PREMIÈRE PARTIE
que vous me causez. Ils sont désormais sans remède, et je sens avec désespoir que le feu qui me consume ne s'éteindra qu'au tombeau.
N'importe; qui ne peut se rendre heureux peut au moins mériter de l'être, et je saurai vous forcer d'estimer un homme à qui vous n'avez pas daigné faire la moindre réponse. Je suis jeune, et peux mériter un jour la considération dont je ne suis pas maintenant digne. En attendant, il faut vous rendre le repos que j'ai perdu pour toujours , et que je vous ôte ici malgré moi. II est juste que je porte seul la peine du crime dont je suis seul coupable. Adieu , trop belle Julie ; vivez tranquille , et reprenez votre enjouement; dèsdemain vous ne me verrez plus. Mais soyez sû:e que i'amour ardent et pur dont j'ai brûlé pour vous ne s'éteindra de ma vie; que mou cœur, plein d'un si digne objet , ne saurait plus s'avilir; qu'il partagera désormais ses uniques hommages entre vous et la vertu, et qu'on ne verra jamais profaner par d'autres feux l'autel où Julie fut adorée.