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OUVRIERS AGRICOLES. — ASSISTANCE. 34S

les autres, paresseux, ivrognes, imbus des vices les plus grossiers, la mendicité constituait une industrie, une spéculation, dont les moyens d'action étaient la ruse, la menace et an besoin la violence. Il fallait donner à la charilé une forme plus efficace, plus morale, que cette aumône faite aux portes, qui distribuait au hasard 5 600000 fr. par année. La question a été résolue par des souscriptions volontaires organisées dans les communes, consenties pour cinq ans, versées dans une caisse commune, et distribuées en secours à domicile par les délégués des souscripteurs et sous leurs yeux. Un fonds commun de secours, inscrit au budget départemental complétait ces dons volontaires. L'interdiction de la mendicité put dès lors être mise en pratique. Le souvenir non plus que les effets de cette mesure ne se sont effacés dans cette partie de la Normandie. On s'applaudit d'avoir vu une charge pesante et une immoralité honteuse disparaître, ainsi qu'un redoutable ))éril pour les populations. Le nombre des enfants assistés a diminué avec la cessation du vagabondage et de 1.1 mendicité. La morale se félicite aussi de la disparition (le cette cause de honteuse promiscuité. La criminalit/' s'est abaissée. Enfin l'agriculture reste soulagée d'un impôt qui se produisait sous les formes les plus multiples, comme dons volontaires ou arrachés par la crainle, vols, déprédations de tout genre dans les champs, les jardins et les basses-cours, hospitalité presque obligaloire et toujours inquiétante donnée dans les fermes.

Constatons aussi ce qui manque aux secours donnés aux malades, à l'assistance médicale. Ces réformes et

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d'autres sont indiquées dans un ensemble (rès étudié, très complet de réponses, faites au questionnaire de la commission législative de l'assistance publique, par la commission départementale du Calvados, sur le rapport et la proposition de son président, M. Niobey.

On ne saurait trop le redire : le côté faible de ces campagnes, c'est l'association. Il y a là pour l'avenir un sujet d'études, une matière à solutions, à peine ébauchées dans la vie rurale, dont les habitudes s'y montrent jusqu'ici réfractaires. L'expérience enseigne pourtant qu'elle peut y recevoir des applications partielles fort heureuses dans la culture pour certains procédés, engrais, productions spéciales.

Il serait urgent de mettre au moins sous la mnin de ces populations portées à l'économie, les institutions de crédit populaire les plus élémentaires, comme les caisses d'épargne. Si l'on songe au bien que ce genre d'établissements a fait dans les villes, si l'on se dit en outre qu'elles peuvent devenir un des moyens de rattacher les populations au sol où elles trouveront à vivre en s'aidant de leurs économies, on s'associera au vœu qui s'est fait plus d'une fois entendre dans les comices de la Normandie, c'est à savoir que chaque chef-lieu de canton puisse avoir sa caisse d'épargne. Le gouvernement a autorisé les percepteurs à recevoir les dépôts pour en faire le versement à la caisse établie au chef-lieu d'arrondissement mais cette mesure très louable et très utile n'est pas suffisante; les habitants des campagnes ont des rapports plus fréquents avec le chef-lieu de canton où ils se rendent toutes les semaines, le jour du marché, qu'avec la

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