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La nouvelle française au 15e siecle

Il nous faudrait une histoire de la nouvelle française, depuis Aucassin et Nicolette jusqu'à Guy de Maupassant et ses successeurs. Cet ouvrage permettrait de suivre en détail l'évolution d'un genre qu'on a déclaré spécialement caractéristique de l'esprit et du goût français. Il formerait un chapitre intéressant de l'histoire de la littérature française, intéressant non seulement au point de vue esthétique, mais aussi par les nombreux points de contact qu'il offrirait avec la vie sociale et la culture générale.

La « nouvelle », cependant, est un concept assez vague et continue à l'être, malgré les définitions qu'ont essayé d'en donner les esthéticiens de presque toutes les époques. On applique le nom aussi bien à une anecdote des Cento Novelîe antiche qu'à la Princesse de Clêves. Mais quand il s'agit de traiter méthodiquement l'histoire de ce genre littéraire, il faut, bien entendu, en restreindre l'idée et chercher à déterminer ce qui y est surtout caractéristique. Telle qu'on est habitué à concevoir historiquement l'idée de la nouvelle, c'est un récit court, généralement en prose, qui nous présente une situation le plus souvent prise dans la vie de tous les jours et resserrée dans un cadre étroit. L'événement raconté aboutit à une catastrophe inattendue ou surprenante, ce qui veut dire que l'élément dramatique joue un rôle essentiel dans la constitution de la nouvelle. A l'origine tout est concentré dans l'effet de cette pointe, de cette situation $nale, et tout tend à la préparer ; souvent le récit est extrêmement court et simple, et toute l'histoire n'est qu'une anecdote. Plus tard, et peu à peu, l'étude psychologique gagne en importance et

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