UNE ÎLE DU LAC DES BOIS
Dessin de Weber.
ce dernier, Legardeur de Saint-Pierre raconte en ces termes 1 épisode auquel nous venons de faire allusion : « .J’avais eu grande attention de faire mettre dans le meilleur état tous les forts qui m’étaient confiés, et d’y placer des personnes de confiance. Au désir de mon instruction, j’avais eu le plaisir de réparer moi-même le fort la Reine, sans m’attendre à l’aventure dont je vais parler. Le 22 février 1752, environ neuf heures du matin, je me trouvais dans ce fort avec cinq Français. J’avais envoyé le surplus de mes gens, consistant en quatorze personnes, chercher des vivres dont je manquais depuis plusieurs jours. J étais tranquille dans ma chambre lorsqu’il entra dans mon fort deux cents Assiniboines, tous
armés. Ces sauvages se dispersèrent en un instant dans toutes les maisons; plusieurs entrèrent chez moi sans être armés, les autres restèrent dans le fort. Mes gens vinrent m'avertir de la contenance de ces sauvages. Je courus à eux. Je leur dis vertement qu’ils étaient bien hardis de venir en foule dans mon fort, armés. L’un d’eux me répondit en cristinau qu’ils venaient pour fumer. Je leur dis que ce n’était pas de la façon dont ils devaient s’y prendre, et qu’ils eussent à se retirer sur-le-champ. Je crus que la fermeté avec laquelle je leur parlais les avait un peu intimidés, surtout ayant mis à la porte quatre d’entre eux, les plus insolents, sans qu’ils eussent dit un seul mot. Je fus tout de suite chez moi; mais dans le même instant un soldat vint m'avertir que le corps de garde était plein de ces sauvages et qu’ils s’étaient rendus maîtres des armes. Je me hâtai de me rendre au corps de garde. Je fis demander à ces sauvages par un Cristinau qui me servait d’interprète quelles étaient leurs vues, et pendant ce temps-là je me disposai au combat avec ma faible troupe. Mon interprète, qui me trahissait, me dit que ces sauvages n’avaient aucun mauvais dessein, et, dans la minute, un orateur assiniboine, qui n’avait cessé de me faire de belles harangues, dit à mon interprète que, malgré lui, sa nation voulait me tuer et piller. A peine eus-je pénétré dans leur résolution, que j’oubliai qu’il fallait prendre les armes. Je me saisi d’un tison de feu ardent; j’enfonçai la porte de la poudrière, je défonçai deux barils de poudre sur lesquels je promenai mon tison en faisant dire à ces sauvages, d’un ton assuré, que je ne périrais pas par leurs mains et qu’en mourant j’aurais la gloire de leur faire subir à tous mon même sort. Ces sauvages virent plutôt mon tison qu’ils n’entendirent mon interprète. Ils volèrent tous à la porte du fort, qu'ils ébranlèrent considérablement tant ils sortaient avec précipitation. J’abandonnai bien vite mon tison et n’eus rien de plus pressé que d’aller fermer la porte de mon fort. Le péril, dont je m’étais heureusement délivré, en me mettant en danger de périr moi-même, me laissait une, grande inquiétude pour les quatorze hommes que j'avais envoyé chercher des vivres. Je fis bon quart sur mes bastions, je ne vis plus d’ennemis et, sur le soir, mes quatorze hommes arrivèrent sans avoir eu aucune mauvaise rencontre. Je passai le reste de l’hiver tranquillement dans mon fort. Dès le petit printemps, il arriva une bande d’Assiniboines, autres que ceux qui avaient médité ma perte, qui me prièrent instamment de les écouter, ce que je leur accordai. Ils firent de grandes et longues harangues qui tendaient à obtenir la grâce de leurs frères. Je leur répondis que je n’étais point partie capable de la leur accorder, qu'ils avaient M. le général pour père, qui m’avait envoyé à eux, que je lui rendrais compte de tout, et qu'il verrait ce qu'il aurait à faire ; qu’ils pouvaient néanmoins être assurés que, bien loin de leur faire la peine qu’ils mériteraient, je porterais au contraire leur père à leur pardonner, persuadé de la sincérité de leur repentir. Comme j’étais sur mon départ pour le Grand Portage et qu’après ce qui s’était passé il n’aurait pas été prudent de laisser des Français dans ce fort, je le recommandai à ces sauvages qui me promirent d’en avoir grand soin. C’est tout ce que je pus faire de mieux, eu égard à la consternation où mon aventure avait plongé mes gens dont pas un seul n’aurait voulu agréer le commandement de ce fort, eûtil été question pour lui de la fortune la plus brillante. Je me vis même à la veille d’y rester seul tant ils étaient épouvantés. »
C est au milieu de ces sauvages perfides et dissimulés que La Vérendrye pour-
LES VARENNES DE LA VÉRENDRYE
suivait, ses opérations de traite et ses découvertes. En 1736, « n’ayant reçu qu’un très petit secours » et réduit au désespoir, il descendit à Montréal où il arriva le 2 r août. Le gouverneur approuva tous ses actes et le chargea de continuer ses explorations, commencées au prix de tant de souffrances et de pertes d’hommes. Quant à la cour, elle se désintéressait de cette affaire. Dès le 10 octobre 1733, le gouverneur et 1 intendant avaient écrit au ministre Maurepas : « M. de La Jemeraye, neveu de M. de La Vérendrye, nous a représenté que si Sa Majesté voulait en faire la dépense on pourrait aisément réussir à la découverte de la mer de l’Ouest, étant pi ésentement au lac YYinmpeg, mais que pour eux et leurs associés ils ont perdu plus de quarante-trois mille livres et les voyageurs ne voulant aller plus loin qu ils ne soient payés de ce qui leur est dû, ni les équipeurs leur fournir des marchandises pour continuer leurs voyages. » MM. de Beauharnois et Hocquart ajoutaient à 1 appui de la demande de secours de l'explorateur : « La dépense, Monseigneur, ne serait pas considérable; les frais des engagés pendant trois ans et ce que 1 on pourrait fournir des magasins du roi, suivant les calculs que nous en avons faits en la présence de M. de La Jemeraye, ne monteraient tout au plus qu à trente mille livres. Nous avons l’honneur de vous apprendre que par le traité nous ne pouvons les obliger d aller plus loin que le lac Winnipeg, que nous ne croyions pas si éloigné. » Le ministre répondit qu’il n’était pas convenable que le roi entrât dans cette dépense, et que ceux qui étaient dans l’affaire devaient pouvoir la continuer avec les profits des pelleteries qu’ils se trouvaient à portée de traiter. En 1733, même refus. La Vérendrye devait abandonner son entreprise de découvertes ou la poursuivre seul à ses risques et périls avec l’appui moral du gouverneur et de l'intendant, que la criminelle incurie du ministre réduisait eux-mêmes à l’impuissance.
L’hiver se passa encore en préparatifs, et le 18 juin La Vérendrye, ayant pris les mesures nécessaires pour achever son œuvre, retourna au lac des Bois; il débarquait le 2 septembre au fort Saint-Charles. Après avoir mis tout en bon ordre dans ce poste où, à la sollicitation des sauvages des environs, il laissa un de ses enfants, La Vérendrye en partit avec six canots bien équipés et atteignit le fort Maurepas pour remonter, à quinze lieues de là, la rivière des Assiniboines sur un espace de soixante lieues. Arrêté par la baisse des eaux, il fit bâtir à cet endroit le fort de la Reine. C’était, comme toujours, une enceinte de pieux renfermant à l’intérieur des cabanes en troncs d’arbres, installation des plus sommaires, mais suffisante pour abriter les marchandises d’échange destinées à la traite et pour mettre les deux ou trois gardiens laissés dans ces postes à l’abri d’un coup de main comme celui dont avaient été victimes le fils aîné de La Vérendrye et ses compagnons. Une douzaine d'engagés étant venus rejoindre l’explorateur, il choisit vingt hommes pour traverser les prairies et se rendre chez les Mandanes, tribu séjournant sur le haut Missouri, d’où il espérait gagner les bords de l’océan Pacifique. Ennemis des Sioux, les Mandanes occupaient neuf villages et comptaient plusieurs milliers de guerriers; leurs mœurs hospitalières, leur courage et leur caractère belliqueux en faisaient des alliés précieux pour les Français.
Au milieu des plaines interminables à travers lesquelles il s’avançait avec ses hommes et quatre Peaux-Rouges qu’il avait pris pour guides, La Vérendrye trouva une bourgade d’Assiniboines, composée de cent deux cabanes, dont les habitants
offrirent de l’accompagner; mais le jour même de son entrée dans ce village un sauvage, profitant de la négligence des engagés, lui volait un sac renfermant les présents destinés aux chefs mandanes et prenait la fuite sans pouvoir être rejoint au milieu des prairies. On arriva enfin chez les Mandanes, « après avoir, dit La Ver en dry e dans sa relation au gouverneur, essuyé bien des misères ». Quelle somme de souffrances et de fatigues représentent ces quelques mots sous la plume d'un voyageur aussi énergique! Mais ses épreuves n’étaient pas finies. A peine arrivés, les Assiniboines décampèrent, et l’interprète que La Vérendrye s’était assuré, « après qu’il l’eut bien payé », s’enfuit avec eux. Impossible dès lors de s’entendre avec les Mandanes et d’en obtenir les renseignements nécessaires pour continuer à travers ces contrées inconnues le voyage jusqu’à la mer, dont rien ne faisait soupçonner le voisinage. Ses provisions épuisées, La Vérendrye prit le parti de retourner à son fort, laissant seulement deux Français chez ses hôtes pour apprendre leur langue et lui servir plus tard d’interprètes. Il se mit en route, quoique très malade, dans l’espérance de mieux se porter en chemin, mais on était dans la saison la plus rude de l’année, et c’est à demi mort qu’il rejoignit le lac des Bois où il arriva le 11 février 1739, « avec toute la misère possible. On ne peut, dit-il, souffrir davantage; il n’y a que la mort qui puisse nous délivrer de pareilles peines! » Pour l'achever, les marchandises de traite sur lesquelles il comptait ne lui parvenaient pas, et ses hommes, descendus au Grand Portage pour y recevoir les effets que ses associés devaient lui expédier de la colonie, l’estaient dix-huit jours à attendre dans ces parages déserts des provisions qui n’arrivèrent pas. « Ils jeûnèrent pendant ce temps-là malgré eux », écrit philosophiquement leur chef, accoutumé, lui aussi, à ces longues privations. Leur seule nourriture, à défaut de gibier, était la tripe de roche, herbe sauvage et spongieuse croissant Aur les rochers, dont l’usage occasionnait souvent de violentes douleurs d’entrailles, des vomissements et des crachements de sang. Pressés par la faim et trop affaiblis pour retourner au lac des Bois, ils se décidèrent à descendre à Michillimakinac, où ils apprirent qu’un ordre de justice prescrivait la saisie d'une somme de quatre mille livres sur La Vérendrye, à la requête de ses fournisseurs de Montréal. Ces derniers, contrairement à leurs promesses, n’avaient rien envoyé pour ravitailler les postes de traite. Dans l’embarras où se trouvèrent les engagés, ils s’adressèrent au commandant du fort et lui représentèrent les risques que couraient leurs camarades au fond des forêts du nord-ouest s’ils n’étaient pas secourus. Celui-ci leur fournit, à des prix exorbitants, quelques marchandises avec lesquelles ils s’embarquèrent. Le 20 octobre, ils arrivaient au fort Saint-Charles. L’hivernage achevé, La Vérendrye se trouva encore une fois sans vivres et dépourvu d’objets d’échange; encore une fois, il reprit, infatigable, le long trajet de Montréal pour exposer au gouverneur la triste situation dans laquelle il se débattait, prendre de-s arrangements avec ses créanciers et dissiper les indignes calomnies dont il était l’objet de la part de misérables envieux. On l’accusait méchamment de ne penser, au milieu de cette dure existence et de ces périls journaliers auxquels avaient déjà succombé deux des siens les plus chers, qu'à amasser de gros biens! Aussi répondait-il plaisamment à ces vils délateurs: « Si plus de quarante mille livres de dettes que j’ai sur le corps sont un avantage, je puis me flatter d’être fort riche ! »
SAUVAGES DES MONTAGNES li O G II E U S E S .
Dessin de Riou.
Le gouverneur écrivait de son côté au ministre à ce sujet : « Cet officier ma paru dans la dernière des mortifications de ce que Ton ait essayé de donner à la pureté de ses sentiments pour parvenir à cette découverte un caractère opposé au but qu'il avait. — L’idée qu’on s’est faite des biens qu’il avait ramassés dans ces endroits tombe d'elle-même par l’indigence où il est, pouvant vous assurer, Monseigneur, sans aucune complaisance ni prédilection pour lui, que douze années qu’il a passées dans ces postes ne lui produisent pas environ quatre mille livres, qui est tout ce qu’il a, et qui pourront peut-être lui rester après qu’il aura payé les dettes qu’il a contractées pour cette entreprise. »
Ses affaires arrangées, La Vérendrye reprit la route du Grand-Ouest; le 16 septembre 1741, il débarquait au fort Saint-Charles; le 13 octobre, il était au fort de la Reine. Il y trouvait l’aîné de ses fils qui revenait de la tribu des Mandanes, dans laquelle il n’avait pu se procurer un guide pour le conduire à l’Océan, mais dont les chefs lui avaient remis une couverture de coton « de la façon des blancs qui sont à la mer ». Cette couverture fut envoyée à M. de Beauharnois avec les renseignements obtenus par le fils de La Vérendrye pendant son voyage.
Après Rétablissement du fort Dauphin au lac des Prairies et du fort Bourbon dans le fond du lac Winnipeg, La Vérendrye fit partir le 29 avril 1642 deux de ses fils pour le haut Missouri; ils étaient « bien équipés de ce qui pouvait être nécessaire pour suivre leur découverte de la mer de l'Ouest ». Le 27 octobre 1744, le marquis de Beauharnois envoyait au ministre le journal de ce voyage, rédigé par un des frères, le chevalier de La Vérendrye, et y joignait une lettre qu'il terminait en ces termes : « Je ne connais aucun endroit par lequel le sieur de La Vérendrye ait pu mériter la mortification qu'il a eue de n’être point avancé, et j'oserais même ne l’attribuer qu’à l’oubli que vous avez fait, Monseigneur, de la proposition que j’ai eu l'honneur de vous faire de cet officier comme le plus ancien des lieutenants et le sujet qui me paraissait le plus digne des grâces du roi. En effet, six années de service en France, trente-deux en cette colonie, sans reproches, du moins je n’en sache aucun à lui faire, et neuf blessures sur le corps, étaient des motifs qui ne m’ont pu faire balancer à vous le proposer pour remplir une des compagnies vacantes, et si j’ai eu lieu de me flatter, Monseigneur, que vous étiez persuadé que je n’admettais sur mes listes que les officiers capables de servir et qui méritaient vos bontés, c’était particulièrement dans l’attention que vous auriez bien voulu faire en faveur du sieur de La Vérendrye. »
On ne pouvait formuler à l’égard de cet officier, si brave et si désintéressé, un éloge plus délicat et plus mérité. Malgré cette recommandation si chaude de M. de Beauharnois, il lui fallut cependant attendre encore deux ans son grade de capitaine, et deux autres années la croix de Saint-Louis.
Revenons maintenant au voyage vers la mer de l’Ouest. Le chevalier de La Vérendrye et son frère, accompagnés de deux coureurs des bois, avaient quitté le 9 avril 1742 le fort de la Reine pour se rendre chez les Mandanes. Après avoir séjourné deux mois au milieu de cette tribu en attendant vainement l’arrivée d’autres sauvages, les Gens des Chevaux, dont les territoires de chasse s’étendaient, disaient leurs hôtes, du côté de la mer, les deux explorateurs, voyant la saison s’avancer, cherchèrent des guides pour aller rejoindre cette peuplade. Deux Mandanes s’offrirent à les accompagner, et la petite troupe marcha vingt jours vers
LA DANSE DU BISON CHEZ Ll.S MANDA. \ ES. Dessin de A. de Neuville, d’après l'album de M. Catlin.
le sud-ouest, ne trouvant sur sa route que des plaines désertes et des bêtes sauvages. Parvenus le 11 août à un pic isolé qu'ils appelaient la montagne des Gens des Chevaux, les deux Mandanes refusèrent de passer outre. On construisit alors un abri en bois pour y attendre les indigènes qu’on pourrait découvrir aux alentours. Les deux frères étant bien résolus à se confier aux premières nations qui se présenteraient, des feux furent allumés comme signaux. Le 10 septembre, il ne restait qu'un Mandane; l'autre avait repris le chemin de sa bourgade. Le 14, une fumée fut aperçue au sud-ouest. C’était la tribu des Beaux Hommes, chez lesquels les La Vérendrye séjournèrent avec leurs engagés pendant une vingtaine de jours. Le second guide, craignant cette nation ennemie des siens, avait à son tour abandonné les Français, laissés ainsi seuls à des centaines de lieues de leurs postes. Quelques présents parurent satisfaire les chefs qui fournirent une escorte pour aller d’abord à un village des Petits Renards, où les voyageurs furent bien accueillis, et ensuite, après plusieurs journées de marche, à une bourgade des Gens des Chevaux. Ces derniers étaient dans une grande désolation : ce n’étaient que pleurs et hurlements; tous leurs villages avaient été détruits par les Gens du Serpent et très peu des leurs avaient échappé au massacre. « Cette nation du Serpent, dit le chevalier de La Vérendrye dans son mémoire, passe pour très brave. Ils ne se contentent pas d’une campagne, selon la manière de tous les sauvages; ils continuent la guerre depuis le printemps jusqu’à l'automne; ils sont très nombreux et malheur à ceux qui se trouvent sur leur route! On nous dit que, l’année précédente, ils avaient entièrement défait dix-sept villages, tué tous les hommes et les femmes âgées, fait esclaves les jeunes femmes et les avaient trafiquées à la mer pour des chevaux et quelques marchandises. »
Les Gens des Chevaux conduisirent les explorateurs chez une autre peuplade, les Gens de l’Arc, les seuls des habitants de ces contrées qui, par leur bravoure, ne craignaient point les Gens du Serpent. Leur chef fit aux Français le meilleur : accueil et ordonna de mettre dans sa loge, qui était très grande, tous leurs équipages. Le chevalier de La Vérendrye l’interrogeant sur les blancs qui habitaient les bords de la mer, il lui fit cette réponse : « Nous les connaissons par ce que nous ont dit des prisonniers de ces Gens du Serpent, que nous devons joindre dans peu. Ne soyez pas surpris si vous voyez assemblés avec nous tant de villages; les paroles sont envoyées de tous cotés pour nous secourir. Vous entendez tous les jours chanter la guerre; nous allons marcher du côté des grandes montagnes qui sont proches de la mer pour y chercher les Gens du Serpent. N’appréhendez point d’y venir avec nous, vous n’avez rien à craindre, vous y pourrez voir cette mer que vous cherchez. »
Toute la troupe se mit en route vers l’ouest, s’augmentant à chaque bourgade qu’elle rencontrait, et le 1er janvier 17 43 elle se trouvait en vue des montagnes Rocheuses, que, les premiers des Européens, les La Vérendrye contemplaient, avec l’espérance de toucher enfin au but poursuivi depuis tant d’années. Par contre, ils avaient la crainte, inspirée par certains renseignements des sauvages, de rencontrera la mer les Espagnols, dont un parti, venu à la découverte du Missouri, avait été massacré dans les environs. Le nombre des combattants dépassait deux mille. « Avec leurs familles, cela faisait une troupe considérable, marchant toujours par des prairies magnifiques, où les bêtes se trouvaient en abondance. Toutes les nuits