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.. terez armés, la imil el le jour! Voiisscioz prêts, à loiile heure, à dé- '< leiulre vos domaines el les noires! Vous UKuilerez la i^arde sur l(! rem- .' part de nos villes! Vous serez les frères et les amis des soldais qui " viendront en Angleterre, de iu)trc duché de Normandie, ou de toute '< autre pari, el à ceux qui leur leronl outrage, vous n'accorderez ni 'i repos ni trêve 1 •> Voilà ce que le roi d'Angleterre recommandait aux hommesd'épée : sesordres aux gens d'Eglise n'étaient pas moins ahsoins el moins habiles : — . Vous n'aurez pas d'autre volonté que ma volonté « royale; mais en revanche, vous serez les maîtres des jugements qui se « rapportent au gouvernement des âmes. L'évêque aura sa justice, tout « comme le roi a sa justice. » A ces causes Guillaume séparait les tribunaux civils des tribunaux ecclésiastiques; l'évêque restait indépendant de tout pouvoir politique, pour n'obéir qu'au roi ! Voilà comment se constituaient à la fois la royauté et l'Eglise en Angleterre. La part de l'Église fut immense, tlans ce partage d'un royaume concjuis à l'ombre de la liannière pontificale, mais cependant le conquérant ne pensait qu'a instituer une Eglise nationale. En vain le pape Grégoire VU, Hildebrand, cette formidable volonté qui a préparé les grandeurs infinies (le la puissance pontificale, réclamait-il sa part d'aulorilé dans le royaume iX Edouard le Confesseur; le roi Guillaume, peu jaloux d'imiter ce roi dont l'Eglise a fait un saint, parce (ju'il est resté vierge dans le mariage, instituait la suprématie presque pontificale de larchevêque de Canlorbéry. Au compte du Conquérant, le pontife de Rome était trop indépendant de toute autorité, pour Lien servir les intérêts des couronnes royales. Ainsi, il était le maître partout el toujours; ainsi, il avait tout prévu, même les opposilionsde la cour de Rome, qui l'avait tant servi dans sa conquête! Etait-ce là, je vous prie, assez d'autorité, assez de gloire el de puissance sur la tête d'un seul homme? et cependant cet homme n'était pas heureux; une inquiétude secrète tourmentait celle âme en peine. Celte nation égorgée et dépouillée lui apparaissait dans ses rêves; il se demandait, à lui-même, de quel droit il avait exercé toules ces violences sur la liberté, sur la propriété et sur la conscience des Saxons?
En même temps, il s'inquiétait du jugement de la postérité, comme si l'histoire n'avait pas toutes sortes de distances favorables, même aux grandeurs les plus injustes! L'incertitude (jui le poussait lui fil quitter l'Angleterre une dernière fois. 11 voulut revoir, avant de mourir, son duché natal. Le voyage commença d'une façon lugubre, car il fallut traverser l'Angleterre pour aller en Normandie. 0 grand Dieu! quelle différence entre le royaume et le duché ! Getle terre des Saxons, (in'il
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Iravcrsail dans loiil rappari'il de sa gloire, (liiillaunie la laissait jiaiivrt', serve el grevée d'impôts; celle terre de Normandie, ((u'il allait relronver, il l'avait faite riclie et florissante; à peine sur le terrain conquis, laissait-il des cahancs de clianme, des masures dégradées, des églises en ruines, pendant que, sur l'autre rive, ce n'étaient quecliàleanx crénelés, riches palais, opulents domaines; en Normandie, le luxe, la forlune, les heaux-arts; en Angleterre, la misère, la faim, l'esclavage; duc de Normandie, Guillaume commandait au plus lieau duché de l'univers; roi des Anglais, son royaume appartenait k toutes les douleurs. Le duc-roi arriva à Rouen au mois de janvier 1087. 11 était alors plus Irisle el plus morose que jamais; son âme avait conservé loule la vigueur el loule l'activité de la jeunesse; mais son corps, accahlé sous la fatigue el l'embonpoinl, ne répondait plus à tant décourage. A peine arrivé dans son palais de Rouen , Guillaume le Conquérant se mil au lit, et, de son lil, il réclama à Philippe 1", roi de France, le comté du Vexin, dont la France s'était emparée à la mort du duc Rohert. Le roi Philippe répondit aux réclamalions de son vassal, en demandant quand donc le roi d'Angleterre aurait fait ses couches? « Par le ciel! s'écriait le Normand, mes relevailles se feronl à Noire-Uame de Paris avec dix mille lances en guise de cierges. » El, en effet, le voilà debout, guéri soudain par la colère (10 août 1087). A travers ces riches domaines qu'il réclamait, il marche sur Paris, il hrùle, il arrache, il déchire tout ce qu'il rencontre sur son passage. Depuis longtemps d'ailleurs il s'était promis de reprendre la ville de Mantes, qui, durant sa minorité, avait été retranchée, par le roi de France, du duché de Normandie. C'en est fait, la ville est prise d'assaut; Manies la jolie et la bien nommée (plus rien ne reste du château dans lequel mourut le roi Philippe- Auguste, abbé de Smnt-Maclou ; el même, de cette abbaye de Saint- Maclou, la tour seule existe encore, svelte el légère) est mise à feu et à sang par ces forcenés, que pousse la colère du maître. Rien n'est épargné, ni le sexe, ni l'âge; l'enfant el le vieillard payent de leur vie, tous payent de leur fortune, le bon mot du roi de France; mais enfin le doigl de Dieu avait indiqué, dans ces flammes, le grain de sable qui devait briser Guillaume Je Conquérant el crouler sa fortune. Fn efl"et, comme il traversait, au galop de son cheval, cette ville embrasée, son cheval s'abattit dans les cendres brûlantes. Le choc fut terrible; c'en était fait : Guillaume le Conquérant élail frappé à mort. On eut grand'peine à le transporter jusqu'à Rouen, la capitale de son duché; et comme l'agitation de celle ville bruvanic lui était insupportable, il se fil
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(lnr;i six semuiiics, une agonie vigoureuse, inlelligeule, couinie avait élé sa vie enlière. Il fit sa confession générale, et pour que Dieu fût clément envers lui, il pardonna à tous ceux qu'il pouvait pardonner, sans conipronietlre l'avenir. Il fit des aumônes aux pauvres de l'Angleterre, et délivra de leur prison lous les nobles, saxons ou normands, retenant sou frère Odou, qu'il croyait dangereux et incorrigible. Le rare génie qui était eu lui ne se démentit pas une heure; il élait calme, il parlait des grands événements de sa vie et surtout de l'Angleterre conquise. Peu de jours avant sa mori, il appela autour de son lit les prélats, les barons, les conseillers de sa couronne ; ses deux jeunes fils, Guillaunu', et Henri, étaient à genoux au chevet de leur père. Le roi dicte ses volontés dernières. A son fils aîné Uobert, (jui n'a pas reparu depuis sa révolte, il laisse le duché de ses pères, la Normandie; puis il ajoute : « Quant au royaume d'Angleterre, je ne le lègue en héritage à personne, « parce que je ne l'ai point reçu en héritage, mais acquis par la force « ei au prix du sang ; je le remets entre les mains de Dieu, me bornant " ;'i siMiliailii'ipicmoii IJlsCiiiillauim'. i|ui m "a ('l('' soumis on toutes choses,
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« rdliliciiiic , s'il |»liiil ;i IMcii, cl y [irospèrc. — El moi, iiioii père, (jik; « me (I(iiiii('s-tii iloiic? lui dil Henri, le plus jniiic (U; ses fils. — Je le « donne, i'é|)on(li[ le roi nionr;inl, o,0()() livres d'ari^enlde mon liésor. « — Mais(|ii(' lerai-je de cet ari^enl. si je n'ai ni lerre ni demeure? — « Sois palieni, mon lils, cl mcls la conlianceen Dieu ; il le donnera, s'il « lui plail. la lorUinc de les Aenx IVères. » Chacun des deux (ils s'empara, à linslanl même, de sa pari dans cel immense hérilai^e. Henri se (il compler les 5,000 livres; (Guillaume, nuini d'une lellre de son père pour l'arehevèiiue LanfVanc, parlil |)our l'Anglelerre, alin d'y cliereher sa couronne. Keslé seul, le (îonquéranl allcndil la mort. On élail alors au 10 scplemhre 1087, le soleil se levail radieu.x; les cloches de l'éylise voisine sonnaient la prière malinale; le duc, (jui dormail, se réveille, cl comme on lui dil (pie c'élaienl les cloches de Sainle-Marie : — «Madame Sainle-Marie, s'écria-l-il, priez Dieu pour le roi Guillaume! » Disanl ces mois, il expira. Il avait soixanle et un ans; depuis cinquante ans, il élail duc de Normandie; depuis vingt et un ans, il elait roi d'Angleterre. Anssilùl, ses médecins el ses serviteurs, le voyant mort, entrèrent dans une grande épouvante. Chacun ne pensa pins qu'à s'enfuir et à se Itarricader dans sa ifiaison. Celle épouvante subite, incroyable, se répandit en un clin d'teil, dans la ville de Rouen, el de là, dans la Normandie tout eulière. Que faire, que devenir, à quel homme obéir désormais? Ce roi d'Angleterre avait dominé de si haut loules ces âmes, (|ue, lui parti de ce nmnde, on eût dil que le monde allait finir. Cependant le cadavre de ce grand homme, dont la mort agitait ainsi les plus hardis courages, restait abandonné dans un coin du monastère. Ses serviteurs avaient volé, même la dernière couverture de son lit ; pas un soldat n'était resté fidèle au cadavre de son capitaine, pas un courtisan à la dépouille mortelle de son roi. (tuHlanme, archevè(|ue de llouen, fut le premier qui s'inquiéta des derniers devoirs à rendre à ce morl, illustre entre tous les vivants. Il remplaça, au lit funèbre, les lils du roi, et ses frères, et ses parents, et ses officiers. Un seul gentilhomme, une espèce de propriétaire-fermier, nommé Herhin, vint en aide au prélat pour l'assister dans ce pieux devoir. Le corps du roi fui lranspott(';dans une barque sur la Seine, et conduit jiistpren la ville, de Caen , dans la basili(pie d(! Saint-l'^lienne, que le roi (îuillauuKî avait bâtie. Sur le rivage, les moines de Saint-Etienne vinrent allendre le duc et le roi de tant de gens, (rilberl, évê(|ue d'Evreux, prononça l'oraison funèbre de (îuillaume I", roi d'Angleterre «!l duc de Normandie: et (piand il eut accompli ce dei'uier éloge, il demanda à l'assistance s'il