QUATRIEME PARTIE
Le soir en me retirant je passai devant la chambre des maîtres de la maison : je les y vis entrer ensemble : je gagnai tristement la mienne , et ce moment ne fut pas pour moi le plus agréable do la journée.
Voilà , mylord , comment s'est passée cette première entrevue, désirée si passionnément et si cruellement redoutée. J'ai tâché de nie recueillir depuis que je suis seul , je me suis efforcé de sonder mon cœur ; mais l'agitation de la journée précédente s'y prolonge encore, et il m'est impossible de juger sitôt de mon véritable état. Tout ce que je sais très-certainement , c'est que si mes sentiments jjour elle n'ont pas changé d'espèce, ils ont au moins bien change de forme, que j'aspire toujours à voir un tiers entre nous , et que je crains autant le téte-à-téte que je le désirais autrefois.
Je compte aller dans deux ou trois jours à Lausanne. Je n'ai vu Julie encore qu'à d'^nii quand jen'ai pas vu sa cousine, cette aimable et chère amie à qui je dois tant , qui partagera sans cesse avec vous mon amitié, mes soins , ma reconnaissance , et tous les sentiments dont mon cœur est resté le maître. A mon retour je nj tarderai pas à vous en dire davantage. J'ai besoin de vos avis, el je veux m'observer de près. Je sais mon devoir et le remplirai. Quelque doux qu'il me soit d'habiter cette maison , je l'ai résolu , je le jure, si je m'aperçois jamais que je m'y plais trop/ j'en sortirai dans l'instant.