‹ La Nouvelle-France [microforme] (volume 2)Chapitre 64 sur 73 · ANGLAIS ET FRANÇAIS · texte numérisé non relu

ANGLAIS ET FRANÇAIS

Chaque peuple a ses habitudes et ses mœurs, un certain cachet particulier qui le distingue de son voisin; mais ce trait distinctif peut être plus ou moins accentué. Ainsi, la distance qui sépare un Espagnol d'un Italien n’est pas énorme ; ils ont tous deux à peu près les mêmes jalousies

et les mêmes superstitions ; leurs idiomes ont entre eux plus d’une analogie. On pourrait en dire autant de l'Américain et de l’Anglais : on les reconnaît facilement l’un et l’autre à certaines particularités frappantes des manières et du caractère ; cependant, la conformité de leur langage et les lignes principales de leur physionomie accusent la même origine ; ils sont parents, cela se voit. Mais peut-on faire de telles comparaisons entre le Français et l'Anglais ? Certes, je ne voisrien de plus différent d’un Anglais qu’un Français. Celui-là est flegmatique, celui-ci vif et enthousiaste ; l’un s’abime dans le spleen, l’autre est fou de gaieté; le premier pour une offense va devant les tribunaux, le second va sur le terrain ; l'Anglais défend sa bourse, le Français son idée. Enfin leurs caractères n’ont aucun point de contact et ils ont chacun leur originalité propre qui les rend les deux

êtres les plus dissemblables de la création. Le Français est

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