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= = serre
TRS
à la Louisiane, la céda tout entière à un gros financier; le sieur Crozat, avec privilège exclusif du commerce et propriété des mines qu’il pourrait découvrir. infin, pour activer la colonisation, le sieur Crozat, aux termes de ses lettres patentes, devait, par chaque navire qu'il enverrait à la Louisiane, y faire transporter six filles ou garçons. Il s'agissait de peupler une contrée qui comprend aujourd'hui treize des États-Unis et qui s'étendait du golfe du Mexique aux grands lacs du Canada. Le ministère d’alors estimait sans doute que six garcons ou filles par navire expédié pouvaient y suffire :
Ce que nous avons vu se produire à la Nouvelle- France va se répéter exactement à la Louisiane : conflits avec les Espagnols prétendant à la possession exclusive du golfe du Mexique, comme les Anglais à celle detout le nord de l'Amérique ; luttes pour l’occupation du sol avec les tribus sauvages excitées par les colons anglais de la Virginie et de la Caroline; colonisation languissante, secours insignifiants de la métropole, abandon enfin par la mère patrie, pour quelques millions, de ce magnifique territoire.
Informés de l’expédition de Cavelier de La Salle, les Espagnols avaient envoyé du Mexique une troupe de cinq cents hommes qui poussèrent jusqu'aux Cénis et
ramenèrent avec eux les derniers survivants des Fran-
çais. Pour nous empêcher de prendre pied à la Floride, ils bâtirent un fort dans la baie de Pensacole, et y laissèrent une garnison. La paix avec l'Espagne étant survenue, Les choses restèrent en l’état, chaque nation demeurant en possession de la partie de la côte qu’elle occupait.
Pour achever de peindre la situation de la Louisiane au moment où elle fut cédée au financier Crozat, il suffit de dire qu’on y comptait en totalité vingt-huit familles françaises dont la moitié à peine se livrait à la culture du sol. Le reste se composail de marchands, de cabaretiers ou d'ouvriers nomades. Il n’y avait de