Veue Beitræge, p
comme faisant partie intégrante de ce tout qu'est le peuple ; en opposition, comme individu. Et ne peut-il aussi se trouver en harmonie avec son peuple, en tant qu'homme ; et en opposition, par son talent et son génie ?
Au reste, n’arrive-t-il point que les écrivains les plus individualistes d’un peuple en soient précisément les plus nationaux? Est-ce que la nation tout entière n'apparait pas, en fin de comple, comme la créatrice de ses poètes et de sa poésie (1) ? Est-ce que les progrès de l’individualisme depuis les temps helléniques furent seulement des progrès de l'individu ; serait-il paradoxal de soutenir qu'il se produit aussi une individualisation des nations elles-mèmes ?
Nous notions au chapitre précédent que l’on trouvait dans la Nouvelle, comme dans les autres genres, des caractères ethniques, un entre autres, que l’on rencontre à plusieurs reprises. C’est après avoir peint dans une de ses nouvelles un tel caractère, que M. Heyse met dans la bouche d’un de ses personnages les mots suivants : « Vous êtes un peuple malheureux, vous autres Allemands. Vous n’osez pas jouir, si vous ne vous êles pas auparavant torturés (2). » On ne saurait dire que dans de tels tableaux, il y ait divorce entre le peintre et le modèle.
Gi le héros d’une Nouvelle ne se proclame plus, comme dans le poème épique, l'héroïque champion de son peuple, il n’en reste pas moins, le plus souvent, le représentant. S'il
lutte, ce ne sera point, comme fréquemment le héros dra-