‹ La Nouvelle Emma, tome 4, Arthus BertrandChapitre 16 sur 23 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Il était extrêmement agréable à Emma de trouver qu'Henriette était aussi portée qu'elle a éviter de se trouver ensemble. Il était assez pénible de s'écrire ; il eût été bien pire de se voir.

Henriette s'exprimait fortement, sans cependant faire de reproches, ni se plaindre d'être mal traitée; pourtant Emma crut apercevoir quelle avait du

ressentiment, et queson style en annonçait , c'est ce qui lui faisait désirer de plus en plus d'en être éloignée; peutêtre ce n'était qu'une imagination , mais aussi il aurait fallu être un ange pour ne pas ressentir un coup si violent*

Elle n'eut pas de difficulté à obtenir une invitation de la part d'Isabelle f

heureuse d'avoir trouvé un prétexte plausible pour en faire la demande , sans avoir recours à en inventer un.

Elle avait mal aux dents. Henriette

souhaitait depuis long-temps de pouvoir consulter un dentiste* Madame Rnightley fut enchantée de trouver l'occasion de se rendre utile; toute espèce de maladie était pour elle une forte recommandation , et quoiqu'elle n'eût pas tant d'égards pour un dentiste que pour un M. Wingfield , elle n'en eut pas moins d'empressement à se charger de prendre soin d'Henriette. Lorsque tout fut réglé avec sa sœur, Emma proposa ce petit voyage à son amie, et la trouva très- disposée à se rendre à Londres. Tout fut arrangé très-promptement et la voiture de M, Woodhouse la conduisit en sûreté à la place Brunswick.

Ce fut seulement alors qu'Emma put

( ai 7 ) jouir en paix des visites de M. Knightley,.elle pouvait l'écouter, lui parler avec un plaisir extrême, sans en être troublée par aucune idée d'injustice > ou. même par un sentiment plus pénible encore., celui d'avoir dans sou voisinage une jeune infortunée dont le cœur avait été trompé dans ses plus chères espérances; et par qui? par la personne qui n avait.cesse.de lui faire faire de fausses démarches.

La différence de savoir Henriette à Londres plutôt que chez M. Goddard , en faisait peut-être une peu raisonnable dans l'esprit d'Emma ; mais elle espérait que la vue d'objets nouveaux l'occuperait agréablement, ou au moins la distrairait de ses chagrins, .et peu à peu les lui ferait oublier.

Emma se trouva donc parfaitement tranquille et heureuse après le départ

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