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La notion de temps

I. Place réservée en cosmologie aux deux questions d'espace et de temps. — Ces deux problèmes que nous nous proposons de traiter isolément forment une partie intégrante de la cosmologie. Ils ont leur place tout indiquée dans cette étude cosmologique, intitulée : les causes constitutives du monde minéral.

Quelle que soit la divergence des opinions soit sur la nature, soit sur l'objectivité du temps et de l'espace, on ne peut nier que le temps évoque l'idée de mouvement continu, comme la notion d'espace suggère spontanément l'idée d'étendue. Or le mouvement et l'étendue sont deux modalités ou plutôt deux espèces appartenant à la quantité continue. Ce genre de quantité possède, on le sait, des parties enchaînées les unes aux autres de manière à former une véritable unité, le terme d'une partie étant à la fois le commencement de l'autre.

Mais ces parties peuvent avoir une existence simultanée ou successive.

Si elles existent toutes simultanément, la quantité continue, permanente, qui en résulte, s'appelle l'étendue, à laquelle se rattache l'espace.

Si, au contraire, ces parties se réalisent successivement, de façon que l'apparition de l'une nécessite la disparition de celle qui la précède, elles constituent la quantité continue

successive ou le mouvement auquel le temps se trouve apparenté, ou même indissolublement uni.

Les deux notions de temps et d'espace ainsi que les deux notions de mouvement continu et d'étendue nous représentent donc, sous des aspects divers, cette propriété fondamentale des corps, la quantité, qu'Aristote appelait : la qualité primaire de la matière.

Lorsque le cosmologue cherche à découvrir la nature intime des êtres corporels à travers le rayonnement visible de leurs propriétés, il doit donc aussi déterminer avec le plus grand soin les caractères de cette qualité primaire, de cette expression primordiale de l'état corporel, et par suite, accorder aux deux notions connexes d'espace et de temps, l'importance qu'elles méritent.

En fait, l'espace et le temps jouent, à l'heure présente, un tel rôle dans les sciences naturelles ; ils sont l'objet de tant de travaux divers ; ils ont provoqué et provoquent encore l'éclosion de systèmes si nombreux, qu'il est devenu nécessaire de leur consacrer une étude spéciale dont l'étendue interromprait trop sensiblement l'exposé ordinaire des doctrines cosmologiques, si pareille étude y était incorporée à sa place naturelle. Pour ce motif, nous traiterons ces problèmes en deux monographies qui constitueront le second et le troisième tome de la cosmologie.

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