et l'élégance, au château d'Anet. Ango, enfant de Dieppe, était né en 1480. Cet homme illustre a mené la vie des plus grands princes. Il envoyait des navires à la recherche des mondes inconnus. Dans son manoir de Varengeville, Ango le marchand eut pour hôle le roi de France, le roi du seizième siècle, François F'' en personne. C'est ce même Ango de Dieppe (|ui lit alta(|uer par sa flotte les rives du Tage. Lisbonne trembla à la vue des navires j»arlis de Dieppe, et comme le roi de Portugal s'en plaignit à François l" : — u Messieurs, " dit-il aux envoyés du INutugal, ce n'est pas moi qui vous fais la guerre , " c'est Ango le marchand; faites voire paix avec lui ! »
lu mot pour achever riiisloii'c de Die|ipe. (détail au mois de juillet l(»!)'i, après tant de furluncs si diverses, Henri IV, Louis Mil.
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Ilichcliou, larrvtXMlitm ol l'édil de Nantes ciiliii. En l()i)i, l'alaniK' ('lail grande dans Ions les ports de la Manche. La France étailen iinerre avec rAni:lelcrre cl la Hollande: Dnciuesne. enfant de Dieppe, venait de mourir, cl en vain Taniiral Tourville avait dispersé devant la Hoi^uc. en liasse Normandie, la Hotte ani;lo-liollandaise ; cette victoire nons avait conté (piinze lieanx vaisseaux, forcés de s'échouer en vue de (llierhouri;, rennemi restant maître de la nier. Voici que reparaissent dans nos eaux les deux (lottes comhinées. L'armée ennemie était portée sur dix uros navires entourés de £;aliotes à homhardes; les homhes furent lancées avec une incroyaide furie, la ville fut en feu en un clin d'œil; puis on vil les voiles ani;l<»-holl.mdaises s'enfuir tout au loin à la clarté de cet immense incendie , «|ui hrnlait encore sous la cendre de la malheureuse cité, deux mois après le homhardemenl. Dans ces décomhres, l'ancienne cité a laissé sa fortime, sou commerce florissant, ses tentatives hardies, son importance, ses travaux; et désormais l'ancienne métropole du commerce français, cette tète de pont de la France, vis-à-vis de l'Angleterre, ne fut plus ([u'uiie ville de hains et de pécheurs. De Dieppe, au château d'En, le sentier est facile et charmant. Le château d'Eu est une œuvre du onzième siècle. (]e fut d'ahord une place forte, hien située à l'extrême limite de la Normandie, près de la mer; ce n'est plus, depuis longtemps, qu'une admirahle maison dans laquelle vous retrouvez réunis, sans confusion , toutes les époques et tous les hommes de ces races illustres , d'Ai'tois, l'enthièvre, d'Orléans. A clia- (uie pas que vous faites dans le château d'Eu , vous êtes arrêté par une ligure historique : rois d'Angleterre, rois de France, ducs de Normandie, ducs de Bourgogne, ils ont tous passé dans ces murs, vain- (|ueurs et vaincus tour à tour. Mais c'est surtout à mademoiselle de Montpensier que conuuence la gloire du château d'Eu. Le souvenir de la pelile-fiUe de Henri le Grand est partout dans ces murs : c'est là quelle a écrit les touchants mémoires de sa vie, (juand, accahlée sons le poids de ses inutiles grandeurs, elle attendait sous ces heaux omhrages l'ingrat Lauziin (|ui ne venait pas. Mais déjà Louis XIV disjiarail, puis le duc du Maine, à qui la fille de Henri IV a laissé le château d'En, |)onr tirer l'ingrat Lauzun de sa prison. Le trente-troisième et dernier comte d'Eu, c'est le duc de Penthièvre, le grand-père du duc d'Orléans, le roi des Français. — Grâce àce prince, (pii a iéparé,avecla patience du génie, les ruines de sa maison, le château d'Eu est dehout encore. Ces neuf siècles, vainqueurs de la révolution (jui les voulait anéantir, ont reparu dans ces murailles relevées. Inunense iorél ! nohie rivage! maison visitée nagueic
LA N OHM AN 1)1 H
par la leiiie (rAiii;l('lerre en persoiiiic Imi cncl.iiii jour de cel (Hé (l<S-iô1, elle arrive au cluUeau d'Kii qui l'alloudail. — La reine Victoria avail voulu voir couinient donc élail fait ce plaisant jiaijs de France; cl loul d'un coup elleavail prolilé de celte paix profonde des eaux et des peuples, de la terre et du ciel, pour franchir l'étroit espace par lequel ont passé tant de ducs de Normandie, tant de rois d'Angleterre. — Voyage heureux! voyage tout pacilique! Des deux côtés de la rive, les deux plus grands peuples du monde saluaientle navire royal. Tout à coup le canon gronde, les musiques font retentir leurs fanfares, les navires agitent leurs ilammes triomphales, le rivage pousse des cris de joie. C'est elle ! c'est la reine que l'Angleterre confie à la France! Elle arrive, elle accourt, Iriom-
pliante, heureuse, saluée! Le roi l'a tenue dans ses hras comme s'il eût retrouvé sa fille; la reine des Français l'a reçue comme une mère. — Cortège illustre, dans le(|uel on ne comptait pas moins de trois reines! — Jamais, aux jours de ses plus graiuless|ilendeurs, le château d'Eu n'avait espéré ce grand honneur. Et de fait, c'était là un touchant spectacle, celte jeune femme donnant la main à ce vieux roi hlanchi par les travaux plus que par les années, puis les jeunes gens, les jeunes femmes, les poêles, les artistes, celte foule qui suivait. Le soir venu, h Galerie des Guises (Henri de Lorraine, duc de (luise, vingt-quali-icmc comie d'Ei
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LA NUH.MANlilE.
LA NOUMANDIK. C.V.»
•oiivio loulo la IVMc aux inrlodios savaiilcs de lîeetliovcMi. de MozaiM cl du
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vieux Gluck. La reine Victoria écoulait, avec l'attention passionnée <riiii véritable artiste, ces chefs-d'œuvre qu'elle est digne de comprendre et d'ainiei". Enfin, après quatre journées de cette hospitalité royale et paternelle, la reine d'Anii^lelerre a pris congé de son hôte de France. Le roi lui-même a reconduit la reine jusqu'à son navire. Huit beaux vaisseaux également dociles au vent et à la vapeur, un nombre infini de bateaux, de barques légères toutes remplies d'adieux, de salutations et de l'Hï/f, servaient de cortège au yacht Victoria and Albert. Le navire au royal standard disparaissait dans le lointain, que la France le saliuiit encore! Telle a été cette fête mémorable du château d'Fu. Fêle illustre, en effet, la fête de la paix, de la liberté, de l'abondance, des beaux-arts... l'Angleterre et la France qui se donnent la main au-dessus de l'Océan !
Ici s'arrête cette longue histoire d une province à laquelle bien peu de royaumes se peuvent comparer, pour la gloire des arts, pour les œuvres du génie, pour les difficiles labeurs, pour l'éclat des œuvres accoiuplies. — Sans doute une pareille entreprise de ces deux histoires de France el
LA NORMAiNDlE.
d'Angleterre, réunies dans une seule et même histoire, était une lenlulive au-dessus de nos forces; nul mieux que nous ne peut le dire, nul plus qiu; nous ne peut attester par quelles éludes et par quels labeurs il a fallu passer, même pour arriver à celle ceuvre incomplète. Pourtant, si le lecteur tient compte à l'écrivain, non pas du talent et de la science, mais seulement du zèle, de l'attention, de la persévérance, de la sincérité lorsqu'il admire, de sa hienvtillance (|uand il blâme, de ses respects pointes monuments de l'art d'autrefois, l'auleur, arrivé à ce dernier chapitre d'un livre si rempli de difficultés et de périls de tout genre, obtiendra peut-être de son lecteur cette indulgence et celte sympathie qui sont la plus douce des récompenses pour les hommes de bonne volonté.