AVANT-PROPOS
comme son domaine. On peut les exprimer en langage courant, tous les esprits cultives peuvent les comprendre et, par bonheur, elles sont justement beaucoup plus intéressantes pour eux que les théorèmes scientifiques. Par exemple, les travaux d Einstem conduisent à des conceptions particulières sur le temps, l'espace, la matière en général. Ces conceptions n'éveillent-elles pas la curiosité de les connaître en détail, beaucoup plus que le nouveau mode de calcul du déplacement du périhélie de la planète Mercure ?
C'est à cette curiosité philosophique que s'adresse notre brochure. Nous ne prétendons pas l'avoir débarrassée de toute allusion aux mathématiques, - la tâche eût été impossible, — mais nous nous sommes restreint a l'indispensable, quelques indications de résultats et de méthodes, pour arriver aussi vite que possible aux considérations philosophiques. ,
De plus, nous ne nous sommes occupe que du temps, estimant qu'il y a intérêt à isoler un sujet pour le mettre en lumière. La not o qu'en propose Einstein est d'ailleurs fonda mentale dans son système.
iM*.
que le temps n, !• 7' '" '=°"*"'^«' «^met
«ouvelent f s uir:;^^^'™^^ P'^^^'^"- en, "e se rappor e aH ^^1 ''P""'' '"^ ''''''^ ■ i' f dans le 'ueTse ton T'"*"" '^^ «^«tème A consciences dans ." / °*'^''"^*^"^ > d'autres! 1 '^-'emp/di/zt^^^^/^^-^ «y^tèmes. auraient \.
cependant, l^Z T""' P''<^'^^-^> ~ exact
réduites pour \TZ P^'^^t^raient comme
t -ter4at-;n^srsru ^^^^ ^e points
r°°és par l'auteur et " ' "^''^PP^^ents
^"'ondants et ingénieux o' 17 ^•^'"^«ntateurs,
ngenieux, ont la prétention, jus-
pï.*l
s LA NOTION DU TEMPS
tifiée en somme, de mettre des réponses sous tous ces points, mais ils ne les effacent pas. Ce n'est pas seulement à cause de «a concision que ,e bref résumé ci-dessus semble hensse de difficultés : elles existent dans le sujet lui-rnême elles restent des difficultés, quel que soit e sort que leur fasse une étude mathéma ique le pts souvent impossible à traduire en langage
"tif'd'autre part, les théories d'Einstein
onrun; valeur sdentilique incontestable : elles
donnent un moyen de représenter, par un
ensemble déquations mathématiquement com-
TaUbTes. des'résultats expérimentaux qui sein^
liaient i-ncUiables sur a base d^ rincipes
classiques ; elles sont accepiees
réserve par le plus grand nombre des phys.
dens et avec quelques réserves par presque
tous les autres. .«rait bien hasardé de
Dans ces conditions.il ^eran «J'en développer des théories contraires, « J°^ unllan différent, celui de la philo-ph-. • ne pouvait les fonder sur un point d appu. ne "ement scientifique s'opposant ^ -1-^/j , tein. La philosophie ne peut --°;"«^\«;^,,, se mettre en contradiction avec des r^ u ^^^
scientifiques parce que f.^"''"" ^".^^'"traduccette épithète que lorsqu ils sont des ^^^^^
lions d'expériences; elle "« J^f ^,.^,1 .ux entre des traduclioDS possibles et ce
D'APRÈS EINSTEIN g
savants qu'il appartient de fixer celles-ci. On peut, sans manquer à cette règle, examiner philosophiquement la théorie einsteinienne du temps. Dans deux mémoires parus en 1918 et 1920* et dont la première esquisse est de 1917, M. Guillaume a fait une étude mathématique des théories d'Einstein et montré que, sans rien sacrifier de la coordination des expériences qu'elles réalisent, on pouvait écrire leurs équations en fonction d'une variable unique, capable de représenter un temps unique conforme à la notion usuelle.
Nous pourrions nous en tenir à cette constatation et aborder immédiatement, sous le couvert de M. Guillaume, la critique philosophique du temps einsteinien, mais pour faire de cette étude un tout intelligible isolément, nous parcourrons le sujet dans son ensemble et rappellerons, autant qu'il est nécessaire, les solutions d Emstein et celles de M. Guillaume. Nous exposerons:
1" Ce qu'on peut appeler le conflit mental de
la relativité et de la non-relativité du mouve-
ment;
2' Comment Einstein a été conduit à disloquer h notion usuelle du temps, seul moyen, selon lui. de respecter la relativité;
.9^0 Îo" /; ''"'•"'■ '* "' ""^raU, mai 19:8 et octobre I et II et le. numéro, de. p,ge, J, cli.cun.
lï
3; Gomment M. Guillaume, sans mettre en question la relativité, prétend rétablir l'unité du temps;
4" Gomment, en suivant la direction indiquée par M. Guillaume, on est conduit à un paradoxe sur la relativité du mouvement qui jette beaucoup de doute sur le principe qui l'affirme ;
5" Enfin, quels sont le sens et la valeur philosophiques de la notion einsteinienne du temps.
Les données des sens et l'élaboration instinctive que leur fait subir l'esprit humain conduisent à la distinction de deux qualités opposées dans les objets matériels : le mouvement et le repos. Sans entrer dans des détails historiques qui pourraient être fort étendus, il est facile de nous accorder que l'espèce humaine considère comme au repos l'écorce terrestre et tout ce qui ne se meut pas par rapport à son ensemble; elle considère comme en mouvement tout ce dont la position change d'une manière continue par rapport à cet ensemble. Plus exactement, nous aurions dû dire: l'espèce humaine appelle en mouvement et en repos, d'une part, tels objets et, d'autre part, tels autres objets ; car les mots ont été crées pour désigner des phénomènes tels qu'us s'offrent à la perception et non pour en donner
connaissance en les assimilant à des choses connues par ailleurs.
Dans cette classification des choses en immobiles et mouvantes, le sentiment subjectif de notre propre repos est, sous un certain rapport, le facteur déterminant. Nous distinguons avec vivacité et malgré nous le plaisir du repos et la fatigue du mouvement de notre corps. Ces sentiments sont invariablement liés à ses états physiques d'immobilité et de mouvement au sens de l'alinéa précédent. Nous faisons ensuite rentrer tous les objets matériels dans deux classes opposées, suivant leur ressemblance actuelle avec notre corps sous ces deux Chefs. Et, à y regarder de près, on trouverait certamement, chez les enfants et les primitifs, larriere-pensée que tous les objets en mouvement peinent plus ou moins et que les objets en repos... se reposent.
C'est si bien la terre qui est l'objet au repos,
uTouldr'"^''. ''"' ^^" ^"^^-^^^^ -^^mé
iZZ '^ ''"'' '" ^"""^ ^ ^' ^^"^^^^*^ ^' *^^*
ne te r' ""'"^^ P'^ ^^PP^^^ ^ «-tr- Pl-
de X Z^^ ''"^ ^!^^^^^^^ '- - enseigné en aeux mot.^ que c'est celle-ci qui se ment
^cience. ils n y croient pas.
'e repos à la terre, ils l'ont transporté
là
lâ
dans le soleil, puis dans l'ensemble du système stellaire, le rejetant toujours plus loin, mais le maintenant comme un état qui appartient nécessairement à quelque objet fondamental dans l'univers, fondamental à la fois par cette qualité et par une importance quantitative, d'ailleurs
mal définie.
Parallèlement à l'interprétation des phénomènes par le repos et le mouvement, interprétation sensible, instinctive, subjective, pratique, une autre s'est développée, toute contraire, abstraite, mathématique, objective. Faisant abstraction de lui-même, comment l'observateur peut-il constater et mesurer le mouvement d'un objet? En mesurant les distances d'un ou plusieurs de ses points par rapport à ceux d'an autre objet. Il y a mouvement lorsque ces distances varient avec le temps. Mais ensuite, comment attribuer le repos à l'un des objets et le mouvementé l'autre? La distance étant un rapport absolument réciproque, des données de distance, seules, ne permettent pas de distinguer entre eux les deux objets comme étant l'un en repos et l'autre en mouvement; on peut aussi bien faire les deux hypothèses inverses, et même celle du mouvement simultané des deux objets. Or, la variation des distances est objectivement identique au mouvement; avec une variation, il y a certainement mouvement d'un d«fi objets au moins ; sans
variation, s'il y a mouvement, c'est un mouvement d'ensemble qu'on ne peut déceler sans un troisième objet-repère auquel on rapportera d'autres distances. D'où il résulte que le mouvement, comme les distances, est une relation, ou, si l'on veut, une variation de relation i deux objets sont en mouvement relatif ou en repos relatif; un objet considéré seul n'est ni en repos ni en mouvement.
Ainsi, deux modes de connaissance s'opposent ici l'un à l'autre ; l'un instinctif, primesautier, fait du repos et du mouvement deux qualités opposées (accidentelles) dus objets matériels; l'autre, réHéchi, scientifique, en fait des rapports entre deux objets.
L'esprit ne se résigne pas volontiers à de telles antinomies ; il aime la cohérence. Aussitôt qu'il a eu pris conscience de celle-là, il a cherchée la résoudre.
Cournot a indiqué un prétendu moyen de iever indétermination entre le repos et le mouvement pour deux objets constatés en mouvement relatif : il suffirait de rechercher Si, dans les objets en question, il existe ou non des causes de mouvement. Ainsi, dans le
rain H "\ ^""^^«^^"* ^^^^tif formé par un tram de chemin de fer et la voie sur laquelle il