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bulants, allaient rendre le dernier soupir. C'élaient les survivants de l'expédition dont Ribaut, dans son ouvrage, racontait les débuts,
Par quels déplorables événements avait done été éprouvée la colonie abandonnée à elle-même? I faut bien le dire, l’insubordination s'était promptement répandue parmi ses membres. Le chef qui leur avait été laissé, Le capitaine Albert, voulant réprimer les dis sensions, cCondamna au suppliceun nommé Guernache, ancien tambour aux gardes françaises, et Le pendit luimême, personne ne voulant servir de bourreau. Un autre soldat fut dégradé et exilé à trois lieues dans une ile du fleuve où, malgré la promesse de lui envoyer des vivres, Albert le laissa mourir de faim. Ces actes de froide cruauté exaspérèrent les camarades des victimes qui se jetèrent sur le capitaine et le mussucrèrent.
Les derniers jours de l’année 1563 s’écoulant sans que les secours promis de France apparussent à l'ho-
rizon, tous se crurent abandonnés, — ils ne se trompiient pas du reste, — et malgré leur inexpérience ils
résolurent de construire un navire qui leur permettrait de revenir en Europe. La forêt voisine leur fournit les bois nécessaires; la résine des arbres remplaca le goudron; la mousse servit d’étoupe; des lianes tressées tinrent lieu de cordes ; quant aux voiles, or narvint à en fabriquer en sacrifiant les chemises et les draps. Dans leur joie de retourner en France et sans tenir compte de la longueur de là traversée comme de l'inconstance des vents, ces malheureux partirent avec si peu de vivres que la disette Les obligea bientôt à réduire les rations. Surpris par les calmes si fréquents sous les tropiques, ils n’avancèrent pas de vingt-cin( lieues en trois semaines ; les aliments devenaient alors sirares qu'ils étaient contraints de ne manger chacun que douze grains de maïs par Jour.
Is n'eurent plus ensuite que Les souliers et Les collets
de cuir de leurs vêtements qu'ils découpèrent pour Les: