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huit cents recrues commandées par le chevalier de Vaudreuil, officier de mousquetaires. Ces hommes devaient en partie remplacer dans les habitations les
Canadiens des milices dont le concours était néces-
saire à l'expédition pour les portages dans les rapides
et la poursuite des sauvages au milieu des bois.
Les troupes rassemblées à Montréal se composaient de huit cent trente-deux soldats réguliers, huit cents Canadiens et quatre cents sauvages. Des instructions avaient été envoyées aux commandants des postes sur les grands lacs, leur prescrivant de rassembler les guerriers des nations voisines et de rejoindre avec eux le corps d'armée au lac Ontario. Ces forces permettaient de croire à l’anéantissement de l’ennemi et rendent moins excusable encore l'acte par lequel le gouverneur et l’intendant Champigny, remplaçant M. de Meullesrappelé en France,commencèrentles hostilités.
On sait que les galères, employées dans la Méditerranée par la marine royale, étaient garnies de banes sur lesquels des malfaiteurs enchaînés servaient de rameurs. Comme les combats et les maladies en enlevaient un grand nombre, tous les moyens étaient employés pour les resplacer ; on recommandait aux juges de condamner aux galères les accusés trainés devant eux ; on y envoyaitles huguenots quirefusaient de se convertir; mais le manque de bras se faisant toujours sentir, le roi écrivait dès le mois de juillet 468% à M. de La Barre:
« Comme il importe au bien de mon service de diminuer autant qu'il se pourra le nombre des Troquois, et que d’ailleurs ces sauvages, qui sont forts et robustes, serviront utilement sur mes galères, je veux que vous fassiez tout ce qui sera possible pour en faire un grand nombre prisonniers de guerre, et que vous les fassiez passer en France. »
Les mêmes instructions avaient été données à M. de Denonville et à l’intendant. L'occasion était venue de les appliquer.
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