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lescence et la jeunesse. Ghacane de ces quatre habi tudes doit être étudiée à chacune de ces quatre époques. Le problème, au moment où il se pose, est complexe. A essayer de le résoudre, on le simplifie quelque peu. Il est clair que chaque âge appelle un groupement qui lui est propre et dans lequel les quatre habitudes doivent être cultivées à la fois. Elles ne le seront pas cependant de façon directe. L'éducation, nous le savons, est un louvoiement. Les tendances en nous se succèdent et se contredisent. Vouloir d'emblée réaliser dans l'enfant le modèle qu'imitera l'homme serait une absurdité psychologique. C'est pourquoi nous proposerons cette esquisse.
A) A la petite enfance, aucun groupement, au sens propre du mot, n'est possible. Les bébés sont juxtaposés, non réunis. C'est le seul âge où l'habitude ne reçoive aucun secours du milieu social^ lequel ne joue ici que comme le^m ilieu physiq ue, les parents ou les camarades étant considérés comme des machines plus que comme des personnes. C'est pourquoi, à ce momenl-là, la bon^é^nl^fii - qu'un e 4i^^nsi bitité uQ peu égoïste ; sous le nom de discipline, plu^jjrécisément de disciplineperg^nnelle, il faut entendre le commencemeni de Ta maîtrise de soi; quant aux vues larges, elles n'existent qu'en germe par l'imagination débridée, et les actions hardies se préforment seulement dans la fantaisie des gestes.
B) Pendant la deuxième enfance, certains exercices comme ceux du scoutisme donnent à l'enfant l'impression que certaines actions ne se font qu'en troupe. Ces troupes, aux jeux comme aux études, sont homogènes et soumises à l'autorité presque omnipotente d'un professeur ou d'un chef d'équipe. Ce sont des
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classes d'âge, sans calembour. Dans ces conditions, et sous Tinfluenee de l'âge ingrat, la culture de la bonté est remplacée par la ftitte contre Tégoïsme, la discipline est une concordance un. peu passive, la largeur de desseins n'est que préparée par l'habitude de la soumission aveugle, à un ordre qui vous dépasse, et les actions hardies ne sont que les mouvements physiques d'un corps qu'on commence à endurcir.
G) A l'adolescence, au contraire, quelque chose de nouveau apparaît. C'est le sens social qui s'éveille avec la puberté, sous la double forme d'une sensibilité émue pour certains êtres et d'un besoin ardent de commander à d'autres. Dès lors, la classe d'âge peut être remplacée par un milieu plus complexe renfermant des enfants ayant quatre ou cinq années de distance, par exemple, de i± à 17 ans, et liés entre eux par des liens hiérarcbiqurs, les aînés, préalablement formés, ayant vis-à-vis des petits à la fois puissance disciplinaire et charge d'âmes. Un tel milieu est à coup sûr beaucoup plus puissant pour former des habitudes : l'influence que chacun exerce sur les autres, au lieu d^être l'inconsciente action grégaire ^ est l'action réfléchie des grands qui préparent un plan d'éducation commune, des moyens qui en font exécuter les détails secondaires, et des petits qui se plient d'autant plus volontiers à leur autorité qu'ils savent devoir bientôt la détenir. Une « administration y de la vie devient possible. C'est pourquoi la bonté s'exprime en services effectivement rendus à des individus, l'obéissance est consentie chez les cadets comme le commandement est concerté entre les atnés, les vues sont larges, quoique un peu irréa-
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listes, car elles proviennent de Tesprit méta4;>hysique qui domine à Tadolescence, et les acti<5ns hardies sont possibles, grâce à rentraînement sportif qu'on ne peut, lui aussi, commencer qu'é^r^é moment là.
D) Enfin les jeunes gens, sortis de l'école, auront à s'incorporer à de grandes entreprises. En France, ils n'éviteront pas, à notre époque, les groupements politiques, auxquels, à une époque prochaine, des groupements sociaux se substitueront sans doute. Et alors ils prendront réellement les habitudes de la vie moderne : bonté de sentiment ou d'action, non plus individuée comme à l'âge précédent, mais appliquée à des masses, discipline qui consiste à abandonner au service de ces masses une personnalité déjà formée aux initiatives comme aux responsabilités, et, chez l'élite, l'ampleur du programme et l'audace pour son exécution que permet le grand nombre d'hommes disciplinés qui se placent sous votre commandement.
Le problème de l'habitude, ou plutôt son sommaire, est loin d'être par là épuisé. Mais nous nous I arrêterons pour bien marquer la primauté du problème de la liberté. Trop d'auteurs ne l'ont pas compris. Pour le docteur Gustave Le Bon, le but de l'éducation c'est de faire passer le conscient dans l'inconscient, et il a été suivi de plusieurs écrivains militaires, tant il importait à leurs yeux de monter les réflexes du champ de bataille. Mais Le Bon déQnit exactement la moitié de l'éducation. W« James recommandait des mécanismes montés pour laisser plus de loisirs à l'initiative. L/habi tude n'e g tt pa s un hn^Tnaî?^ nn ypnyAn. pjniig avous à combler la lacune en répondant à cette question, paradoxale en appa-
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rence : « Comment donner à quelqu'un l'habitude de ne pas avoir d'habitudes? »