‹ La NormandieChapitre 116 sur 118 · A NOUMANDIK. (i · texte numérisé non relu

A NOUMANDIK. (i

l'aliri lie leurs muiailles de bois, les Aui^lais éeraseiillesassii^eaiils.'roiil ("iait iterdu sans le eourai^e cl rintrépidilé du daiijtliiu : A moi! à moi! s'éerie-l-il, elle voilà (jui i^rimpe. à l'éclielle, ouvraiil la roule aux plus hardis.Oiilevoil, on l'admire, ou le suil, les voilà loiis dans la l'orleressc •le Talbol,cinq cents Ani;lais sonl égorgés, le reste jetle les aruu»s. Talbol eependaiit faisait loire dévoiles, il était sur le navire de Sommerset. Ainsi le dauphin partagea la gloire de eette vaillante cité. Dieu soit loué, enlin! voilà depuis trente ans de défaites el de misères, noire picmière victoire! La France va renaître, la ville de Dieppe est déjà ressuscilée. (îràce au siéee de 144o, le connncrcc, les navigations lointaines, les découverles, toutes les gloires el toutes les prospérités de la ville recommencent. L'année loPio ne fui guère moins glorieuse; mais celU; fois il s'agissait de courir siisaux Flamands qui avaient insulté le pavillon de la France. — Sire, dit l'amiral de (^oligny au roi Henri H, il n'y a que les bourgeois elles Normands de votre; bonne ville de Dieppe (|ui puissent châtier les l'ays-lîas! — A ces nu>ls de l'amiral, les gens de Dieppe répondent qu'ils soiil prêts à partir, el eu effet les voila ((ui s'en vont, montés sm- dix neuf barques marchandes, attendre au milieu de la Manche, en vue de Douvres el de Boulogne, les naviresde la Flandre. — Ils n'allen dirent |)as plus de trois jours, el le 1 1 aoùl, vingl-ciualre nefs, sous pavillon de Flandre, de quatre ou cinq cents tonneaux, se présenlèrenl dans ces eaux dangereuses, (les grands navires venaient d'Espagne, loul chargés d'épices et de marchandises précieuses. Le vent élail favorable, à peine si les Flamands daignèrenl s'inquiéler de ces barques a Heur d'eau, qu'ils devaient écraser en passant... Cette confiance fut leur perle. Les coipies de noix étaient au milieu de la llolle llamaude, avant que les Flamands n'eussent songé à se défendre. Tout de suite l'abordage commence. Des deux paris on se ballit avec rage, el la victoire restait indécise, lorsque soudain l'incendie se met delà partie. Vous juge/ quelle épouvante! quel pêle-mêle horrible! trois barques dieppoises furent écrasées contre ces navires, mais les autres barques furent promptemeni dégagées. Du côté de la Flandre tout fut perdu, le feu cl la mer vinrent à bout des plus gros navires, et le reste de celte Hotte brisée fut trainé à la remorque par lesDieppois Iriomphauls.r/rf/f.' la ville est toute en fête, les cloches sonnent, les remparts saluent les vaiiKpieurs; à peine prit-on le Icmps de pleurer le vaillant capitaine de celte Hollille, Léon de Hures sieur d'Epineville, mort d'un coup de feu.

L'histoire des guerres religieuses de la France n'est pas moins cruelle que l'histoire de ces guerres de nalionà nation. La réforme fut longue a

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pénétrer dinis l;i province de iNonunndie, mais elle y fil des progrès rapides, en dépit de l'orthodoxie du parlement de la Province. En 1557, se montrent, pour la première fois, en pleine cité de Dieppe, les psaumes de Clément Marot avec les bibles luthériennes, et déjà, grâce à Calvin, qui, de Genève, surveillait d'un regard attentif le progrès de ces nouveautés, dont il était l'héritier, le cardinal de Bourbon, archevêque de Rouen, est chassé de Dieppe révoltée, malgré l'éclat de son titre et de son nom. Désormais toute boutique fut ouverte les jours de fête, l'observance du vendredi fut abolie, et enfin pour comble de triomphe les protestants de Dieppe reçoivent la visite de l'amiral Coligny, illustre et vénéré enire tous les prolestants de l'Europe. — Trois années avaient suffi pour accomplir celle révolution religieuse. Par l'éditde 15G2, signé du chancelier de l'Hospilal, la religion réformée était enfin reconnue, mais cet édit de liberté religieuse souleva les haines des catholiques; dans toutes les parties du royaume, les Guise soufflaient le feu de la révolte et même un jour, comme le duc François de Guise passait à Vassy, petite ville de la Champagne, ses gens entrèrent dans un prêche, et égorgèrent sans pitié deux ou trois cents chanteurs de psaumes! Ce massacre de Vassy fut comme un signal général de toutes sortes de résistances. Rouen et Dieppe, et toute la Normandie protestante, demandent vengeance; chaque bourgeois devient le soldat de la bonne cause. L'argent ne manque pas plus que le courage. A l'instant même, le culte catholique est aboli dans toute la ville de Dieppe ; les protestants s'emparent de Saint-Jacques, et cette antique église, un des ornements de la Normandie chrétienne, fut indignement mutilée. Tout est brisé , loul est fondu. FjCS protestants ne respectent que les murailles, car elles suffisent à leur culte. Celle guerre de religion devint bientôt un brigandage ; toutes les églises d'alenlour furent dépouillées de leurs richesses; plus d'une fois le prêtre fut pendu à la porte de son presbytère incendié. A la fin, le duc d'Aumale s'interposa dans ces fureurs. Il venait de balayer la Picardie; parti d'Abbeville, il avait côtoyé la mer jusqu'à Dieppe, chassant devant lui les protestants épouvantés. La prise de Rouen, elle pillage sanglant qui dura huit jours, entraînèrent la prise de Dieppe : à peine si les Anglais eurent le temps de s'enfuir, emmenant avec eux les protestants les plus compromis. Car, désormais, le roi ne voulait plus dans son royaume d' mitre religion que la romaine ; c'était surtout la volonté du duc de Guise.

La soumission de Dieppe causa aux protestants autant de chagrin (|U(' , bien plus lard, la prise de la iiochelle. Dieppe élail pour eux

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