‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 33 sur 47 · DE L'ANE ET DU MULET · texte numérisé non relu

DE L'ANE ET DU MULET

Les quelques ânes et mulets qui existent encore dans le pays sont petits, bien conformés, à formes élégantes et gracieuses, et d’une rusticité à toute épreuve. Ce sont eux qui, partout où ils existent, assurent

à peu de frais et dans de meilleures conditions que les chevaux, le

ravitaillement du personnel des mines. L'introduction du premier baudet date de 1872. Elle aété faite par M. de Greslan qui reçut, à ce sujet, une prime d'importation. En 1876, M. du Gabé possédait à Bourail 5 ânes et 5 ânesses dont la souche provenait d'Australie.

Ces ânes et quelques juments de Norfolk de peu de valeur donnèrent rapidement des produits dont les services furent très appréciés.

Il est bon de rappeler que les premières mines commençaient à être exploitées, que les routes manquaient et qu’il fallait, dans les conditions les plus avantageuses, pouvoir y assurer le transport des vivres.

On avait sans doute déjà compris quel rôle le mulet était appelé à jouer comme agent de colonisation et bien que les rares colons existant à cette époque eussent désiré se livrer à son élève, personne n’avait les moyens de faire venir de bons reproducteurs.

L'administration pénitentiaire, alors à son apogée, n'a pas manqué, comme représentant de l'État, de se préoccuper de la question et elle chargea en 1879 M. Lombard, vétérinaire du Gouvernement, d'aller acheter quelques baudets dans le Poitou.

C’est au pénitencier de Montravel, où subsistent encore des; vestiges de ces installations, que fut entreprise la production régulière de cet animal de bât.

Aucun renseignement précis n'a pu êlre malheureusement recueilli sur ces essais dont les résultats furent nuls.

L'Administration conserva cependant une magnifique mule mesurant 1 m. 58 de haut qui atteignit un âge fort avancé et dont les qua- | lités de robustesse et de résistance ont fait l'admiration de tous ceux qui l'ont connue.

Les raisons de cette non-réussite ne peuvent s'expliquer dans un pays aussi favorable à l'élève de tous les animaux domestiques et il n’est pas douteux que les conditions dans lesquelles on s’est placé ont dû être particulièrement défavorables.

Il est difficile de comprendre, en effet, que là où résiste le cheval ne puisse pas résister le mulet, d’une nature plus sobre, plus rustique el rien ne peut s'opposer à créer dans le pays une véritable industrie mulassière.' ù

Un colon de la Côte Est, M. Girard, de PR avait d’ailleurs, si bien compris l'intérêt économique se rattachant à cette question qu'il est resté, jusqu’à sa mort, un fervent adepte de cette production.

Il existe encore quelques descendants de ses élèves qui continuent à se faire remarquer par leur résistance incomparable et qui trouvent facilement acquéreurs à des prix souvent supérieurs à ceux des chevaux. : |

L’arlillerie au moment où Nouméa était encore point d'appui de la flotte en a fait usage pour le transport de ses canons de montagne et a toujours regretté de ne pouvoir én assurer l'effectif de ses batteries.

Comme pour le cheval, il serait à désirer, aujourd’hui surtout que, la Calédonie est entrée franchement dans la voie du développement de l'industrie agricole en général, que l'Administration étudiât sérieusement les moyens de faire entrer dans la pratique courante la production régulière de cet animal qui, par ses qualilés de sobgiété, de | rusticité et de force, pourrait devenir l'objet de sérieuses transactions, mème extérieures.

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