‹ La nouvelle HéloïseChapitre 94 sur 214 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

trc ? Oui , oui , j'en suis sûre , il nous destine à être unis ; il m'est impossible de perdre cette idée , il m'est impossible de renoncer à l'espoir qui la suit. Dis-lui qu'il se garde lui-même du découragement et du désespoir. Ne t'amuse point à lui demander en mon nom amour et fidélité , encore moins à lui en promettre autant de ma part ; l'assurance n'en est-elle pas au fond de nos âmes? ne sentons-nous pas qu'elles sont indivisibles , et que nous n'en avons plus qu'une à nous deux? Dis-lui donc seulement qu'il espère , et que si le sort nous poursuit, il se fie au moins à l'amour : car je le sens, ma cousine, il guérira de manière ou d'autre les maux qu'il nous cause ; et , quoi que le ciel ordonne de nous , nous nevivrons pas longtemps séparés.

P. S. Après ma lettre écrite, j'ai passé dans la chambre de ma mère , et je m'y suis trouvée si mal que je suis obligée de venir me remettre dans mon lit; je m'aperçois même... je crains... ah! ma chère, je crains bien que ma chute d'hier n'ait quelque suite plus funeste que je n'avais pensé. Ainsi tout est fini pour moi; toutes mes espérances m'abandonnent en même temps.

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