‹ La Nouvelle-France [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 73 · LE D · texte numérisé non relu

LE D

LE

SRE A

CES Co ns

- En D ae .

Les vivres et les munitions manquaient, il fallait aviser sans retard à s’en procurer si l’on ne voulait pas voir les cinquante Français réunis dans ce pays perdu mourir de faim les uns après les autres. Le père Auneau s’offrit pour descendre à Michillimakinac avec le fils aîné de La Vérendrye et vingt hommes dans trois canots. Le 8 juin, la petite troupe s’embarquait ; à sept lieues du fort, dans une île du lac des Bois, elle était surprise au campement et massacrée par une bande de pillards sioux. Quelques jours après, cinq coureurs des bois trouvèrent les cadavres mutilés : les têtes de ces malheureux, dépouillées de leurs chevelures, étaient posées sur des peaux de castor ; le missionnaire, une flèche dans le crâne et le corps éventré, était agenouillé la main gauche contre terre et la droite levée vers le ciel; le fils de La Vérendrye, étendu sur le ventre, avait le dos percé de coups de couteau et un pieu enfoncé dans les reins ; sa tête coupée et le corps avaient été ornés par dérision de jarretières et de bracelets de porc-épic. (Rapport du voyageur Bourassa.)

Le contre-coup de cet affreux massacre se fit durement sentir dans les autres postes de l'Ouest, et amena l'évacuation du fort établi au delà des lacs, sur le haut Mississipi, à une cinquantaine de lieues de la rivière

* Wisconsin. Le commandement en avait été confié au

sieur Legardeur de Saint-Pierre, officier d’une rare énergie, qui avait passé une partie de sa vie dans les postes d’en haut. Partout son sang-froid et son audace à toute épreuve en avaient imposé aux indigènes, avec lesquels il eut souvent maille à partir.

Informé par des sauvages saulteux du meurtre du fils de La Vérendrye et des Français qui l’accompagnaient, il vit venir quelque temps après à son fort un chefsioux avec trois guerriers qui demandèrent à échanger des peaux contre des marchandises. Ce chef avait un cachet d'argent pendu à son oreille. C'était sans aucun doute un produit du pillage de lztroupe massacrée. « Le sieur

Page 1