‹ La Nouvelle Individualiste En AllemagneChapitre 43 sur 110 · Richard M. Meyer. Lileratur, p · texte numérisé non relu

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9, Paul Heyse, Connaïs-loi, ad finem.

matique, parce qu’il est en conflit avec son temps, et qu’il espère, par sa victoire, provoquer ou retarder l'avènement d'une ère nouvelle, On peut, nous le voyions, qualifier ses actions d’ « égoistes » ; elles ne se proposent qu'une fin immédiate.

Mais sile héros nouvellistique ne semble point lié par une relation de causalité avec son temps, il ne s'ensuit pas que l’on ne puisse retrouver dans la Nouvelle des rapports avec le peuple, la nation, avec les habitudes philosophiques et littéraires de l’époque Contemporaine. Sans doute, les relations se manifestent d’une façon beaucoup moins aPParenie que dans le roman, mais c’est Peut-être qu’elles sont plus intimes, moins superficielles.

L'on pourrait, d’après les romans, écrire une histoire de l'opinion, que l’on ienterait vainement de reconstituer d’après les seules nouvelles, L'évolution du roman reflète, beaucoup mieux que la nouvelle, l’évolution de la pensée publique, et des mœurs qui en forment comme le terrain, Grâce à la singularité de ses motifs, la Nouvelle offre des sujets beaucoup plus variés, et quise déroulent comme en dehors du temps. Les romans, bons ou médiocres, datent davantage ; même non tendancieux, ils accordent une place très large aux tendances de la société Contemporaine, Aussi n'est-il pas rare de rencontrer, dans une même période, des sujets de roman à peu près identiques, où s’enregisire une sorte de mode littéraire. Tantôt, ce sera l’homme, qu’on érigera en héros, beau ténébreux ou génial poitrinaire ; tantôt, la femme géniale, éminente par l'intelligence, ou l'intégrité de la passion. Puis viennent des époques où dominent la femme incomprise, mais médiocre, ou les ratés, ou

les enfants, ou les ingénieurs, les pédants, les explorateurs,etc. Les sujets de romans, nombreux, certes, se laissent cataloguer d’après certains types, d’après telle ou telle génération. Et même ces classifications n’intéressent point seulement, d'ordinaire, la civilisation d’un peuple unique. Les analogies dans les thèmes romanesques apparaissent, assez souvent, internationales, sans doute parce que les « Besinnungen », exposées dans cette forme littéraire restent soumises aux influences des mœurs publiques, c’est-à-dire d’une « médiocrité », au sens étymologique du mot.

Les rapports du roman avec l'époque, la nation, le romancier, semblent évidents, parce qu'ils reposent dans la matière mème, dans le sujet, dans les aventures et opinions où les personnages modèlent leur vie. L'auteur, dont le roman nous aura montré les idées littéraires, sociales, politiques, philosophiques, nous est connu, et nous oublions l’homme. La Nouvelle, que l’inouï rend objective, apparaît plus indépendante ; elle semble déracinée, et si nous cherchons à connaître ses attaches, nous aboutissons, non pas au sujet, comme dans le roman, mais à l'homme qui se cache sous le nouvelliste. Ce n’est que dans ces rapports, et par ces rapports qu'elle prend toute sa valeur. Le roman ne vaut que ce qu'il vaut ; la Nouvelle offre aussi sa valeur en soi, mais qui se double, dans les meilleurs ouvrages, d’une valeur d'extension, d'une valeur symbolique.

Quelques-uns des « lapports » subjectifs de la Nouvelle, les plus visibles, les plus extérieurs, constituent ce qu'on pourrait appeler : les arachronismes ethniques.

C'est au dénoûment du Procurateur, le kantisme, déjà dénoncé par Schiller, dans le discours de la marchande. C’est dans Za Marquise, le père italien de la jeune veuve, authentique officier du nord de l'Allemagne. C’est dans Le Tremblement de Terre, l'amour du précepteur (Hauslehrer) pour la fille de ses maîtres.

Un élément plus intéressant de subjectivité pourrait être dénommé l'ombre Portée du caractère du nouvelliste. Amené par son caractère à une conception de vie ou d'art, le poète, sans qu'il s’en rende cComple, projette sur l’œuvre entière cette Conceplion. L’anxiété Pairiotique ou l'angoisse individuelle, au milieu de laquelle véeut Kleist, la mort qui ne cessa de hanter sa vie, idées de suicide, crainte de folie, toutes ces afflictions donnent à ses nouvelles leur accent, leur mouvement. C’est ainsi que dans Le Hêtre-aux-Juifs, avec son mélange de réalisme et de superstition, se réfléchit le caractère d’Anpette de Droste, < toujours en lutte entre le romantisme et la tendance psychologique moderne (1) >. L’atmosphère de serre chaude que l’on respire dans la nouvelle d'O. Ludwig, ne rappelle-t-elle point celle où vécut le Casanier poète ?

Si les personnages d’£ntre Ciel et Terre, et ceux de Marie-Madeleine, de Hebbel, présentent entre eux une parenté incontestable, faut-il l’attribuer à l’époque, quand plus de dix ans séparent les deux œuvres, Ou au caractère,

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