RÉNÉ DE GOULAINE DE LAUDONNIÈRE
Gaspard de Coligny profita d'un moment de répit dans les guerres religieuses pour tenter: une nouvelle fondation sur le sol d'Amérique. Il en confia le soin à Réné de Goulaine, à qui le roi avait accordé trois navires bien équipés et 50,000 écus pour ses frais.
Les navires firent voile du Havre-de-Grâce le 22 avril 1564. Arrivé en Amérique, Laudonniere fit élever, entre la rivière de Mai ou Sainte-Marie et la rivière Saint-Jean, une forteresse triangulaire qu'il nomma la Caroline, en souvenir de son roi. Au lieu de s'occuper d'agriculture et d’inspirer à ses gens le goût du travail, il les laissa perdre leur temps dans des courses à travers le pays, qui n’aboutirent à d'autre résultat que d'amener des querelles, des jalousies et des drames sanglants dont les sauvages furent les auteurs. A cette vue, Laudonnière prit le sage parti de retourner en France. Les vaisseaux allaient mettre à la voile, quand apparut Ribaut. Celui-ci accusa Laudonnière d’infidélité au roi et de tyrannie envers ses subordonnés. Le fondateur du fort la Caroline se défendit noblement, et fit bonne justice des fausses accusations dirigées contre lui. Il fut décidé, malgré les instances de Ribaut, que Laudonnière
retournerait en France pour faire éclater son innocence d’une manière plus efficace. Mais il ne put partir. Une flotte espagnole, commandée par Pedro Menendez, vint mouiller, le 4 septembre 1565, dans la rade, avec l’intention de chasser les Français du pays. C’est ce qui arriva, après une série de bataïlles, qui se terminèrent par une épouvantable boucherie. Huit cents Français, alléchés par des promesses trompeuses de paix, vinrent se livrer entre les mains du cruel Menendez, qui les fit tous égorger les uns après les autres. Ribaut fut écorché vif; sa peau et sa barbe furent envoyées à Séville, comme trophées de victoire,
La nouvelle de cet abominable massacre fut reçue en France avec la plus vive indignation, et un gentilhomme français, nommé Dominique de Gourgues, se chargea de laver dans le sang espagnol l’injure faite à sa patrie.