‹ La Nouvelle-France de Cartier à Champlain, 1540-1603 [microforme]Chapitre 52 sur 98 · PLANISPHÈRE DE SÉBASTIEN CABOT · texte numérisé non relu

PLANISPHÈRE DE SÉBASTIEN CABOT

Ramusio mentionne cette mappemonde dans ses Raccolta. Elle porte pour légende ces mots : “ Sebastian Caboto capitan, y piloto mayor de la S. c. c. m. del Imperador don Carlos quinto deste nombre, y Rey nuestro sennor hizo esta figura extensa en plano, anno del nas-

sim° de nro salvador Jean Christo de M. D. XLITIII, annos. ”

Harrisse est d'opinion que cette carte fut gravée à Anvers, parce que cette ville, au milieu du XVIe siècle, était un grand centre de productions géographiques, et que les cosmographes espagnols de l’époque y faisaient graver ou publier leurs cartes. Cependant, ajoute-t-il, comme, en 1544, Charles-Quint était empereur d’Allemagne et que la carte porte ses armes en grand format, elle peut aussi provenir d'une des villes de l'empire, Augsbourg par exemple.

Le seul exemplaire connu se trouve dans la galerie de géographie de la bibliothèque nationale de Paris‘

Cette carte est mentionnée par Livio Sanuto dans sa

Geographia distinta in ÆXIT libri, par Ortelius, sir Humphrey Gilbert, Richard Willes, Hakluyt, et enfin par Samuel Purchas. D’après les citations qu’en a faites chacun d’eux, on peut inférer qu’elle a eu quatre éditions :

1° La carte de la bibliothèque nationale, de 1544;

2° La carte vue à Oxford par Nicholas Kochhaff, en 1566, dressée en 1549;

3° La carte vue par Hakluyt,en 1589, datée de 1544 ; |

4 Enfin celle examinée par Purchas à Westminster, laquelle porte le millésime de 1549.

Harrisse croit que les éléments géographiques qui ont servi à construire la mappemonde Cabotienne, sont d’un demi-siècle postérieurs à la découverte du Labrador, et qu’ils ne proviennent ni de Jean Cabot, ni de son fils Sébastien. “ Ce dernier, en 1544, faisant œuvre, à son tour, de cartographe, a emprunté ses principales données à une carte française ou portugaise, et, approximativement, de mémoire, il a fixé son atterrage de 1497 surun point quelconque du promontoire de l’île du Cap-Breton, dont jusque-là il n'avait probablement qu'une vague idée.”

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