‹ La Nouvelle-France de Cartier à Champlain, 1540-1603 [microforme]Chapitre 64 sur 98 · CARTES DE 1564 A · texte numérisé non relu

CARTES DE 1564 A

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1564—La carte de Baptista Agnese portant la date de 1564 est incorrecte, et son imperfection témoigne

même que l’auteur ne connaissait pas la géographie de Terreneuve.

1566.—Nicolas des Liens, de Dieppe, a fait une carte du monde assez curieuse. Le Saint-Laurent nous apparaît comme un golfe s'étendant jusqu'à Québec, avec un bras de mer qui se dirige vers le sud-ouest dans la direction des côtes de la Nouvelle-Angleterre: Le nom de Jacques Cartier est écrit en lettres isolées sur tout le territoire de la Nouvelle-France.

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1566.—Une carte intitulée : Zl designo de discoperto de la Nova Franza.... Venitiis œneis, formis Bolognini Zalterii, Anno M. D. LX VI, fait courir la rivière S. Lorenzo (S. Laurent) au sud-est d’un grand lac jusqu’à l'océan, entre Lacadia et Baccalaos. Ochelaga et Stadaconi sont fixés le long d'une rivière courant à l’est, mais plus au nord. Cette rivière prend ses eaux dans un pays marqué Canada. Cette carte ressemble à toutes les autres de fabrique italienne, comme celles de Forlani, de Porcacchi. L'Université-Laval possède une copie bien conservée de la carte de Zalterii.

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1569.--La mappe de Mercator est assez curieuse. Le Saint-Laurent prend sa source dans des montagnes très reculées, à l’ouest du continent. Aucune trace des grands lacs.

1570.—Ortelius, dans la première édition de son Theatrum orbis terrarum, semble s'être guidé sur Mercator.

1572.—Porcacchi, dans son ouvrage intitulé: L’isole piu Famoso del mundo publié à Venise, place à côté du Canada la région des Piquemains (Pignemai Reg.)

C’est un des rares cartographes, sinon le seul, qui rappelle le souvenir d’un pays que les Sauvages avaient rapporté à Cartier comme étant peuplé par une espèce d'êtres, petits, dont le système digestif différait de toute organisation naturelle. Ils voulaient sans doute parler des Esquimaux, très petits de taille, mais conformés comme tous les êtres humains.

1575.—André Thevet, dans sa Cosmographie universelle, ne nous communique aucun renseignement nouveau sur le Canada !. C’est dans Mercator qu'il à puisé ses inspirations. La gravure sur bois qui s’y trouve repose sur les données d’Ortelius 2.

1578.-—Martines semble avoir voulu donner de l’importance à la théorie de Ruscelli, qui avait fait communiquer le Saint-Laurent avec l'Atlantique, à l’endroit précis où se jette la rivière Hudson, c’est-à-dire à New- York.

1580.--La carte attribuée au Docteur Dee, et qui, d’après toute probabilité, est l’œuvre de Fernando Simon, nous fait connaître superficiellement les côtes de l’Amérique, depuis le cap Breton jusqu’au détroit d'Hudson.

1584.-—Jacques de Vaulx, pilote du Havre, est très confus dans ses indications. Le golfe Saint-Laurent

1 Voir Note 19.

2 Leclerc nous fait voir dans Bibliotheca Americana, sous le numéro 2,652, une mappe de Thevet : Le nouveau monde descouvert et illustré de notre temps, Paris, 1581. Ha » croit qu’elle est l’œuvre d'un autre

-que Thevet, Cabot, p. 252.

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nous apparaît sous le nom qu’il perte aujourd’hui, mais le fleuve, trop large, ne dépasse pas Chilaga, c'est-à-dire Hochelaga. La rivière Penobscot va se jeter dans le Saint-Laurent. Une île de grande dimension, appelée L'Isle St-Jehan, git près des côtes de l'Acadie. Le Pas- Canada est dans Terreneufe, et Terreneuve n’est plus qu'une seule île.

1587.—La mappe de Myritius dans son Opusculum | geographicum publié à Ingoldstadt, nous fait reculer | d’un demi-siècle en arrière. ;

Ÿ 1590.-—Une nouvelle édition de l’ouvrage de Porcacchi, renferme une mappe sur laquelle nous voyons se profiler une rivière, qui part de la Nouvelle-Ecosse pour aller se perdre dans un grand lac, près d’Ochelaga.

1592.—On trouve sur le globe de Molyneux un lac rudimentaire, qui correspond à celui que ce géographe décrira en 1600, sous le nom de Lacke of Tadenac (Tadoussac), probablement le lac Saint-Jean.

1593.—Cornelius a Judæis, dont le nom est souvent transformé en Corneille de Jode, auteur du Specu-

lum orbis terrarum, désigne le lac des Conibas (Lago de Conibos) dont l'étendue, dit-il, est inconnue, même

des Canadiens.

1594.—La mappe de Pierre Plancius est basée sur celle d'Ortelius.

Il existe encore un grand nombre de planisphères et de mappemondes, tous incomplets, les uns n'étant que la copie plus ou moins servile des autres. Telles

sont les cartes d’Apian (1576), de Cellarius (1578), d'A. Millo (1582), de de Bry (1596), de Wytfliet (1597), de Langennes (1598) et de Molyneux (1600). Mercator est le grand et sempiternel inspirateur de cette armée de cosmographes, géographes et cartographes du XVIE siècle. Jehan Alfonce, qui travaillait en 1544 et 1545, les égale tous par l'exactitude des délinéations et par l’abondance des renseignements qu'il a légués à la postérité, et c’est lui qui est le moins connu, parce que son ouvrage est resté enfoui dans les casiers de la bibliothèque national, à Paris.

La même confusion continua à régner au commencement du XVIIe siècle, jusqu'à l'apparition de Champlain. Cet illustre Français joignait à d’autres qualités éminentes celles de géographe, de cosmographe et même de bon marin. C’est lui qui, le premier, fit connaître à ses compatriotes la configuration de l’Acadie et des rivages du Saint-Laurent jusqu'à la Mer Douce. Lescarbot partage avec lui cet honneur.

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