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Faut-il développer, dans chaque département

l'institution des orphelinats agricoles ?

Les orphelinats, en thèse générale, peuvent être et se montrent déjà de précieux auxiliaires pour l'assistance dont il s'agit. Il en existe un à Caen, fondé par M. l'abbé Le Veneur, que le département encourage de sa subvention et qui parait donner de bons résultats. Les enfants y reçoivent l'instruction religieuse, élémentaiie et professionnelle. L'agricul-

ture et le jardinage font partie du programme. D'autres orphelinats, pour les filles, fonctionnent avec succès, dans plusieurs maisons religieuses du département. Favoriser le développement de ces sortes d'institutions, ne peut que venir en aide à l'assistance ; mais il ne faudrait pas se borner à l'industrie agricole; tous les enfants ne sont pas également propres à l'agriculture, et si l'on veut tirer parti des diverses aptiludes et répondre aux différents besoins de la société, on doit, autant que possible, enseigner dans les orphelinats les arts et métiers les plus utiles.

Yl. — Extinction de la mendicité.

2<S. — Quelles mesures convient-il de prendre pour V extinction de la mendicité?

29. — Quel est Vétat actuel des dépôts, y a-t-il lieu de les supprimer?

50. — Faut-il modifier les articles 274 à 282 du Code pénaly sur le mode de répression des délits de mendicité?

La seule force de la loi n'éteindra pas la mendicité ; aux règlements, il faut joindre des œuvres. L'homme valide ne doit pas mendier ; mais l'indigent incapable de travail, doit encore moins mourir de faim. Donc il faut assurer du pain à celui-ci, et organiser, contre celui-là, des moyens efficaces de répression.

Ces points entendus , il reste un principe à poser, c'est que toute commune doit nourrir, assister ses indigents non valides.

De là, pour la commune, nécessité de créer des ressources ; l'institution des bureaux de bienfaisance commu-

naux sera un puissant stimulant à cet effet. La commune se fera un devoir de doter son bureau ; la charité privée, qui doit avoir une grande part dans cette œuvre, viendra en aide. On a dit, plus haut, que déjà les vues philanthropiques se portent, d'une façon plus marquée, vers les bureaux de bienfaisance; la vaste organisation d'assistance qui viendra ouvrir une source de secours au milieu de chaque groupe de besoins, donnera une nouvelle impulsion à ces sentiments généreux. Ils se généraliseront, et, peu à peu, les dons et les legs viendront constituer un revenu propre à ces établissements. Autrefois, la pitié des fidèles avait doté presque toutes les paroisses, pourquoi ne pas attendre un effet analogue, en faveur des bureaux d'assistance, des idées de philanthropie et de charité qui caractérisent notre époque?

Les communes qui se trouveraient hors d'état de se suffire par elles-mêmes seraient soutenues par le département, ainsi qu'on l'a admis dans la réponse à la dix-neuvième question, et même par l'État, dans des cas exceptionnels, comme la guerre, l'inondation, l'épidémie, où le pays aurait particulièrement souffert.

Quant aux mendiants valides, les articles 274 à 282 du Code pénal se dresseront en vain contre leur coupable industrie, tant qu'ils ne seront pas appuyés de dépôts ou la répression s'exerce en réalité. Il faut multiplier ces dépôts et les organiser de telle sorte, que les magistrats puissent avoir la confiance que les condamnations qu'ils seront appelés à prononcer pourront être sérieusement et fructueusement exécutées.

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