‹ La nouvelle française au 15e siecleChapitre 78 sur 98 · Ed., p · texte numérisé non relu

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faire si grant honneur de venir à noz nopces, car toute la feste en sera honnorée '. » Chaque nouvelle apparition de gens ou de chariots lui arrache une nouvelle exclamation : « Hée ! Vierge Marie, que voicy bel estât pour ung homme- ! » Elle adresse des reproches à son fiancé : « Haa ! mon amy, dist la pucelle au roy d'Angleterre, vous ne nous aviez pas tout dit ce que vous sçaviez de Jehan de Paris K » Son étonnement est à son comble quand elle voit arriver la vaisselle : « Je croy que Dieu et paradis doit arriver à ceste heure. Et que peult estre ce ? Est il homme mortel qui puisse telle noblesse assembler ? » ; elle demande au roi de Navarre s'il croit qu'un roi de France puisse étaler la même splendeur, et elle ajoute : « Il me tarde fort que je le voye, savoir mon si c'fest ung homme comme les autres 4. » Mais dès que le roi son père a engagé le page de Jehan à rester auprès de lui, la princesse s'empare pour ainsi dire de ce jeune homme : elle l'appelle, lui demande son nom, lui donne un anneau et 'le prie de ne point s'éloigner d'elle. Elle ajoute avec un soupir : « Helas, mon amy Gabriel, viendra encores Jehan de Paris > ? » A partir de ce moment, elle devient le personnage central, et c'est en elle que la nervosité de l'attente se reflète le mieux. Quand, après le passage des archers, arrive « ung bel homme, grant et bien formé, vestu d'ung drap d'or, à tout ung grant bâton en sa main, sur une moult belle acquenée grise ^ », la princesse croit que c'est Jehan et sans plus demander se lève pour le saluer ; mais ce n'est qu'un des maîtres d'hôtel de Jehan. Lorsqu'au bout d'un instant, d'autres centaines d'hommes armés ayant passé, apparaît (remarquez la gradation !) « ung moult beau chevalier vestu d'ung riche drap d'or semé au rebras de perles et de pierreries, lequel chevauchoit ung grant coursier tout couvert de mesmes » avec une épée, dont le fourreau était « tout couvert de riches pierreries qui fort estincclloit contre le soleil », le page crie très haut, tant que tous l'entendent : « Or, ma damoiselle, veez là celuy qui porte l'espée de Jehan de Pans. Certes, il sera icy maintenant », et la princesse le prie de bien regarder, afin qu'il puisse le leur montrer tout de suite '. Enfin,

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