‹ La Normandie (passé et présent)Chapitre 58 sur 84 · OUVRIERS AGRICOLES. — ASSISTANCE. Ô4I · texte numérisé non relu

OUVRIERS AGRICOLES. — ASSISTANCE. Ô4I

reçoivent les ouvriers aux heures des repas en présence du chef de culture, qui exerce une sorte de surveillance

pour prévenir les disputes. Le repos est copieux, très sain, assez varié; Je cidre est de bonne qualité.

Il y a en définitive des lacunes encore à signaler pour l'alimentation de la chisse ouvrière agricole en Normandie: mai<, de même que pour le loacrurut. l'amélioralion est partout sensible, et presque toujours très considérable; dans certaine^ réwion^ elle n>' lni--e pour ain-i dire rien à désirer.

I>DIf;E>XE - ASSISTANCE PCBUQUE, ET( . — 1N>T1TITI0NS DE CRÉDIT POPULAIRE, CAISSES D'ÊPaP.i.NE

La situation que nous avons décrite lais-e une place haliitui'llernent pt-u étendue à l'indigence dans les campagnes de la Normandie. EHe existe pourtant, ici disséminée, là plus agglomérée dans certains villaii^es'. L'assislance publique est trop imparfaite, malgré les bureaux de bienfaisance. Nous regrettons notamment l'absence des Sociétés de secours mutuels dans ces campagnes, comme d'ailleurs dans presque toutes le< autres. Les Sociétés de secours pourraient être un puissant m<iviMi d'empêcher l'émigration des ouvriers; elles remplaceraient en grande partie l'assistance publique qui n'est

* On consultera avec fniit, sur le paupérisme des villes et le pauférisme agricole comparés, le livre de M. Victor Modeste sur le Paupérisme en France (Guillaumin, 1 vol. in-S'K

que faiblement organisée dans nos communes rurales, et dont elles n'auraient pas les inconvénients. Ces insti- Lnlioiis ont dans les villes des effets si salutaires qu'on ne saurait trop désirer les voir se propager*. Ce qui manque le plus aux campagnes en général, aux campagnes normandes en particulier, c'est l'esprit d'association. A peine est-il de temps à autre appliqué au louage de quelques instruments perfectionnés d'agriculture. I

La mendicité est encore une plaie dans certaines contrées. Elle avait pris dans l'Orne un caractère plus général et plus menaçant, il y a une vingtaine d'années, et nous ne pouvons oublier ici que les réformes accomplies ])ar le préfet de ce département, M. Magnitot, ont reçu l'approbation et les encouragements de l'Académie des sciences morales et politiques qui a décerné un prix à leur auteur. C'était un service signalé que l'extinction de la mendicité, dans un département où elle avait pris une étendue extraordinaire. On ne comptait pas moins de 10 000 mendiants dans l'Orne en 1863. 5000 étrangers, et 5000 appartenant au département, prélevaient en moyenne chacun 1 fr. par jour, soit collectivement, 1 0 000 fr. par jour, 500 000 par mois, et 5 600 000 fr. par an, c'est-îi-dire un chiffre de beaucoup supérieur à l'impôt foncier qui ne s'élevait dans l'Orne, qu'à '2 400 499 fr. Cette somme considérable ne profitait qu'à un petit nombre de pauvres dignes d'intérêt. Pour

* V. sur cette question les études de M. Éuiile Laurent sur le Paiipé- >-isme elles Sociél(^s de secours miilnels ('■2 vol. in-8% même librairie).

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