‹ La Nouvelle-Calédonie et les Iles Loyalty;Chapitre 1 sur 39 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Le présent livre sur la Nouvelle-Calédonie et les îles Loyalty n’a pas la prétention d’être une monographie dans le genre du bel ouvrage, publié en 1895, dans lequel Augustin Bernard a cherché à synthétiser toutes les données contenues dans les travaux parus jusqu’à cette époque et relatifs à cette région de la Mélanésie. Il n’est bien plutôt qu’un simple récit, composé de souvenirs et d'aventures de voyage, auquel j'ai ajouté un certain nombre d'observations faites là-bas, pendant un séjour d’environ 15 mois (25 Février 1911—5 Juin 1912). J’ai évité, autant que possible, de traiter en détail certaines questions scientifiques, ce qui ne fût pas rentré dans le cadre de ce livre. Mais, d'autre part, j'ai pensé que quelques petites incursions, dans tel ou tel domaine, feraient plaisir à l’un ou l’autre de mes lecteurs. Les personnes qui désireraient avoir des renseignements plus circonstanciés sur l'histoire naturelle et sur l'anthropologie de la Nouvelle-Calédonie trouveront, à la fin du volume, une petite liste bibliographique ou bien pourront aussi se procurer notre ouvrage scientifique en cours de publication «Nova Caledonia» — Recherches scientifiques en Nouvelle-Calédonie et aux îles Loyalty —

Peut-être sera-t-on étonné de la place relativement prépondérante que prennent, dans mes récits de voyage, les observations ayant trait à l’ethnographie des Néo-Calédoniens; c’est 1à chose voulue, car, par suite des changements rapides que subissent, année après année, les civilisations autochtones des peuples du Pacifique, la description de l’état actuel de l’un de ceux-ci, de ses mœurs, de ses coutumes et de ses instruments assurera à ce livre, pour les années à venir, la valeur durable d’un document.

Nous avons voué un soin tout spécial à l'illustration de ce volume, étant donné que la bibliographie relative à la Nouvelle- Calédonie, comme celle se rapportant aux îles Loyalty plus rarement encore visitées, est extraordinairement pauvre à cet égard.

Toutes les figures sont des reproductions de mes photographies originales, à l'exception des suivantes: les fig. 1 et 2 ont été obligeamment faites à mon intention à Nouméa par le Dr Félix Speiser; les fig. 3 et 9 sont empruntées à la bibliographie et, enfin, les fig. 4 et 52 sont des reproductions de photographies achetées. Tous les objets ethnographiques que l’on trouvera représentés plus loin, ont été donnés au Musée de Bâle où ils sont exposés; la seule exception est l’idole de pierre (fig. 173) qui appartient à une collection privée. Quant à l'orthographe des noms calédoniens, Je me suis, en général, tenu à celle qu'indiquent les cartes officielles françaises; des recherches linguistiques ultérieures permettront, sans doute, d'établir pour ces noms une orthographe plus adéquate encore à la prononciation indigène.

Pendant notre séjour dans cette lointaine colonie française, nous avons reçu, de nombreux côtés, un appui bienveillant et trouvé partout un très cordial accueil. Dans les diverses situations sociales qu’ils occupent, les fonctionnaires, les missionnaires et les colons ont rivalisé d’amabilité pour nous faciliter la tâche que nous avions entreprise. Il ne m'est malheureusement pas possible de les nommer tous ici; j'aurai, d’ailleurs, l'occasion, au cours de mon récit, de mentionner telle ou telle personne à qui nous vouons un souvenir plein de reconnaissance.

Avant de terminer cette courte préface, je tiens à remercier tout spécialement mon fidèle compagnon de route et ami, le Dr Jean Roux, qui s’est constamment ingénié à enlever de mon chemin tous les ennuis inhérents à la vie de voyage, et dont l'incessant labeur, dans les diverses domaines de notre activité scientifique, a permis à nos collections de prendre des proportions qu’elles n’eussent jamais atteintes, si J'avais été seul.

Grâce au stimulant travail quotidien, accompli en commun, ces 15 mois passés sous l’heureux ciel de la Nouvelle-Calédonie ne se sont que trop vite écoulés! Mais, le souvenir inaltérable des jours vécus là-bas nous reste, jours que je compte, pour ma part, parmi les plus beaux de ma longue carrière d’explorateur.

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