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SITUATION ACTUELLE

tiop ciuel, et que Railleurs on s exposerait ainsi à tirer sur des amis canadiens. « Nous ft^ons dù alors, déclare son lieutenant, renoncer au projet d’aller rencontrer les ennemis sur un terrain avantageux pour nous, et, j’en suis sûr, nous les aurions tellement abrutis qu’au bout de trois nuits ils se seraient entre-tués les uns les autres. J ai cédé au conseil de Riel ; j’avais confiance dans sa foi et dans ses prières. » Les troupes de Middleton approchant sans rencontrer de résistance, Dumont fit remarquer à Riel « qu il leur donnait décidément trop d’avantages » et qu’il fallait les attaquer pour retarder leur marche et permettre aux Assiniboines et aux Cris d’arriver à leur secours. Riel résistant encore, Dumont lui signifia « qu'il ne pouvait plus suivre ses conseils humanitaires, qu’il était décidé à aller tirer sur les envahisseurs, et que tel était également l'avis de ses gens » . Riel répondit alors : « Eh bien! faites comme vous voudrez 1 » Dumont part avec deux cents hommes , se trouve le lendemain en présence de l’avant-garde ennemie, qu’une fusillade meurtrière tient en échec toute la journée et que le feu, mis aux herbes de la prairie, finit par obliger à prendre la fuite. Les Métis, blottis dans des trous qu’ils avaient creusés dans le sol, avaient pendant tout le combat tiré à peu près à couvert et avec leur adresse habituelle sur les soldats auxquels ils donnaient le change en plaçant des chapeaux ou des

couvertures au bout de bâtons. L’artillerie ne les avait pas ébranlés et leurs pertes ne s'élevèrent qu'à onze tués et dix-huit blessés, pendant que Middleton voyait tomber plus de cinquante de ses soldats. « J’avais espoir — écrit Dumont dans son récit des événements — d’avoir du secours de Eatoche; mais Riel ne voulait pas laisser partir les hommes; il rassurait la population, lui disant que nous n'aurions pas grand mal. » Et il ajoute naïvement : « J’attribue notre succès aux prières de notre chef qui, pendant tout le temps de l’engagement, se tenait les bras en croix et faisait prier les femmes et les enfants. »

Après avoir longtemps attendu des renforts sans être inquiété, Middleton reprit sa marche sur Batoche, dont les Métis couvraient les approches. Pendant trois jours, toutes ses attaques vinrent se briser sur les positions occupées par Dumont et ses compagnons, que l’épuisement et le défaut de munitions obligèrent enfin à la retraite. Pendant trois jours, ils avaient résisté à des forces dix fois supérieures;

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