‹ La Nouvelle Calédonie: Son Climat - Sa Faune - Sa Flore; Ses Ressources Naturelles et Ses Possibilités AgricolesChapitre 35 sur 47 · CHÈVRES · texte numérisé non relu

CHÈVRES

S'iln'est pas possible de donner, même approximativement, une idée de l'importance du cheptel caprin, il est cependant permis d'affirmer que la chèvre existe disséminée partout, par petits lots, en Calédonie où la configuration du sol lui est éminemment favorable. c

Il est peu de colons qui en fassent l'élevage méthodique pour la viande, le fromage et les peaux, mais nombreuses sont les familles qui recourent à elle pour alimenter la maison en lait. Bien qu’on se soit rendu compte des bénéfices que son exploitation facile peut procurer, la chèvre n’est, en général, l’objet d’aucun soin particulier.

Continuellement soumise au régime du plein air où elle broute ce qu'elle rencontre, elle ne reçoit jamais un complément de ration quelconque. Il n’est donc pas étonnant que, dans ces conditions, elle commette de sérieux dégâts dans les cultures. J’ai même souvenance encore d’une famille de colons qui venait de Lerminer une plantation d’une dizaine de mille de pieds de caféiers et de son étonnement, un beau matin, de les voir rasés en grande partie par un troupeau de chèvres à qui un emplacement spécial n'avait pas été réservé. Ce sont là de ces contingences, trop souvent ignorées, de ceux qui viennent, sans connaissances culturales le plus souvent, faire de la colonisation aux antipodes. tr.

C’est pour éviter ces fâcheuses conséquences que beaucoup de propriélaires se sont débarrassés, il y a quelques quinze ans, de troupeaux assez importants, malgré les ressources très appréciables que ceux-ci procuraient au personnel de la station.

Mais, par suite du prix de revient chaque jour plus élevé du mouton que l’on importait en partie d'Australie, la consommation en viande de chèvre s’est accrue depuis 1918 dans de notables proportions, surtout au Chef-lieu où l’on tue régulièrement aujourd’hui à l’abattoir municipal quantité de ces animaux. La moyenne des poids atteint par

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les produits d'un colon, M. Spahr qui s’est adonné à cet élevage, et qui possède actuellement un troupeau d’un millier de têtes environ. de la race angora, oscille entre 20 et 30 kilogrammes de viande.

Il m’a été donné de voir quelques femelles blanches, provenant de: cet élevage, très harmonieuses dans leurs formes, bien plantées sur des membres nerveux et solides, à pis très développé, à peau particulièrement fine et qui étaient couvertes d’une toison laineuse longue et soyeuse. ji

Bonnes mères et bonnes laitières, il en est qui donnent souvent naissance à ?, quelquefois à 3 et même à 4 chevreaux et qui fournissent 3 litres de lait par jour. De nombreux croisements ont déjà été réalisés avec la chèvre commune qui forme la base du troupeau caprin et des boucs angora, et il n’est pas prématuré de dire que l’ensemble. de ce cheptel s’améliorera grandement partout où on aura recours à cette opération. HIVER

M. Spahr avec quelques colons de l'intérieur de l'ile expédient à Nouméa des HORagRe de chèvre dus sont très appréciés des consommalteurs. |

Un envoi de peaux de ds eute a élé fait à titre d'échantillonnage à une fabrique de gants de Grenoble pour savoir si, en raison de læ facilité de produétion qui existe en Calédonie, il n'y aurait pas un débouché de ce côté. À part quelques critiques sur la. façon de préparer ces peaux, celles-ci ont été reconnues de bonne qualité. En temps normal, les cuirs provenant, des animaux abattus pour la. consommation sont expédiés sur le marché de Sydney où elles obtiennent un:prix très rémunérateur. |

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RACE PORCGINE

Comme pour le cheptel caprin, il est impossible de fixer l'importance du troupeau porcin qui exisle pourtant partout dans l'intérieur de l'île. | 2 LUS

Sans faire état des nombreuses hordes qui vivent et se reproduisent dans la brousse en pleine liberté, l’on peut dire qu'il n'est pas une famille de colons qui ne possède quelques spécimen de cette race pour les besoins de la ferme et que presque tous les Canaques des tribus en produisent, eux aussi, pour améliorer leur bien-être.

La consommation locale du Chef-lieu en exige de 1.200 à 1.400 têtes par an et l'Usine à conserves de Ouaco en transforme, au cours de chacun de ses exercices, de 4 à 500, 2%

Le poids moyen des animaux tués à l’abattoir municipal de Nouméa varie de 90 à 100 kilogrammes et le rendement en viande est de 75 à 85 p. 100. C’est donc versla production de viande surtout et du côté du pore léger précoce qu'est dirigée l'exploitation en Calédonie.

La raison de cette orientation tient à la pénurie de nourriture dont on dispose et au prix de vente du maïs et du coprah qui est trop élevé pour pouvoir transformer avantageusement ces produits en viande.

Si partie de cet élevage est soumis, lui aussi, au régime de la pâture produisent des sujets bons marcheurs, aux jambes solides et au groin long, la majorité élevée en stabulation est l'objet de soins

particuliers.

Parmi les races qui donnent les meilleursrésultats, il faut placer en première ligne le Berkshire, le Yorkshire et le Tonkin qui est spécialement destiné à produire de la graisse. Chaque année, quelques éleveurs, soucieux de ne pas voir dégénérer leur race, — car il a été observé qu'aux tropiques partieulièrement les races pures dégénéraient rapidement, — importent de Sydney des reproducteurs de sang nouveau. J'ai constaté personnellement qu'après la troisième généra-

Op

tion, il était indispensable de recourir à un verrat de famille différente si l’on ne voulait pas voir diminuer sérieusement la fécondité des femelles. Je dois signaler également la préférence à donner aux cochons de couleur foncée, les blancs comme les Yorkshire et les Craonnais étant plus sensibles aux maladies de toutes sortes.

Ilest regrettable que la production importante de coprah ne soit pas travaillée industriellement sur place, car le pays pourrait alors disposer de quantités énormes de tourteaux qui permettraient à cette exploitation industrialisée elle-même ie devenir une source puissante de revenus.

On ne tire aucun parti des dot ou soies.

La tuberculose en Calédonie est rare sur les animaux de cette race, bien que ceux-ci soient très réceptifs à l’égard du bacille.

D'origine surtout alimentaire, cette maladie a moins d'occasions de : se transmettre, aucun élevage ne consommant du lait, he lait ou lait écrémé.

Rares sont également ceux qui consomment les résidus d'abattoir où la proportion des bœufs tuberculeux à Nouméa ne dépassent pas 7 p. 1.000. Il n'a été encore signalé ni ladrerie, ni trichine, ni peste infectieuse, ni pasteurellose, ni pneumo-entérite. Les accidents les plus fréquents survenant dans une porcherie sont les diarrhées sur les jeunes porcelets de 3 à 4 semaines, la goutte et, ce qui est beaucoup plus grave, des cas de paraplégie enzootique sur des sujets de 3 à 6 semaines généralement. Mais il n'est pas rare de voir cette affection se développer à un âge beaucoup plus avancé, de 3 à 5 mois. Le pronostic est d’aulant plus grave que les animaux atteints sont plus près du sang. Il faut surtout faire de la prophylaxie. Désinfecter soigneusement toute stalle ayant donné asile à de sémblables malades el éviter pendant quelque temps d’y remettre des nourrices avec leurs petits. Brûler les litières. si

Il ne nous a pas été possible, au laboratoire, de déceler l'agent du mal, malgré les fecherches qui ont été effectuées.

La guérison survient cependant assez fréquemment dès que les sujets atteints sont transportés dans un endroit un peu ue de leur lieu d’origine et bien nourris.

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