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CHAPITRE XVI

RÉVOLTE DES MÉTIS - SITUATION ACTUELLE

e 1er juillet 1867, la nouvelle Puissance du Canada était inaugurée au milieu

des réjouissances publiques. Lord Monk, successeur de sir Edmund Head, prêtait serment à Ottawa comme lieutenant général gouverneur et choisissait pour ministres les deux hommes qui avaient le plus activement contribué au vote de là constitution, MM. Mac Donald, du Haut-Canada, et Cartier, du Bas-Canada, chefs du parti conservateur dans les deux provinces. C’est sous ce ministère qu’une question des plus graves, celle des Métis, vint agiter l'opinion publique et donner aux Anglais de la province d’Ontario, affiliés aux sociétés secrètes désignées sous le nom de Loges orangistes, une nouvelle occasion de manifester leur haine constante pour la race française, en poursuivant avec une énergie farouche l’exécution d'un malheureux dont le grand crime était à leurs yeux d’appartenir à cette nationalité qu’ils abhorraient. « Jamais question politique, — constate un écrivain canadien qui a publié sur les événements de 1870 et de 1885 un ouvrage des plus intéressants, — n’a, depuis l’établissement de la confédération, agité plus vivement l'opinion publique en ce pays, que celle se rattachant aux réclamations des Métis du Nord-Ouest, ainsi qu’aux deux insurrections qu’elles provoquèrent en 1869-70 et en 1885. Le caractère de justice dont elles étaient revêtues, le principe sacré de droit naturel qu’elles défendaient, les prérogatives imprescriptibles qu’elles invoquaient et que les autorités fédérales foulèrent audacieusement à leurs pieds, devaient nécessairement leur attirer les sympathies des minorités, qui ne purent s’empêcher de voir, dans cet envahissement brutal et calculé, un danger réel et permanent pour toutes les libertés qui leur étaient chères. Aussi éclatèrent-elles de toutes parts, vives, chaudes et ardentes. La province de Québec, comme c’était son droit et son devoir, se mit en tête du mouvement, et l’on vit pendant un certain temps, comme aux beaux jours des glorieuses luttes politiques du passé, régner l’union parmi les descendants de la grande famille française et catholique.

D’un autre côté, la majorité anglaise et protestante du Canada, hostile par tradition à la nationalité française, ennemie par principe de la croyance catholique que professait la nation métisse presque tout entière, fit taire la voix de la conscience et de la justice pour n’écouter que celle des préjugés de race et du fanatisme religieux. Elle ne vit dans ce soulèvement d’un petit peuple aux abois qu’une protestation insolente et criminelle, à laquelle le canon et l’échafaud devaient seuls répondre pour disperser au loin et anéantir, s’il le fallait, les rejetons d'une nation qui, par son origine et sa foi, faisait tache sur ces beaux territoires de Nord-Ouest. » (Ouimet.)

En 1669, dès les débuts de la lutte entre l’Angleterre et la France sur le territoire de l'Amérique du Nord, une compagnie avait été fondée à Londres pour la recherche et le commerce des fourrures; elle prit le nom de Compagnie de la baie d’Hudson, et c’est à cette baie que furent d’abord limitées ses opérations. Le jour où le Canada devint possession anglaise, elle envoya ses agents vers l’intérieur, chez ces peuplades cris et assiniboines, avec lesquelles les découvertes des La Vérendrye avaient mis notre colonie en relations. Mais une société concurrente, dite Compagnie du Nord-Ouest, se créa bientôt à Montréal dans le but de faire le même commerce de pelleteries avec les tribus des plaines à l’ouest des grands lacs. Les deux compagnies, rivales dans leurs intérêts, l’étaient aussi au point de vue de leur personnel; la première, dont le siège était en Angleterre, y recrutait ainsi qu’en Écosse la plupart de ses gens; la Compagnie du Nord-Ouest, au contraire, installée à Montréal, engageait ses voyageurs parmi les Canadiens français intrépides, endurcis aux fatigues et habitués à la vie errante des sauvages.

L’antagonisme était si accentué que pour tous, au Canada, les employés de la Compagnie de la haie d’Hudson étaient « les Anglais », ceux de la Compagnie du Nord-Ouest, « les Français ». Chacune des deux sociétés rivales occupait plus de trois mille hommes, en qualité de commis dans les postes de traite, guides, interprètes et voyageurs. Nos Canadiens français n'avaient pas de rivaux pour conduire les canots d’écorcè servant au transport des marchandises jusqu’aux lieux de traite distants de centaines de lieues de Montréalais étaient les plus joyeux compagnons du monde, toujours chantant, buvant de temps à autre, pour surmonter les fatigues de la route, quelques bonnes rasades d’eau-de-vie, et prenant plaisir dans le trajet à taire subir à ceux de leurs camarades, qui n’étaient pas encore accoutumés à la sagamité de blé d’Inde ou au pemmican de bison et qu’ils appelaient ironiquement « mangeurs de lard », des épreuves rappelant quelque peu le passage de la ligne pour les matelots. « A certains endroits où la profondeur des eaux permettait ces ébats, ils imposaient un tribut à ces voyageurs novices, et, au cas de refus, ils les plongeaient sans pitié dans la rivière, ce qu’ils appelaient les baptiser. » (J. Tassé.) El les échos répétaient au loin leurs refrains favoris :

Quand un chrétien se détermine A voyager,

Faut bien penser qu’il se destine A des dangers.

Mille fois à ses yeux la mort,

Par son image,

Lui fait regretter son sort Dans le voyage.

TRAPPEUR CANADIEN Dessin de Delort.

ou les couplets gracieux de la chanson des voyageurs : « A la claire fontaine1 ». Mais ces Français si gais et si amoureux des aventures, vivant avec les sauvages, se créant des familles dans leurs tribus, avaient conservé au cœur une profonde aversion pour la race qui avait pris leur pays et dans les territoires du Nord-Ouest, où les agents des deux Compagnies opéraient, des rencontres parfois se produisaient, sanglantes et entraînant mort d’hommes. Le 19 juin 1816, notamment, au combat des Sept Chênes, le gouverneur Semple, de la Compagnie de la baie d'IIudson, fut tué avec une dizaine de ses engagés par une troupe de Métis ou Bois-Brûlés français de la Compagnie du Nord-Ouest. Un des acteurs de ce drame, Pierre Falcon,le chansonnier populaire des Métis français, composa le soir même sur le combat auquel il avait assisté, des couplets pleins d'une verve naïve qui ; eurent bientôt une grande vogue parmi les coureurs des bois et sous les chaumes de la rivière Rouge, où ils sont encore chantés par les descendants de ces intrépides aventuriers :

Voulez-vous écouter chanter Une chanson de vérité?

Le dix-neuf juin, la bande des Bois-Brûlés Sont arrivés comme de braves guerriers.

En arrivant à la grenouillère,

Nous avons fait Lrois prisonniers,

Trois prisonniers des Orcanis,

Oui sont ici pour piller notre pays.

Étant sur le point de débarquer,

Deux de nos gens se sont écriés,

Deux de nos gens se sont écriés :

Voilà l'Anglais qui vient nous attaquer.

Tout aussitôt nous avons déviré,

Nous avons été les rencontrer.

J’avons cerné la bande des grenadiers.

Ils sont immobiles, ils sont démontés!

J’avons agi comme des gens d’honneur.

J’avons envoyé un ambassadeur :

•< Le gouverneur, voulez-vous arrêter Un petit moment, nous voulons vous parler ? »

Le gouverneur qui est enragé 11 dit à ses soldats : « Tirez! »

Le premier coup c’est l’Anglais qu’a tiré.

L’ambassadeur ils ont manqué tuer.

Le gouverneur qui se croit empereur Il veut agir avec rigueur;

Le gouverneur qui se croit empereur A son malheur, agit trop de rigueur.

Ayant vu passer tous ces Bois-Brûlés,

11 a parti pour les épouvanter;

Étant parti pour les épouvanter,

Il s’est trompé, il s’est bien fait tuer.

Il s’est bien fait tuer Quantité de ses grenadiers;

J’avons tué presque toute son armée,

Quatre ou cinq se sont sauvés.

1. Le texte de cette chanson est reproduit dans le tome 11 de l'Histoire de la colonisation française de 1 auteur, chap. xxii, Littérature canadienne.

RÉVOLTE DES MÉTIS. — SITUATION ACTUELLE

Si vous aviez vu tous ces Anglais,

Tous ces Bois-Brùlés après,

De butte en butte les Anglais culbutaient,

Les Bois-Brùlés jetaient des cris de jouaie.

Qui en a composé la chanson?

C’est Pierre Falcon, le bon garçon.

Elle a été faite, et composée Sur la victoire que nous avons gagnée.

Cet étal d’antagonisme et de lutte ouverte cessa en 1821 par la fusion des deux sociétés rivales, et dès lors la Compagnie de la baie d’Hudson put exploiter sans concurrence tout le Nord-Ouest sur lequel elle prétendait avoir droit de souveraineté. Elle devenait ainsi la plus puissante des associations commerciales; mais de son domaine, comprenant près du quart du continent nord-américain, de la baie d’Hudson jusqu’au Pacifique, elle s’efforça toujours d’écarter la colonisation, le réservant strictement pour la chasse des animaux à fourrure. Elle interdisait à ses agents de révéler la fertilité des plaines s’étendant de la rivière Roug aux montagnes Rocheuses, en même temps qu’elle apportait une âpreté farouche à la recherche et à la conservation pour son commerce de ces fourrures qui faisaient sa fortune. Il n'était permis dans ses domaines d’acheter et de vendre des pelleteries qu’à ses agents qui seuls fixaient le prix des peaux. Les sauvages qui en livraient aux Métis étaient emprisonnés; la Compagnie leur refusait les vivres et les munitions sans lesquels ils étaient exposés à périr; elle leur interdisait, ainsi qu’à son personnel, l'usage de ces fourrures si nécessaires cependant pour se garantir du froid dans ces régions glacées. « Quelqu’un osait-il porter sur la tête un morceau de peau quelconque, il attentait aux droits de cette puissante association; le réfractaire était aussitôt désigné aux autorités, et si un agent le rencontrait par hasard, il le décoiffait en plein chemin sans autre formalité. De plus, les Métis étaient obligés d’acheter tous leurs effets à la Compagnie ; ceux que l’on soupçonnait de faire le commerce de fourrures payaient plus cher que les autres. La Compagnie alla jusqu’à décréter en 1844 que les lettres des colons, destinées à l’étranger, devaient être déposées non cachetées dans ses bureaux. » (J. Tassé.)

Les nombreux coureurs des bois employés par la Société, établis au milieu des tribus sauvages, y avaient contracté des mariages, et leurs descendants avaient peu à peu formé toute une population métisse, partie d’origine française, partie d’origine écossaise ou anglaise, qui s'était établie aux abords de la rivière Rouge et avait imposé dès 1850, par son attitude énergique, la liberté du commerce à la puissante Compagnie de la baie d’Hudson. En 1869, cette colonie métisse comptait onze mille habitants de sang mêlé, la plupart de souche française. Ils vivaient du produit de leurs chasses et de la culture du sol sur lequel ils avaient construit leurs rustiques habitations.

Lorsque l’Union fédérale fut créée, une clause lui réserva l’adjonction de nouvelles provinces, et le gouvernement canadien se fi t autoriser par la métropole à acheter tous les territoires du Nord-Ouest à la Compagnie de la baie d’Hudson.

« Il fut constaté alors par l’agent même de la Puissance, chargé officiellement de la renseigner sur la valeur et l’étendue des régions à acquérir en même temps que de vérifier les titres de la Société, que cette Compagnie n’avait aucun droit de propriété, par sa charte, sur ces contrées, dont la plus grande partie appartenait

aux sauvages qui les habitaient à titre de propriétaires depuis un temps immémorial, et que lout ce qu’ils avaient cédé par des traités à la Compagnie n’était qu’un privilège de chasse et de pêche sur ces terres et rivières. » (Ouimet.)

Les sauvages et les Métis, leurs descendants, avaient donc des droits indiscutables et imprescriptibles à la possession de ces territoires. Sans en tenir compte, le gouvernement canadien traitait en 1869 avec la Compagnie de la baie d’Hudson, et celle-ci lui cédait les contrées qu'elle prétendait lui appartenir pour la somme de sept millions cinq cent mille francs, se réservant tous ses forts et postes de commerce, ainsi qu’une étendue considérable de terrain dans leurs environs. Elle ajoutait en outre au traité une clause qui de sa part était une véritable reconnaissance des droits des propriétaires du sol, car elle disait « que le titre des sauvages serait éteint et réglé par l’acheteur ». Les territoires du Nord-Ouest acquis de la Compagnie, la Puissance fédérale y créa une nouvelle province, celle du Manitoba, et des territoires destinés à devenir provinces à leur tour lorsque le chiffre de la population leur donnerait droit à une représentation dans le Parlement d’Ottawa. Les limites de la province du Manitoba furent tracées dans les bureaux de l’administration fédérale, la constitution décrétée et le personnel chargé de la mettre à exécution désigné avant que les habitants du pays, Métis français, écossais et anglais, qui n’avaient été ni consultés ni pressentis, eussent même connaissance du sort qu’on leur préparait.

A la nouvelle qu’on avait disposé d'eux ainsi que d’un vil bétail, cés libres habitants des prairies furent indignés et lorsqu’en octobre 1869 le nouveau gouverneur, Guillaume Mac Dougall, dont l'hostilité à l’égard des Français était bien connue, arriva, pour prendre possession du pays, sur les bords de la rivière Sale, à quatre-vingts kilomètres de la frontière américaine, il se trouva en présence d’une troupe de quatre cents Métis armés qui lui intimèrent l’ordre de rebrousser chemin. Comme il demandait au nom de qui cet ordre était donné, il lui fut répondu : « Au nom du gouvernement provisoire ». Les Métis, en effet, informés qu’un Anglais, d’une malveillance notoire, venait chez eux prendre la direction des affaires et mettre à exécution le traité d’achat de leur pays, s’étaient réunis et avaient constitué un gouvernement qui arbora le drapeau blanc aux fleurs de lis avec la harpe d’Irlande et interdit l’entrée de son territoire à l’intrus Mac Dougall. Celui-ci, venu péniblement par la voie de Chicago et des lacs, dut rester tout l’hiver à la frontière, dans une baraque en bois qu’il y fit élever pour se mettre à l’abri du froid, et s’en retourner ensuite à Ottawa. On l’appela dérisoirement Guillaume le Morfondu.

L’âme delà résistance des populations sur les bords de la rivière Rouge était un Métis français, Louis Riel, dont le père avait déjà dirigé en 1850 le mouvement contre la Compagnie de la baie d Hudson et obtenu d’elle la liberté du commerce et la reconnaissance du droit des Métis à la propriété des terres qu’ils cultivaient. Son fds, d’une intelligence précoce, fut remarqué par l’évêque missionnaire de Saint-Boniface, Mgr Taché, qui le fit entrer au séminaire de Montréal, où il termina ses études. 11 revint au Manitoba au moment où ses concitoyens, menacés de dépossession par les arpenteurs envoyé d’Ottawa, commençaient à s’organiser pour résister à ces envahisseurs. Doué d’une certaine éloquence et d’une grande, énergie, Louis Riel prit bientôt sur ses compatriotes une influence considérable et se trouva

Dessin do Dupuy, d’après une photographie.

tout désigné pour faire partie du gouvernement provisoire dont il fut ensuite le chef en remplacement du Métis écossais John Bruce, qui résilia ses fonctions. Il occupa d’abord le fort Garry, qui devint le siège du gouvernement, et publia une « Déclaration de droits » dans laquelle, revendiquant pour les habitants de la rivière Rouge la propriété de leurs terres, il refusait de reconnaître l’autorité de la Puissance du Canada « qui prétendait injustement commander aux Métis et leur imposer une forme de gouvernement despotique ». Les colons anglais, déjà nombreux dans ce territoire, essayèrent de renverser le pouvoir qui venait de se constituer, mais leur tentative aboutit à une échauffourée qui se termina par la prise de leur chef, le Dr Schultz, et l’arrestation de ses partisans.

Au Canada, la nouvelle de ces divers incidents produisit une vive émotion, et Mac Dougall fut blâmé par le ministère qui nomma des commissaires pour entrer en négociations avec le nouveau gouvernement dont Riel était le chef reconnu. Au fort Garry, d’autre part, les habitants du pays, réunis en assemblée plénière, députèrent trois d’entre eux pour présenter à Ottawa leurs revendications et demander, comme le promettaient les représentants du Canada, que tous leurs droits fussent respectés.

Les négociations suivaient leur cours et paraissaient devoir aboutir à l'admission des justes revendications des Métis, lorsque Schultz, évadé de la prison où il était détenu, tenta par un second coup de main de chasser le gouvernement auquel l’assemblée populaire venait de donner une nouvelle adhésion. Réunissant, à quelques kilomètres du fort Garry, six cents Anglais et deux cents sauvages, il les incita à engager contre les Français une guerre à outrance, et marcha sur le fort. Son avant-garde, rencontrée par une trentaine de cavaliers métis et attaquée vigoureusement, fut dispersée; le reste se débanda. Schultz s'enfuit comme les autres et réussit à passer aux Etats-Unis.

Parmi les prisonniers amenés au fort se trouvait un nommé Thomas Scott, arpenteur, originaire de la province d’Ontario. C’était un individu mal famé, d’un caractère violent, déjà connu par le meurtre d’un Métis français. Forçant un jour les portes de sa prison, il frappa les hommes de garde. Menacé d’être déféré h un conseil de guerre, il réussit de nouveau à sortir et se livra à des voies de fait sur ses gardiens. Traduit alors devant une cour martiale composée de sept chefs métis, il lut condamné à mort et fusillé. Riel ne faisait pas partie de ce tribunal militaire; mais dans la province d’Ontario, où cette exécution produisit une véritable explosion de fureur, sa tête fut mise à prix ainsi que celle de ses prétendus complices.

Pendant ce temps, le gouvernement d Ottawa, inquiet de la tournure que prenaient les événements, avait invité Mgr Taché, dont il connaissait l'influence sur les Métis, à revenir de Rome, où il assistait à un concile, et l’avait chargé de faire savoir aux habitants des bords de la rivière Rouge que leurs conditions étaient acceptées, que leur district était érigé en province sous le nom de Manitoba, qu’un gouveineui , des ministres responsables et deux Chambres y assureraient le régime parlementaire, et que les langues française et anglaise seraient de droit employées dans les Chambres et les tribunaux. Quant à l’amnistie, elle était accordée à tous, à 1 exception de Riel qui restait exilé pour cinq ans. Grâce à l'intervention de 1 évoque de Saint-Boniface et à ses sages conseils, le colonel Wolseley, chargé de rétablir 1 ordre dans cette région, put arriver sans lutte au fort Garry et la nou-

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