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7 malades et de blessés, et ils n’espéraient leur salut que: Je de la flotte dont on leur faisait entrevoir la prochaine e je | arrivée.
our Chaque jour, dès les premières lueurs de l'aube, en- assiégeants et assiégés regardaient avec anxiété dans ers. la direction du fleuve. Le 9 mai, ils voyaient poindre nce à l’horizon une voile qui remontait le Saint-Laurent. s se Une véritable angoisse étreignit tous Les cœurs. eur Bientôt, on distingua le gréement du navire; c'était une frégate.
par « Nous restämes quelque temps en suspens, — dit ar a- le capitaine Knox, de l’armée assiégée, — n'ayant pas pnir assez d’yeux pour la regarder ; mais nous fûmes bien ibre tôt convaincus qu'elle était anglaise. On ne peutexpriles. mer l’allégresse qui transporta la garnison. Officiers rtil- et soldats montèrent sur les remparts faisant face aux rent Français et poussèrent pendant plus d’une heure des )Jou- hourras continuels en élevant leurs chapeaux en l'air. Up. La ville, le camp ennemi, le port, les campagnes voiire. sines à plusieurs lieues de distance retentirent denos enir cris et du roulement de nos canons, car le soldat, dans. t ln | le délire de sa joie, ne se lassail point de tirer. Enfin, Sul- il est impossible de se faire une idée de notre alléit à gresse si l’on n’a pas souffert les extrémités d’unsiège et si l’on ne s’est pas vu, avec de braves compagnons d'armes, exposé à une mort cruelle. »
res, La joie délirante dont témoigne l’auteur de ce pasart. sage démontre combien avaient été grandes les craine et tes des assiégés.
ais Chez les Français, si la déception fut profonde, de ils n’en laissèrent rien paraître et continuèrent avec ur, plus de vigueur leur feu contre les fortifications, Mais e le le 15 mai, deux autres navires anglais mouillaient ont devant Québec et débarquaient les renforts qu'ils amenaient à là garnison.
an- Lévis, désespéré, craignant d'être coupé dans sa uer retraite, prit le parti de lever le siège et de se retirer
encore une fois derrière la rivière Jacques-Cartier. Il
donna l’ordre aux bâtiments portant les vivres de remonter le fleuve et aux deux frégates de suivre les embarcations, Puis, à la nuit, il fit jeter l'artillerie, qu'il ne pouvait emporter, en bas de la falaise près de l’anse au Foulon, distribuer aux troupes les approvisionnements qui restaient et commencer la retraite qu'il effectua sans être inquiété.
Quant aux bâtiments et aux frégates, à peine appaveillaient-ils qu'ils étaient poursuivis par plusieurs raisseaux anglais et obligés de s’échouer pour éviter de tomber aux mains Ce l'ennemi.
Seul Vauquelin, sur l’Atalante, soutint pendant deux heures une lutte acharnée contre ses agresseurs et continua son feu jusqu’à ce qu’il n’eût plus ni poudre ni boulets. La moitié de son équipage était hors de combat. Il fit débarquer les hommes encore valides en les invitant àrejoindre l’armée et resta sur son bâtiment, avec les blessés et les morts, maintenant fièrement, sous le feu de l’ennemi auquel il ne pouvait plus répondre, son pavillon flottant au vent. Sommé de l’abattre ou de tirer, il répondit aux Anglais que sil avait eu de la poudre il n’aurait pas attendu leur avis pour continuer le feu sur leurs vaisseaux ; que pour son pavillon, il avait toujours abattu celui des autres et qu’on pouvait amener lesien, mais qu'il ne l’abaisserait pas lui-même. L'amiral anglais rendit hommage à ce noble adversaire en lui accordant sa liberté et en le faisant reconduire en France.
Vauquelin devait y trouver comme ministre ce même Berryer que Bougainville avait vainement supplié de venir en aide au Canada. La duchesse de Mortemart fit une démarche en faveur de l’intrépide marin auprès de l’indigne protégé de la Pompadour ; elle en recut cette réponse qui ne donne que trop la mesure de l'esprit qui régnait alors dans la marine de guerre :
« Madame, je sais très bien que M. Vauquelin a servi le roi merveilleusement comme un héros ; mais
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il n'est pas gentilhomme de naissance, et je dois pourvoir aux demandes d’un grand nombre d'ofliciers de grande famille. Il s’est formé dans le service marchand ; qu'il y retourne ! »
Lévis, après s'être rendu compte des vivres qui restaient et avoir examiné la situation de l’armée, dont la plupart des Canadiens, voyant tout perdu, avaient quitté les rangs pour retourner chez eux, laissa un corps de dix-huit cents hommes au fortJacques-Cartier et partit pour Montréal où il arriva le 29 mai. Toutes les ressources de la colonie en poudre, vivres et artillerie avaient été épuisées pour le siège de Québec; les mauvais temps qui avaient accompagné la retraite et le défaut de moyens de transport avaient obligé d'abandonner en route le matériel traîné jusqu'aux tranchées ; les troupes qui restaient à la disposition du général se trouvaient dans le plus complet dénuement ; les bataillons étaient réduits à deux cent cinquante ommes et au tiers de leurs officiers ; iln”y avait plus .ucune espérance de secours ; le fleuve était couvert de vaisseaux anglais. Dans l'impossibilité de tenir ses troupes réunies, Lévis Les dissémina chez les habitants avec lesquels elles partagèrent le peu qui leur restait en attendant que l’ennemi, après avoir reçu tous ses renforts, s’avançàt vers Montréal.
Huit cents hommes défendaient les rapides du Saint-Laurent, cinq cents étaient postés au Sault Saint-Louis ; Bougainville, avec douze cents, occupait le fort de l’île aux Noix à l'entrée du lac Champlain. De la métropole, il n'était venu qu’un secours dérisoire. Les commandants des quelques bâtiments envoyés avec du matériel et des provisions, ayant appris dans le golfe qu'une escadre anglaise avait remonte le fleuve, s'étaient réfugiés dans la baïe des Chaleurs où ils resterent à l'ancre, attendant des nouvelies de Montréal. Averti de leur présence, le capitaine anglais Byron vint de Louisbourg avec plusieurs vaisseaux de guerre les attaquer et les détruire.
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Une dernière ressource restait aux Canadiens : les avances qu'ils avaient faites au gouvernement depuis le commencement de la guerre et qui s’élevaient à plus de quarante millions. M. de Vaudreuil fut informé que, le Trésor étant vide, le payement des lettres de change tirées par le Canada était suspendu. Ce fut le dernier coup pour ces malheureux.
« Les habitants sont désespérés, — écrivait M. de Lévis au ministre, — ils ont tout sacritié pour la conservation du pays et se trouvent ruinés sans ressources.
« Nous n'avons, ajoutait-1l, de la poudre que pour un combat, mais si les ennemis ne mesurent pas leurs mouvements, nous en profiterons pour combattre le corps qui débouchera le premier. C’est l’unique ressource qui nous reste. Nous sommes hors d'état de tenir la campagne, et il est surprenant que nous existions encore. »
Comme les années précédentes, trois armées anglaises allaient converger sur Montréal.
Murray, laissant à Québec une forte garnison, remonta le Saint-Laurent avec trois frégates et trentedeux bâtiments transportant quatre mille hommes et une artillerie considérable. Il passa devant les retranchement: élevés aux Trois-Rivières et à l'entrée de la rivière Richelieu sans être arrêté par le feu des quelques batteries installées sur la rive, reçut devant Sorel un renfort de quinze cents hommes détachés de la Nouvelle- Écosse, et y attendit l’approche des deux autres armées et l’arrivée du général Amherst, chargé de la direction des opérations. Il avait, sur sa route, incendié les maisons sans défense et fait publier partout qu'il détruirait les villages dont les habitants ne rendraient pas leurs armes ; ceux des Camadiens qui resteraient dans les rangs des troupes françaises étaient en outre menacés de subir le sort des vaincus et d’être transportés en Europe.
La seconde armée, commandée par ie général Haviland, devait traverser le lac Champlain et enlever
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l'île aux Noix ; elle était forte de neuf mille hommes ; Ses à. Anne en Nate de dix-huit canons, deux batteries flottantes et des berges transportant l'artillerie de gros calibre lui faisaient escorte.
Débarqués le 14 août en vue de l'ile, les Anglais établirent aussitôt plusieurs batteries qu'ils démasquèrent le 18. Bougainville en essuya le feu pendant huit jours presque sans y répondre, afin de réserver le peu de munitions qu'il possédait pour repousser une attaque de vive force. Mais les Anglais, ne réussissant pas à enlever la position de front, la tournèrent, forcèrent les chaînes barrant la rivière et continuèrent à descendre au fil de l’eau vers le Saint-Laurent. Bougainville, ne pouvant s'opposer à leur passage, reçut l’ordre du gouverneur d’évacuer le fort et d'opérer sa retraite sur Montréal, ce qu'il fitdans la nuit du 27 au 28, en passant sans être aperçu au milieu des troupes ennemies.
La troisième armée, la plus importante, dirigée par le général Amherst, comptait onze mille combattants. Réunie à Chouaguen, elle s’engagea dans les rapides du fleuve Saint- Laurent et fut arrêtée par le fort Lévis, où le commandant Pouchot, renouvelant sa belle défense de Niagara, la tinten échec pendant douze jours; ce ne fut qu'après un assaut repoussé, ses murailles détruites, ses canons démontés, tous ses officiers et le tiers de ses hommes tués ou blessés, qu'il se résigna à capituler.
C'était le dernier effort opposé à l'invasion. Les rapides franchis en y laissant soixante-quatre berges coulées et quatre-vingt-dix-huit hommes qui se noyèrent, Amherst débarquait le 6 septembre à trois lieues de Montréal, et le 8 les deux autres armées le rejoignaient devant la ville, dont la seule défense consistait dans une simple muraille de deux ou trois pieds d'épaisseur.
Dans la nuit du 6 au 7, M. de Vaudreuil réunit un conseil de guerre ; après avoir exposé la situation
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désespérée où l’on se trouvait, il émit l'avis, auquel se rallièrent unanimement les membres présents, « que l'intérêt général de la colonie exigeait que les choses ne fussent pas poussées à la dernière extrémité, et qu’il convenait de préférer une capitulation avantageuse au peuple et honorable aux troupes ».
Bougainville fut chargé de se rendre auprès du L général Amherst pour lui proposer une suspension | d'armes et, sur son refus, une capitulation dont les
articles principaux portaient que les troupes et milices ; sortiraient avec les honneurs de la guerre et que les : babitants conserveraient l'entière et paisible posses- E) sion de leurs biens ainsi que le libre exercice de leur religion. d Ambherst ne consentit à suspendre les hostilités que P jusqu'au lendemain et n’admit que la dernière partie pl des articles, proposée dans l'intérêt des habitants. II P'
répondit à la demande relative aux troupes :
« Toute la garnison de Montréal doit mettre bas les armes et ne servira point pendant la présente guerre. » Lévis, indigné, fit avec ses principaux officiers les
instances les plus vives auprès de Vaudreuil pour #
repousser cette condition humiliante et d'autant moins sue
justifiée que la dernière rencontre entre les armées éd
des deux nations dans les plaines d'Abraham s'était 3
terminée par une éclatante victoire des Francais. Le is
gouverneur refusa de rompre les négociations. Le
Lévis lui remit alors un mémoire dont nous repro- sel
| duisons les termes : ; « Aujourd’hui 8 septembre 1760, M. le marquis de ja
| Vaudreuil, gouverneur général de la Nouvelle-France, A: ill nous ayant Communiqué les articles de capitulation Fes lil qu'il a proposés au général anglais pour la reddition Vs | | lil du Canada et les réponses à ces articles, et ayant vu ni MA | dans lesdites réponses que ce général exige, pour der- . ! Fi nière résolution, que les troupes mettront bas les armes je Hip et ne serviront point pendant le cours de la présente ne
guerre, nous avons cru devoir lui représenter en notre
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nom et en celui des officiers principaux et autres des troupes de terre que nous commandons, que cet article de la capitulation ne pourrait être plus contraire au service du roi et à l'honneur de ses armes, et qu'il ne doit être admis qu’à la dernière extrémité, puisqu'il prive l'État pendant toute cette guerre du service que pouvaient lui rendre huit batastlons de troupes de terre et deux de celles de la marine, lesquelles ont servi avec courage et distinction; service dont l'État ne serait pas privé si les troupes étaient prisonnitres de guerre ou même prises à discrétion.
« En conséquence, nous demandons à M. le marquis de Vaudreuil de rompre présentement tout pourparler avec le général anglais et de se déterminer à la plus vigoureuse défense dont notre position actuelle puisse être susceptible.
« Nous occupons la ville de Montréal qui, quoique très mauvaise, et hors d'état de soutenir un siège, est à l'abri d’un coup de main et ne peut être prise sans canon. Il serait inouï de se soumettre à des conditions si dures et si humiliantes pour les troupes sans avoir été canonné. D'ailleurs, il reste encore assez de munitions pour soutenir un combat si l'ennemi voulait nous attaquer l’épée à la main, et pour en livrer un si M. le marquis de Vaudreuil veut tenter la fortune quoique avec des forces extrèmement disproportionnées et peu d'espoir de réussir.
«Si M. de Vaudreuil, par des vues politiques, se croit obligé de rendre présentement la colonie aux Anglais, nous lui demanderonsla liberté denous retirer avec les troupes de terre dans l’île de Sainte-Hélène pour y soutenir l'honneur des armes du roi, résolus de nous exposer à toutes sortes d’extrémités plutôt que de subir des conditions qui nous y paraissent si contraires.
« Je prie M. le marquis de Vaudreuil de mettre sa réponse par écrit au bas du présent mémoire.
« Le chevalier de LÉvis. »
IT, — La Nouveze-FRANCE: 16
Le gouverneur répondit :
« Attendu que l'intérêt de la colonie ne nous permet pas de refuser les conditions proposées par le général anglais, lesquelles sont avantageuses à un pays üoni le sort m'est confié, j'ordonne à M. le chevalier de Lévis de se conformer à ladite capitulation et de faire mettre bas les armes aux troupes.
« À Montréal, ce 8 septembre 1760.